En Avant, Marx!

22 avril 2022

LE VOTE OUVRIER EN 2022... (...N’est plus ce qu’il était !) : causes et conséquences

 

 

 

LE VOTE OUVRIER EN 2022... (...N’est plus ce qu’il était !) : causes et conséquences

 

20 avril, par Luniterre

 

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11407

 

 

 

LE VOTE OUVRIER EN 2022 >>> Viriato nous dit :

« Dans la majorité des villes de plus de 100 000 habitants il[Mélenchon] est arrivé en tête et dans les quartiers populaires il a fait des scores de 70% ou plus comme à Vénissieux et ailleurs. La classe ouvrière ne vote pas LePen ni Zemmour mais pour un candidat qui a eu le courage de défendre les musulmans et les immigrés. »

Le fait d’arriver en tête dans les quartiers populaires ne signifie pas forcément un vote ouvrier, au sens du prolétariat industriel, qui pourrait éventuellement être encore la base sociologique d’une avant-garde prolétarienne.

Concrètement les analyses sociologiques du vote disent même le contraire. Il peut y avoir, localement, des effets communautaires qui paraissent aller dans le sens de Viriato, mais la tendance globale est tout à fait à l’opposé de cette illusion d’optique, concernant spécialement le vote ouvrier :

https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle/presidentielle-age-revenus-profession-region-le-vote-des-francais-passe-au-crible-1399966

https://www.alternatives-economiques.fr/presidentielle-2022-a-vote-quoi/00103011

https://www.slate.fr/story/209198/presidentielle-2022-vote-ouvrier-classe-ouvriere-communisme-pcf-extreme-droite-lepen

D’un point de vue analytique Marxiste-Léniniste, il y a malheureusement plein de raisons qui nous ont amené à cette situation, qui a donc des racines profondes, depuis des décennies, et bien plus que les « 30 ans de gauche molle » évoqués par Viriato. Mais actuellement, c’est donc simplement un fait brut dont nous devons tenir compte, vu qu’il est évidemment impossible de « rembobiner » le film de l’histoire à l’envers !

« Se faire des films », que ce soit dans un sens ou dans l’autre, de toutes façons, cela ne mène à rien, même si c’est bien la caractéristique d’une grande partie de la « gauche » française, même et surtout, « extrême » !

Faire une analyse historique ML exhaustive, c’est bien nécessaire, mais de peu d’utilité dans l’immédiat, vu qu’il n’y a pas de parti ML pour lui faire écho, et qu’en réalité il n’y en a jamais eu, en France.

Le jaurèssisme était bien, comme LFI aujourd’hui, une sociale-démocratie de gauche, et c’est sur cette base qu’est né le PCF, en réalité, même s’il a fait mine de devenir ML par « osmose » nécessaire au sein de l’Internationale Communiste. Le thorezisme n’a jamais été une forme française du ML, quoi qu’en pensent encore ses « héritiers spirituels » genre PRCF et autres, mais bien un simple produit de cette « osmose » avec l’IC de la sociale-démocratie de gauche en France.

Mélenchon et Le Pen, avec leurs programmes « jumeaux à plus de 70% », réformistes néo-keynésiens, en sont simplement le dernier avatar.

L’idée de les « marier », même provisoirement, pour ce second tour, n’avait donc rien de stupide, bien au contraire, sur le plan tactique.

Le fait que la classe ouvrière puisse encore jouer un rôle politique en soi et pour soi, en tant que force prolétarienne industrielle productive, c’est encore une autre question, tant sur le plan national, où elle et devenue minoritaire, qu’international.

Concrètement, on voit bien que ce n’est pas une tendance qui se développe, ou même, se dessine, même « spontanément », dans les pays émergents même s’il y a des luttes sociales importantes.

La Chine, devenue pendant quelques décennies « l’atelier du monde », n’a pas pour autant donné naissance à un parti ouvrier capable de lutter contre les ravages du capitalisme local et encore moins, d’ouvrir la perspective d’une transition socialiste véritable !

La longue histoire des "mingongs", classe prolétarienne précaire directement héritée du maoïsme, montre bien l’impasse politique du développement industriel du tiers-monde, en termes d’émancipation ouvrière.

Il faut donc faire avec la réalité du monde actuel, chercher à comprendre son évolution, et arrêter de « se faire des films » !

Concrètement, Poutine est le seul leader politique d’envergure mondiale a réussir à mobiliser massivement son peuple et à agir réellement contre la mondialisation et le Nouvel Ordre Mondial, même si ce n’est pas encore sur la base idéologique que nous souhaitons voir s’exprimer. Tout étant relatif, il y a plus d’éducation populaire efficace, sur ce thème, dans ses discours, que dans ceux de la « gauche » française.

Commençons donc par faire avec ce qui existe et qui bouge dans le bon sens et essayons, à partir de là, d’avancer plus loin et plus haut, en termes d’élévation du niveau de conscience.

Luniterre

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1920 - LE CONGRES DE TOURS - FONDATION DU PCF

 

 

 

 

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04 avril 2021

A propos du rôle historique de l'URSS en 1936-39: Staline, Roi d'Espagne???

 

 

Un débat avec de multiples intervenants, même si essentiellement mené contradictoirement par les deux blogueurs Do et Luniterre, tout d'abord sur le site VLR, en suite de posts sur plusieurs articles, suite de posts regroupés ensuite en republication sur TML.

Les documents issus de VLR ont pu être reproduits en totalité, ici, alors qu'un grand nombre de liens ver TML restent encore des "impasses" en attente de republications à venir, pour la plupart, sur En Avant Marx!

 

 

 

 

 

1936:

 

 

Staline

 

 

 

Roi

 

 

d'Espagne

 

 

???

 

 

 

 

Principal fournisseur d'armes à la République Espagnole à partir de 1936, et presque dès le début du coup d’État franquiste, l'URSS faisait elle la pluie et le beau temps dans ce qui restait de l'Etat espagnol tentant de survivre ?

L'URSS a-t-elle d'elle même pris la décision d'intervenir, ou bien y a t-elle été « invitée », et par qui ? Et dans quel but politique ?

Plus de 80 ans plus tard, c'est une question qui divise encore non seulement les historiens mais de nombreux intervenants, encore actuellement, dans la vie politique, et pas seulement en Espagne...

Derrière le rôle de l'URSS, c'est le rôle personnel de Staline qui est mis en cause, comme une sorte de Deus ex machina, qui, de plus, aurait tenu entre ses seules mains tous les fils du problème et serait donc, pratiquement, la seule cause de son issue tragique, tout comme il « aurait pu », ou « aurait du », être le dieu salvateur de cette cause perdue... D'avance, ou pas ? That's the shakespearian question of the problem...

Sur le site VLR du camarade Do vient de se développer [NDLR-EnAvantMarx: En 2018, donc, en fait!] un débat en plusieurs étapes sur ce sujet toujours brûlant, et dont les leçons historiques, si elles étaient correctement tirées, pourraient aider la gauche ouvrière contemporaine à sortir de son ornière... Il serait temps... !

Le sujet a donc démarré de manière pour le moins indirecte, à propos d'un article sur le véganisme, republié sur la « Tendance claire » du NPA, parti autoproclamé « anticapitaliste », en voie de déréliction, en réalité, comme le reste de la gauche française, et le camarade Do essaye d'en voir les causes dans une prétendue survivance du stalinisme, qui, depuis Mai 68, aurait étouffé les velléités de révolution en France... à l'instar de ce qui se serait passé en Espagne, selon lui, à partir de 1936...

Au cours du débat ainsi amorcé, il nous interpelle directement :

En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

21 septembre 02:48, par do

 

« Salut Luniterre,

Que penses-tu du rôle de Staline en Espagne en 1936-37-38-39 ?

A+,
do »

 

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Jusqu'à présent, sur TML, la Révolution espagnole n'était pas un de nos sujets de prédilection, mais comme il n'est pas dans nos principes d'esquiver la confrontation avec la réalité des faits et de l'histoire, bien au contraire, nous avons donc entrepris une relecture du sujet, avec un regard sans préjugés, selon notre habitude, également...

 

Voici donc, en republication, les deux parties essentielles du débat, y incluant les interventions autres que celles de Do et la notre, dans la mesure où elles concernent le fond du sujet... On remarquera notamment celle de M. Georges Gastaud, l’inénarrable « leader » de son groupuscule PRCF, qui, à cette occasion, sort de ses gonds pour sauver le lustre néo-thorezien de sa petite boutique en faillite...

 

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"En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

dimanche 23 septembre 2018, par do  (Date de rédaction antérieure : 20 septembre 2018).

Marxistes et anarchistes se font infiltrer et manipuler par ces abrutis vegans, eux-mêmes infiltrés et manipulés par des agents du pouvoir, et financés en sous-main par lui.

Si les végétariens non-militants, c’est-à-dire qui ne cherchent pas à imposer le végétarisme, peuvent être admis dans la contestation ; par contre, les végétaliens militants, qui veulent imposer leur idéologie aux autres, doivent être impérativement exclus.

 

(NDLR : sur ce court article, venant en quelque sorte « appuyer » une précédente critique d'une republication « Tendance Claire » du NPA, ( Marxisme défiguré et ...dégénéré !  ) le débat démarre avec un certain consensus des intervenants en faveur de cette attitude critique, mais se braque donc, à ce point, sur la question du « stalinisme » et du PCF en Mai 68, incluse dans le titre...)

 

En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

20 septembre 16:01 (Anonyme)

Pas tout à fait d’accord avec ton titre … A Sochaux - Montbéliard des staliniens ont emprunté le fusil du cousin chasseur pour reprendre l’usine malgré leur ambivalence . Discours anti gauchistes pré fabriqué par leurs chefs d’un côté et conscience de classe persistante ou renaissante … Rien à voir avec des adeptes de sectes comme les antispécistes chargés d’utiliser ou de crétiniser l’extrême gauche …
Pour expulser ces minets sectaires biberonnés à l’ethnocentrisme petit bourgeois nous aurons sûrement besoin de " frapper ensemble " avec la CGT abattoirs et la confédération paysanne .
Alors , même si je suis d’accord avec ton titre , je le trouve maladroit , trop sec , pas assez diplomatique …

 

 

En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

21 septembre 00:52,

 

par Luniterre

 

Bonjour à tous,

Pour ma part, en tant que « stalinien » avisé j’attendais que ce débat prenne forme et donc le moment adapté pour y placer un autre « correctif »…

« En mai 68, il fallait virer les staliniens… »

En fait, on ne les a pas virés, pour la bonne raison qu’il n’y en avait plus, réellement, à la tête du PCF, mais des révisionnistes, oui, à foison, et multiformes…

«  Pas tout à fait d’accord avec ton titre … A Sochaux - Montbéliard des staliniens ont emprunté le fusil du cousin chasseur pour reprendre l’usine malgré leur ambivalence . Discours anti gauchistes pré fabriqué par leurs chefs d’un côté et conscience de classe persistante ou renaissante … »

Mais quelques uns, donc, encore à la base, et avec une très grande ambivalence, effectivement, déjà générée par le confusionnisme idéologique de l’époque…. Qui ne s’est guère éclairci depuis, du reste, voire même, a plutôt empiré…

Un doc « ligne rouge » de 1969 atteste cependant qu’une poignée de maos se voulant ML était tout près de l’analyse historique à faire, concernant la véritable nature du thorezisme et de ses héritiers :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/17/ligne-rouge-en-1969-un-des-rares-documents-ml-de-lepoque-maoiste/

Les docs sortis depuis des archives soviétiques montrent encore davantage ce que les véritables staliniens en URSS pensaient vraiment de Thorez et des thoreziens. Le problème est qu’il n’y avait pas d’alternative pour remplacer utilement cette direction opportuniste et qu’il leur fallait donc faire avec…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Cette « ambivalence » se retrouvait également dans le PCMLF qui n’a pas tardé à reprendre un pli davantage « néo-thorezien » que ML, ce même pli que l’on retrouve encore dans les sectes PRCF, PCRF, PR-C, RCC, etc…

L’ « ambivalence » pseudo-marxiste se retrouve également, effectivement, chez toutes les sectes trotskystes, pour lesquelles l’ « ambivalence » est quasiment une raison d’exister, tout simplement, à la base de leurs principes, et notamment, de leur « programme de trahison » (« transition » en langage trotskyste…).

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Luniterre

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

21 septembre 02:48,

 

par do

Salut Luniterre,

Que penses-tu du rôle de Staline en Espagne en 1936-37-38-39 ?

A+,
do

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

22 septembre 02:53

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

La question de la Guerre d’Espagne n’a qu’un rapport très indirect, à priori, avec les restes du stalinisme en Mai 68…
De plus il me semble avoir déjà abordé cette question avec toi, ici même…

Comme je te l’ai dit, et paradoxalement, mon approche de la question est plutôt celle des anars et communistes libertaires que j’ai fréquenté à l’époque de la dissolution de VLR, première manière… Et parmi eux, des anciens de cette cause, qui en avaient transmis la mémoire aux générations actives de l’époque. Et donc encore un certain réalisme, même si le discours était politiquement orienté « anti-stalinien ». Il en ressortait qu’il n’y avait pas réellement de prime d’exemplarité de comportement d’un côté ou de l’autre.

Dans une guerre civile ou la moindre faction est dotée d’armes, les différents de toutes sortes, et pas forcément « idéologiques », se règlent plus facilement à coups de fusils qu’à coups d’arguments.

Plutôt que de détailler les responsabilités de tel ou tel crime ou massacre, il me paraît plus utile de cerner le contexte qui crée une telle situation et de comprendre les impasses qui en découlent, leurs causes et les solutions à trouver pour ne pas retomber dans ce genre de piège qui a assuré la victoire des fascistes.

Le « rôle de Staline » là dedans n’est pas forcément à négliger, mais à relativiser, à moins de considérer qu’un seul homme fait le cours de l’histoire par lui-même et que tous les autres en dépendent et sont directement manipulés par lui, ce qui est évidemment non seulement une conception idéaliste de l’histoire, mais tout simplement une absurdité, quant au fond.

En tous cas, d’un point de vue dialectique, il faut considérer la situation dans sa globalité, en commençant par la situation interne de l’URSS, qui concernait certainement Staline en premier lieu, et c’était déjà une situation de lutte difficile pour la construction du socialisme dans des conditions d’isolement et déjà, en grande partie, d’encerclement, et sous la pression de la montée du nazisme. L’aide matérielle que l’URSS pouvait apporter à l’Espagne était donc nécessairement limitée, sans même parler des conditions d’acheminement.

Quoi qu’il en soit, et contrairement à une légende assez établie en France, et même et surtout à gauche, on ne voit pas l’intérêt que l’URSS aurait pu avoir à une défaite de la République Espagnole.

Le fait qu’il aurait pu y avoir une contradiction entre ligne diplomatique et politique communiste ne tient pas non plus si l’on prend la peine d’étudier sérieusement l’ensemble des situations similaires auxquelles s’est trouvée confrontée l’URSS stalinienne. Au bout du compte on constate que ce sont les dirigeants opportunistes locaux qui prennent le plus souvent ce prétexte pour esquiver leur propre responsabilité dans les échecs et/ou les reculades de leurs partis.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

Là encore le concept idéaliste d’un Staline omnipotent par dessus les frontières est d’un grand secours à tous les indigents de la pensée pseudo-« marxiste »…

La vraie cause de l’échec de la Révolution espagnole est plus évidente si on la compare avec la Révolution bolchévique :

Manque d’unité autour d’un programme précis, manque de direction unifiée et centralisée, surtout sur le plan militaire, mais qui ne peut exister sans unité politique…

Cela pose le problème du choix des objectifs et des étapes pour y parvenir. Pour atteindre chacun des objectifs il faut unifier le maximum de forces pour y aboutir avant de passer à l’étape suivante, à l’objectif suivant, en unifiant toujours le maximum de forces possibles, mais qui ne sont plus forcément les mêmes.

Des éléments de collectivisation étaient peut-être possible dans le cadre de l’unité, notamment dans le cas d’entreprises abandonnées, ou dont les responsables sont passés à l’ennemi, comme cela s’est fait également au Donbass, à partir de 2014-15, mais à condition de ne pas rompre, précisément, l’unité du front.

Je n’ai pas une connaissance détaillée suffisante de chaque cas d’espèce durant cette période 1936-39, mais il semble que les causes de divisions internes du camp républicain ont été multiples et certainement pas à mettre toutes du côté des « staliniens », ou supposés tels.

Les causes essentielles de cet échec sont à chercher dans la structure et l’histoire interne de ce mouvement et non pas du côté de Moscou…

La Révolution bolchévique, quant à elle, a triomphé dans des conditions au moins aussi difficiles, face, également, à un interventionnisme étranger massif, et surtout et de plus, sans aucune aide extérieure réellement conséquente, et donc, par ses propres forces, en fin de compte.

Luniterre

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

23 septembre 01:08,

 

par do

Salut Luniterre,

Sur la révolution espagnole, car je ne parle pas de "guerre d’Espagne" mais bien de "révolution espagnole", voici une partie de l’oeuvre de Staline, et c’est bien évidemment lui-même qui a pris une telle décision :

Alors que les anarchistes espagnols avaient livré tout l’or de la banque d’Espagne à l’URSS, qui avait promis de livrer des armes en échange ; Staline n’a voulu livrer ces armes qu’à la petite minorité de communistes espagnols (80 000 communistes inscrits en 1936, et 2 millions d’anarchistes inscrits à la CNT). Staline pouvait livrer les armes très facilement à l’anarchiste Barcelone, sur la mer méditerranée. Mais il n’a pas voulu livrer ses armes aux anarchistes. Il voulait les livrer aux "communistes". Or, les communistes étaient dans les Asturies, sur la côte atlantique.

Pour parvenir à livrer les armes aux Asturies, il fallait franchir le détroit de Gibraltar. C’était très difficile parce que l’Angleterre avait livré Gibraltar à Franco pour qu’il s’en serve de central téléphonique et surtout pour contrôler ce passage maritime très étroit. Il a fallu attendre de très nombreux mois afin que la marine soviétique puisse franchir ce passage pour aller aux Asturies. Et, pendant ce temps-là, les franquistes gagnaient du terrain. Si la révolution espagnole a été vaincue, c’est largement de la faute à Staline et donc à l’imperfection de la révolution russe.

En fait, en 1936, le Parti ne veut pas d’une révolution qu’il ne contrôle pas. Il refuse d’être débordé sur sa gauche. En 1936, en Espagne, la révolution aurait pu être une vraie révolution et aurait eu des répercussions jusqu’en URSS où Staline aurait pu perdre son pouvoir afin qu’un vrai communisme y voit le jour.

Staline ne voulait pas l’établissement du fascisme en Espagne, et il n’a pas voulu empêcher qu’il y ait une révolution dans ce pays (il n’y avait pas encore eu Yalta), mais il ne voulait pas que cette révolution aille trop loin. Il voulait pouvoir la contrôler. C’est une des raisons essentielles de la défaite militaire de la révolution en Espagne en 1939.

La vraie responsabilité des anarchistes dans la défaite, c’est qu’il ne fallait pas faire confiance à Staline. Il fallait lui donner seulement un dixième de l’or espagnol et attendre qu’il livre un dixième des armes à Barcelone avant de lui donner un autre dixième de l’or, etc.

La révolution en Russie a fini par disparaître, mais c’est aussi de sa faute, car elle était par trop imparfaite. En effet, en Espagne, Staline ne s’est pas comporté correctement (lis donc l’« hommage à la Catalogne » d’Orwell ou regarde le film « Land and freedom » de Ken Loach.

Si Staline avait accepté que la révolution espagnole de 1936 ne soit pas dirigée par lui, Staline, mais par la population espagnole révolutionnaire elle-même, dont l’immense majorité était anarchiste ; alors, cette révolution aurait vaincu en Espagne. Et, ayant deux appuis, un "communiste" en Russie et un "anarchiste" en Espagne, la révolution aurait totalement vaincu dans le monde entier.

Le rapport avec mai 68, c’est que les raisons pour lesquelles Staline ne s’est pas comporté correctement en Espagne en 36, sont les mêmes pour lesquelles la bureaucratie staliniène a été contre-révolutionnaire à Paris en 68.

Amicalement,
do

L’anarchie telle qu’elle fut effectivement vécue en Espagne en 1936 (vidéo 94’44) :

https://youtu.be/bavPksp-c2k

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

23 septembre 03:35,

 

par Marc Arakiouzo

De toute façon la définition du stade inférieur du socialisme c’est "économie mondiale planifiée"+ échange inégal + réduction de l’état à l’administration des choses. Si on se place de ce point de vue Staline est un non-marxiste, pas parce qu’il a fait en fonction du rapport de forces mondial, mais parce qu’il a fait croire que le socialisme est possible dans un seul pays !
Très vieux débat éternel resservi ici à cause du titre maladroit de l’article, d’une urgence très actuelle, qui essaye d’alerter les quelques structures anars ou coco ou gauchos ou zadeuses qui se laissent noyauter par des sectes antispécistes qui pourrissent l’ambiance et sont suspectes. Il faut essayer d’armer les naïfs, les trop scrupuleux, les ouverts à tout mais aussi à n’importe quoi … Il me parait vraiment nécessaire de piger aussi à quoi jouent les mélenchonistes avec leurs niaiseries du type "harmonie avec la nature et les animaux" et leur fraternité répugnante avec la cheftaine du L214 ???

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 22:51,

 

par Luniterre

« stade inférieur du socialisme » ???

Qézaco ???

Marx parle de phase de transition entre capitalisme et communisme, et il l’appelle « phase inférieure » ou première phase du communisme. Il n’en s’agit pas moins, donc, d’une phase de rupture avec le capitalisme, et il nous en donne une définition de principe très précise, nécessaire et suffisante, dans la Critique du Programme de Gotha.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Le principe même de cette transition, c’est que les producteurs contrôlent eux-mêmes leurs échanges économiques en valeur-travail par la planification en fonction de leurs besoins sociaux définis collectivement.

C’est ce principe que reprend Lénine, en Septembre 1917,

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/12/lenine-chapitre-v-l-etat-et-la-revolution.pdf

pour le programme économique de la Révolution bolchevique, et qui définit le socialisme (…phase inférieure du communisme) et par suite l’existence d’un secteur économique socialiste en URSS, ce que niera Trotsky, partisan d’étendre le contrôle par la NEP et la loi du marché à l’ensemble des entreprises déjà socialisées.(*)

Ce principe est donc viable à l’échelle d’un pays isolé, surtout à l’échelle de l’URSS.

C’est en raison même, par contre, de l’inégalité de développement économique inhérente au système capitaliste-impérialiste que la révolution socialiste mondiale ne peut surgir d’un coup et se trouve elle même confrontée à la situation de devoir survivre dans des pays ou groupes de pays relativement isolés. Ce n’est que la solidarité anti-impérialiste internationale qui peut en assurer le développement général.

Luniterre

(* Léon Trotsky, dans « la révolution trahie » …par lui-même :

https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm

 

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

Cité in :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/ )

Concernant les problèmes économiques du socialisme en URSS, voir :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

Et Staline lui-même :

Les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

https://p0.storage.canalblog.com/09/01/1716556/128906673.pdf

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

25 septembre 00:02,

 

par Marc Arakiouzo

Il y a eu des trucs socialistes faits en URSS mais il n’y a pas eu une seule minute de socialisme , parce que c’est impossible. Dans un seul pays le nouveau pouvoir se heurte à la résistance mondiale, économique et militaire, du capital qui en plus alimente les oppositions , ils sont alors en difficulté permanente = état policier répugnant indispensable + complexe militaro industriel à financer. Cela aboutit à une surexploitation bestiale style stakhanovisme … Cela dit c’est un débat éternel qui tient dans l’opposition entre partage de la misère et partage des richesses ! Mais ça m’énerve de vous aider à foutre le bordel dans ce débat désormais parasité par des routines anti trotskystes vs antistaliniennes vs anticommunistes anars qui correspond à vos obsessions, pas aux miennes .

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 04:45,

 

par Luniterre

(En réponse à Do)

Bonjour, camarade

Pour discutable qu’il soit, le transfert des réserves d’or de la banque d’Espagne est une décision collective de la République Espagnole et non des seuls anarchistes de la CNT.

Concernant le solde de ce compte avec l’URSS, les avis des historiens sont partagés et bon nombre estiment que le compte était effectivement soldé par les livraisons d’armes, voire même avant la fin du conflit.

Le reliquat, s’il existe, serait à régler entre l’URSS et la République espagnole, deux entités aujourd’hui disparues… L’affaire aurait des airs de celle de l’ « emprunt russe » et peu de signification, en réalité.

Par comparaison, la Révolution bolchevique s’est vue, quant à elle, totalement dépouillée de l’or des tsars, ce qui ne l’a pas empêché de triompher.

Le principe même de la guerre populaire est d’abord de s’emparer des armes de l’ennemi. Après le naufrage du Granma les frères Castro et le Che se sont retrouvés avec une vingtaine de survivants et encore moins de fusils…

Alors qu’en Espagne le rapport de forces, au départ, était assez équilibré, et de plus, comme tu le soulignes toi même, les anars constituaient assez largement la majorité de la gauche et du camp républicain. Dans le reste même de cette gauche les communistes du PCE étaient nettement minoritaires, même par rapport aux autres formations politiques républicaines, sociales-démocrates et autres réformistes.

Si les anars peuvent être considérés comme la force la plus radicale socialement, compte tenu des influences révisionnistes déjà présentes au sein de la 3e internationale, la responsabilité historique d’organiser et de structurer politiquement ce mouvement leur incombait donc principalement, y compris dans la conduite de la guerre révolutionnaire.

Or celle ci exige manifestement une stratégie d’ensemble et donc un commandement unifié auquel doivent obéir les différents corps de troupe.

A défaut d’unification de ces différents corps, et dans la mesure où ils dépendent de formations politiques différentes, il faut donc arriver à un accord sur leurs places et rôles respectifs sur la ligne de front et s’y tenir dans le cadre d’une stratégie globale de résistance et de contre-offensive.

C’est ce qui a été fait au Donbass et permis une victoire aussi difficile et déterminante que celle de Debaltsevo, par exemple.

De plus, cela limite les risques d’affrontements internes au sein du camp antifasciste, et évite qu’ils deviennent rédhibitoires, en tous cas.

En Ukraine, c’est dans le camp des fachos que le sang coule fréquemment entre combattants du même camp. En Espagne, c’était le contraire, avec, malheureusement plus de progrès de l’unité au sein de leur camp, au cours du conflit, et plus de divisions, à gauche.

Quoi qu’il en soit, en tant que force majoritaire, tant la responsabilité de l’unité politique antifasciste que de l’organisation de la résistance et de la contre-offensive incombait aux anarchistes et ils n’ont tout simplement pas été à la hauteur de leur tâche historique !

En fait ils n’ont pas su établir une démarche dialectique entre lutte antifasciste et révolution sociale, et au contraire, accentué la contradiction entre ces deux processus, au lieu de la réduire positivement et utilement.

Luniterre

 

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

24 septembre 23:34,

 

par do

Salut Luniterre

Je croyais que sur l’Espagne de 36 tu étais sur les positions anarchistes. À lire ton message, on dirait pas.

L’or de la banque d’Espagne était un trophée anarchiste. C’était donc à eux de décider ce qu’ils en faisaient, même si c’était au nom de la République d’Espagne.

En échange de cet or, Staline n’a pas livré les armes à la République Espagnole, mais aux seuls communistes des Asturies, parce qu’il pouvait leur donner des ordres. Note bien que s’il avait été révolutionnaire pour de vrai, il aurait envoyé des armes même sans rien en échange.

Comme j’ai expliqué, les Asturies étaient de l’autre côté du détroit de Gibraltar. Et il a fallu attendre 6 très longs mois pour que la flotte russe transportant les armes puisse passer Gibraltar, et arriver aux Asturies. Alors que Staline aurait pu les livrer immédiatement à Barcelone. En plus du temps perdu — et on sait que dans la guerre, le temps compte énormément — il n’y avait dans les Asturies que quelques milliers de bras communistes pour tenir les fusils de la révolution, alors qu’il y en avait des millions à Barcelone. Des millions d’anarchistes et non-anarchistes.

Il y avait bien entendu une stratégie anarchiste définie par la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique). Celle -ci consistait avant tout à faire la révolution dans toutes les villes et tous les territoires conquis. Ainsi, les gens étaient très motivés pour défendre ce qu’il avaient obtenu. C’était la même stratégie que Makhno pendant la makhnovtchina.

Mais Staline ne voulait pas de ça, il prétendait qu’il fallait d’abord gagner la guerre et que pour la révolution, on verrait plus tard. Et il a militarisé de force les milices anarchistes. Quand je dis de force, c’est de force, c’est-à-dire les armes à la main. D’un seul coup, les anarchistes se sont retrouvés avec une hiérarchie et des chefs.

Alors beaucoup se sont rebellés, on les appelait les Incontrôlés (los incontrolados). Durruti était pour eux l’exemple à suivre. Mais, les communistes possédant les armes, c’est eux qui prenaient les décisions pour la République Espagnole. Celle-ci décida par conséquent qu’il fallait faire la chasse aux incontrôlés. Ce sont les communistes qui s’en chargèrent avec plaisir. Et ils furent aidés en cela par les Brigades internationales aux ordres de Moscou.

Les Espagnols révolutionnaires se sont alors dit que s’ils gagnaient la guerre, tout ce qu’ils auraient était au mieux une république bourgeoise. Et ils ne voulaient pas mourir pour une république bourgeoise. Et ils ont alors posés les armes, et puisqu’on n’a pas fait la révolution, on a perdu la guerre.

Staline est responsable de cette défaite volontaire. Il a préféré la défaite à l’anarchie.

Amicalement,
do

 

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En mai 68, il fallait virer les staliniens ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

 

25 septembre 05:55,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

Est-ce que le problème est de comprendre l’histoire d’un point de vue « stalinien », « anar », ou sur la base du matérialisme historique et dialectique ?

Tu nous dis :

« L’or de la banque d’Espagne était un trophée anarchiste »

En 1923 le groupe anarchiste de Durruti avait effectivement organisé un « casse » impressionnant à la banque d’Espagne pour alimenter ses caisses de solidarité militante…

Pour 1936 , tu es le seul à défendre l ’« appartenance » de l’or aux anars…

Une confusion ??

En tous cas, il y avait bien des dissensions, sinon une confusion, entre les différentes tendances anarchistes au sujet de la stratégie à adopter vis à vis du Front Populaire…

La question de l’unité antifasciste, à cette époque, comme la question de l’unité anti-impérialiste, aujourd’hui, dépasse le stade de la querelle anars/stals, anars/ML, etc …

Les anarchistes, à l’époque, étaient probablement majoritaires à gauche, mais la gauche, dans son ensemble, n’était au mieux que faiblement majoritaire dans la société espagnole. Elle ne pouvait donc vaincre le fascisme qu’en conservant son unité et en ralliant des catégories antifascistes « modérées » sur le plan des transformations sociales à appliquer rapidement.

Vouloir généraliser la révolution sociale avant d’avoir vaincu le fascisme, c’était tout simplement aller au suicide, et c’est exactement ce qui s’est passé. De l’avis général des historiens, les modérés semblent avoir rendu les armes bien avant les anars… Ce qui est tout à fait à l’honneur de ces derniers, même si c’était la conséquence d’une stratégie désastreuse au départ.

Que les « staliniens » ou supposés tels, de l’époque, en aient profité pour vider une querelle sectaire, cela ne peut effectivement pas être tout à fait exclu, mais il n’en demeure pas moins qu’une stratégie unitaire ne pouvait faire passer l’élimination des partis républicains antifascistes avant le fascisme lui-même, fussent-ils des éléments de la bourgeoisie nationale antifasciste ou de la classe moyenne démocrate antifasciste.

Mais comme je te l’ai déjà fait remarquer, une stratégie unitaire aurait pu comprendre un accord sur les entreprises pouvant ou non être saisie et nationalisées et/ou collectivisées.

Une telle volonté d’accord unitaire n’existait pas, ni du côté de certains anars, comme Durruti, qui croyaient sincèrement pouvoir griller les étapes, ni du côté de certains dirigeants supposés « staliniens », mais déjà révisionnistes, en fait, comme Carrillo, qui ne voulaient probablement rien collectiviser du tout…

La vraie cause de l’échec vient bien de la révolution espagnole elle-même, et non de Staline…

Les anars, s’ils avaient eu une stratégie unitaire cohérente, auraient certainement triomphé, même sans les armes venant d’URSS, même sans l’or de la Banque d’Espagne, tout comme les bolcheviques en Russie et les castristes à Cuba, dépourvus de moyens matériels, financiers, et d’aides extérieures… !

Luniterre

 

 

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Suite Forum VLR,

 

à propos de...

 

Staline en 36 en Espagne,

et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 03:59,

 

par Georges Gastaud du PRCF

 

(En réponse au camarade Do)

 

"Marre de ces attaques anticommunistes. Garde les prochaines pour toi. Et constate que depuis que les « staliniens » sont par terre, le monde du travail est écrasé alors que lorsque les méchants stals faisaient 30% en 1945, après d’innombrables sacrifices, nous avons eu tous les acquis sur lequel nous vivons encore aujourd’hui. Honneur à Croizat (Sécu, retraites par répartition, conventions collectives, Code du travail, comités d’entreprise), à Thorez (nationalisation des mines, statut du mineur, statut du fonctionnaire, SMIG), à Marcel Paul (nationalisation de l’électricité, du gaz), à Billoux (Renault), à Joliot-Curie (reconstruction de la recherche publique), à Wallon et Langevin (reconstruction de l’école), et cent autres choses qui méritent autre chose que des attaques sans fin.

Et en Espagne aussi marre des calomnies, c’est l’Internationale communiste et elle seule qui a monté les Brigades internationales et au PRCF, c’est un de ces organisateurs des Brigades, le camarade Jean Hemmen, qui a été fusillé POUR NOUS ET POUR TOI au Mont-Valérien. Respect !

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

25 septembre 04:03,

 

par do

Salut Georges,

Ce n’était pas contre toi. Ni contre les communistes, ni même contre certains de ceux qui croient encore en Staline, mais contre la bureaucratie stalinienne.

Et ce que j’ai dit n’enlève rien à la valeur de bien des gens que tu cites.

Je sais bien que les Brigades Internationales étaient le fait de Staline. Mais sais-tu qu’elles ont assassiné nombre d’anarchistes et de membre du POUM, en Espagne, sous prétexte qu’ils ne voulaient pas obéir à la bureaucratie stalinienne ?

Sur la contribution soviétique à la victoire de 1945, j’ai publié ceci:

docs_VLR___LA_CONTRIBUTION_SOVIETIQUE_A_LA_VICTOIRE_DE_1945! - PDF

 

Mais il faut quand même accepter de regarder aussi les défauts de la bureaucratie stalinienne

Bien à toi,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:36,

par Georges (Gastaud, NDLR)

a) Je refuse d’appeler bureaucrates des gens comme Hemmen, permanent du Komintern, qui étaient des MILITANTS dévoués jusqu’à la mort, et d’entrer ainsi dans la problématique trotskiste

b) J’ai moi-même écrit sur les déviances de Staline, mais sans tomber dans les concepts faciles des trotskistes et des anars

c) Le POUM et les anars étaient eux-mêmes, politiquement parlant, des boulets pour le Front populaire espagnol qu’ils ne cessaient de diviser, notamment par leur anticléricalisme infantile, autre chose sont les méthodes utilisées contre eux.

d) Le pb actuel n’est sûrement pas qu’on oublierait de critiquer Staline, le pb est que toute la réaction, tous les eurocommunistes, tous les trotskistes, tous les anars, tous les néo-maos à la Badiou, crachent jour et nuit sur Staline pour démolir l’URSS en cachant ce fait massif : le monde va cent fois plus mal depuis que l’URSS, défauts compris, a été sabordé à partir de l’argument de l’ « antistalinisme ». L’antistalinisme n’est que l’envers du « stalinisme », un culte de la personnalité à l’envers. Il faut rester sur les positions du Testament de Lénine qui proposait une critique équilibrée de Staline et des AUTRES dirigeants bolcheviks et qui proposait des remèdes simples et prolétariens pour parer aux dangers d’enkystement de la révolution.

Amitiés et merci pour les liens. G.

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 15:08,

 

par do

Salut,

Tu dis : « Le POUM et les anars étaient eux-mêmes, politiquement parlant, des boulets pour le Front populaire espagnol »

Mais sans eux, il n’y aurait eu aucune, absolument aucune résistance au coup d’État de Franco !

Tu dis : « le monde va cent fois plus mal depuis que l’URSS, défauts compris, a été sabordée »

Je suis absolument d’accord ! depuis 1992, on s’enfonce absolument dans le pire. J’ai écrit déjà quelque chose comme ce qui suit sur mon site, mais je n’arrive pas à le retrouver : « Tout se passe comme si l’existence-même de l’URSS avait été l’assurance-vie de tous nos acquis sociaux, retraites, salaires, sécurité sociales, services publics, etc. »

Tu parles à propos de Staline d’un "culte de la personnalité à l’envers". Et tu as cent fois raison. Et il est insupportable de voir faire dans les médias l’égalité entre Staline et Hitler. Dans quelques années, ils nous diront que si Staline était un méchant, par contre Hitler était un gentil !

J’ai lu, il y a longtemps, deux ou trois fois le Testament de Lénine pour essayer d’y trouver ce que les trotskistes y voient : Ils prétendent que Lénine a confié sa succession à Trotski. C’est tout à fait faux : Lénine dit du mal de Trotski ET du mal de Staline. Par contre, il ne donne aucune solution pour remédier aux problèmes que ça pose. Il pose bien le problème dans son petit livre, mais ne donne aucune solution…

Amitié,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 20:40,

 

par Xarlo

Je n’entrerai pas dans l’échange ; simplement, j’aimerais rappeler que, quand Santiago Carrillo SG du PCE fit le baise-main à la reine franquiste Sofia et fit allégeance à Juan Carlos II, l’URSS n’était pas encore dissous. Depuis, tant au pays basque des deux côtés de la Bidasoa qu’en Catalogne-sud -dans une moindre mesure- le PCE a tout fait pour saboter le droit d’autodétermination de nos peuples ! jusqu’à disparaître du panorama politique espagnol et ici également, en Iparralde (pays basque de l’état français). Pour les cadres du PC du coin, nous sommes des réacs puisqu’ils ne nous contrôlent pas ; et un poil plus à gauche aussi, il faut bien l’avouer ! En règle générale, ils préfèrent se saborder plutôt que de reconnaître leurs erreurs ; de plus ils sont plus nationalistes -français ou espagnols- que la droite dure. Pour eux l’internationalisme commence outre-mer et la solidarité doit s’appliquer entre et au sein des Etats déjà constitués et donc éternels. Quant à la lutte des classes… A tel point que nous avons dû créer nos propres organisations politique (successivement HB, Herritarrok, Sortu…) et syndical (LAB), outre nos propres écoles (Ikastolak), notre propre chambre d’agriculture (proche de la Confédération paysanne), etc…

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 21:53,

 

par do

Merci pour ces infos,

Amitié,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 12:59,

 

par Annie

Peux-tu lire Le choix de la défaite, chapitre 7. Cette sortie contre l’URSS n’a pas de sens…

Amicalement,

Annie

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:07,

 

par do

Salut,

J’ai lu ce livre il y a trop longtemps.

Mais j’ai lu aussi, certes il y a bien plus longtemps encore, au moins une quinzaine de livres sur la révolution espagnole. Dont Orwell, Spanich cockpit, Les amis de Durruti, un livre sur le POUM, etc.

Je pense que si l’URSS de Staline a eu bien des qualités, notamment de nous débarrasser des nazis ; elle a eu aussi des défauts et il faut accepter de les voir.

Je verrais bien ce que tu dis au chapitre 7 de ton fameux et excellent livre.

Mais je doute qu’il vienne contredire le fait que Staline n’a pas été correct en Espagne. Notamment livrer les armes dans les Asturies au lieu de les livrer à Barcelone. Et tuer nombre d’anarchistes "incontrolés", et de poumistes. Orwell, dans les rangs du POUM, a dû fuir l’espagne pour ne pas se faire tuer par la bureaucratie stalinienne. Et ce fut de justesse, s’il a échappé à la mort. As-tu lu son livre Hommage à la Catalogne ?

Amicalement,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:14,

 

par Bruno Drewski

Réaction d’un de mes camarades très en contact avec les Espagnols et actif dans le mouvement communiste international … je ne sais pas lui répondre "qui est-ce do ?" … je l’ai envoyé sur ton site mai68. Mais si tu veux m’envoyer un "complément d’enquête" … je le ferai suivre.

amicalement

> Message du 25/09/18 09:31

> De : "Patrick
> A : "Bruno DRWESKI"
> Copie à :
> Objet : re : tr : Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

> C’est la thèse classique des anars et des trots, plus ou moins héritée de la CNT et du POUM …

> C’est une vision totalement irréelle,

> Je t’en parlerai,

> Qui est ce do ?

> Patrick

> Message du 24/09/18 23:17
> De : "Bruno DRWESKI"
> A : "Patrick
> Copie à :
> Objet : tr : Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

> > Cher Patrick

> > Je ne connais pas assez l’histoire de la république espagnole pour répondre à cela … mais si tu as quelques billes sur le sujet … fais le moi savoir.

> > merci

> > Abrazo

> > Bruno

 

 

Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

25 septembre 13:32, par do

Salut,

Comme complément d’information, je peux lui dire de lire ces articles qui racontent une partie de ma vie :

Les_trahisons_des_socialistes_depuis_leur_origine - PDF

Etude_historique_et_stratégique_de_la_contestation_en_France_depuis_mai_68 - PDF

Qu’il sache aussi que j’ai lu au moins une quinzaine de livres sur la révolution espagnole.

Que je n’ai pas dit que du mal de Staline :

URSS___Staline___guerre_civile_en_Russie_et_avènement_du_stalinisme - PDF

Que je n’ai pas dit que du mal de l’URSS :

docs_VLR___LA_CONTRIBUTION_SOVITEIQUE A LA_VICTOIRE_DE_1945!_- PDF

 

Mais, que je pense qu’il faut accepter de voir aussi bien les défauts que les qualités, de même qu’il faut accepter de voir aussi bien les qualités que les défauts.

Amicalement,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:40,

 

par Bruno

Salut

Je ne prends pas part à ce débat dans la mesure où je connais mal ce sujet si ce n’est qu’entre les républicains et Franco, là je sais où penche mes sympathies, pour le reste j’avoue mon ignorance …c’est pour cela que j’ai envoyé ton texte à un connaisseur (engagé) du sujet avec qui un échange pourrait être créatif …à une étape ultérieure.

En attendant il voulait savoir qui yu étais, ce qui est normal car il a vécu plusieurs années au Brésil et est donc très loin des cercles politiques français.

En tout cas, c’est quelqu’un de très jovial et prêt à toutes les discussions même si sur le sujet espagnol il a sans doute lu tes auteurs mais aussi d’autres. Je pense que l’essentiel est d’enrichir le débat, de ton côté comme du sien,

on verra !

a bientôt

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

25 septembre 13:58,

 

par Rémy‌

Merci pour ces très utiles rappels historiques que je partage totalement.

Amitiés.
Rémy‌

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 13:31,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade

Dans cet article, tu reprends l’essentiel de ce précédent :

En mai 68, il fallait virer les bureaucrates ; aujourd’hui, il faut virer les antispécistes !

LES_VEGETARIENS_SONT_BÊTES A MANGER_DU_FOIN! - PDF

 

auquel tu ajoutes la réponse faite dans l’échange qui s’en est suivi entre nous, à ton initiative, au sujet de la Révolution espagnole ( « guerre d’Espagne » et « Révolution espagnole » sont difficilement séparables ou même distinctes, j’espère que tu l’admettras…).

23 septembre 01:08

Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

https://p3.storage.canalblog.com/31/83/1716556/128961409.pdf

Pour ma part, j’avais d’abord pointé cette confusion essentielle et restée commune à tes deux articles, entre « stalinisme » et révisionnisme, et notamment concernant la réalité de la situation politique du PCF en Mai 68.

En effet, il est tout à fait impossible d’attribuer la ligne politique du PCF de cette époque au « stalinisme », bien que les trotskystes continuent de pratiquer ainsi, afin de sauvegarder leur petit fond de commerce anti-soviétique et anticommuniste, en réalité, ouvert en marge de l’agit-prop au service du système depuis la faillite du trotskysme en URSS.

Staline meurt en Mars 1953 et la contre-révolution khrouchtchevienne bat aussitôt son plein.

Si Thorez, à Paris, renâcle quelque temps encore, ce n’est pas sur les fondamentaux de cette contre-révolution, qui était en tous points raccord avec ses propres fondamentaux révisionnistes,

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/09/declaration-thorez-times-1946.pdf

mais uniquement sur le fait que la nouvelle direction soviétique souhaitait un « rajeunissement » de la direction du PCF en la personne d’Auguste Lecœur, qui avait, en outre, le prestige d’un authentique résistant…

Dès qu’ils ont réussit à se débarrasser de Lecœur, au prix de la mort de René Camphin, autre authentique résistant, les thoreziens n’ont pas tardé à s’aligner sur les positions les plus droitières des khrouchtcheviens, et même à en rajouter largement par la suite… !

En fait, on ne voit pas où mène cette confusion de ta part, à part tenter de sauver une lecture légendaire de l’histoire de la Révolution Espagnole, qui, minée par ses divisions internes, y compris au sein du mouvement anarchiste, sa composante effectivement la plus importante, n’en déplaise à M. Georges Gastaud, était donc dans l’incapacité de vaincre.

De plus, dans cette affaire d’ « or espagnol », tu voudrais attribuer une sorte de rôle de « Robin des bois » aux anars espagnols… Or si cela a pu être vrai en 1923, cela ne l’était plus en 1936, comme je te l’ai expliqué dans l’un de mes posts en réponse (25 septembre 05:55).

A quoi aboutit cette démarche, outre le fait qu’elle repose sur une approche idéaliste de l’histoire ?

A faire sortir M. Georges Gastaud de ses gonds archi-usés et rouillés par le social-chauvinisme ?

En réalité, et paradoxalement, tu lui sers involontairement la soupe en redorant le blason terni de l’histoire du PCF, en lui redonnant un lustre « stalinien » qu’il n’a jamais eu, en réalité, sauf en paroles flatteuses obligées par les circonstances historiques de l’époque…

Cela est largement attesté par tous les documents historiques désormais accessibles concernant les relations réelles entre le PCF et l’URSS d’époque stalinienne.

C’est pour ce genre de raison, entre autres duplicités, que M. Georges Gastaud est bien obligé de cautionner également cette lecture idéaliste et trotskyste de l’histoire, même si c’est pour tenter simplement de valoriser le lustre néo-thorezien qu’il veut à tout prix sauvegarder pour son groupuscule PRCF.

Alors que faire une étude matérialiste et dialectique de l’histoire aboutit à un résultat tout à fait différent, que ce soit concernant le stalinisme, l’histoire de l’URSS, du trotskysme, du mouvement libertaire espagnol, etc…

Il ne s’agit pas de faire reposer la démarche sur un préjugé en faveur de tel ou tel courant idéologique, mais simplement de remettre le rôle de chacun dans le contexte général de la lutte des classes, de la lutte antifasciste, et, aujourd’hui, de la lutte de résistance globale anti-impérialiste et anticapitaliste.

Cela peut difficilement être résumé dans un post… Concernant le débat auquel tu m’a invité sur le sujet du rapport entre Staline et la Révolution espagnole, c’est néanmoins ce que j’ai tenté de faire dans mes différents posts en réponse.

 21 septembre 00:52

22 septembre 02:53

24 septembre 04:45

25 septembre 05:55

 

Concernant l’histoire de l’URSS il y a maintenant quelques ébauches utiles et documentées, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

(Avec de nombreux liens vers d’autres articles sur le sujet…)

Concernant la réalité du trotskysme aussi, et, notamment, sur la pensée économique de Trotsky :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/19/inedit-de-trotsky-un-echange-de-correspondance-suite-a-la-synthese-de-letude/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Concernant l’histoire du PCF, également, même si la documentation sur la mort de René Camphin, par exemple, n’a pas encore été entièrement utilisée ( En son temps, cela viendra…) :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/12/23/pour-reconstruire-une-gauche-en-2016-sortir-enfin-les-cadavres-du-placard-thorezien/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/05/12/sous-legide-du-cnr-massacre-en-algerie-des-le-8-mai-1945/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

Luniterre

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 15:27,

 

par do

La révolution étant interdite, la guerre d’Espagne était perdue d’avance

Salut Luniterre,

Je n’ai pas répondu par manque de temps à ton post sur mon autre article concernant ce sujet.

Contrairement à ce que tu dis, ma vision de l’histoire de la révolution espagnole est la bonne. Il n’y a pas confusion de ma part entre les divers casses faits par Durruti et la prise de l’Or de la banque d’Espagne par les anarchistes. C’est bien eux qui ont pris cet or ! Qui d’autre sinon ?

Et dire que c’est la république espagnole, et pas les anarchistes, qui ont livré cet or à Staline n’a pas de sens, vu l’influence énorme qu’avaient les anarchistes sur elle au début ; la république n’existant plus dès le coup d’État de Franco, si les anarchistes n’avaient pas été là.

Sache aussi que, très en colère contre Staline, Diego Camacho (Abel Paz) m’a dit un jour que les anarchistes n’avaient pas demandé les Brigades Internationales à Staline. C’est Staline qui les a imposées, et, grâce à elles, a pu imposer la fin de la révolution espagnole et son remplacement par la guerre d’Espagne.

Car oui, il y a une énorme différence entre guerre d’Espagne et révolution espagnole. Faire la révolution, cela signifiait la faire dans toutes les villes, villages, et endroits contrôlés par les anarchistes. Staline a interdit ça, et a imposé de faire seulement la guerre.

Pour cela, avec l’aide de ses Brigades Internationales, il a militarisé de force les milices anarchistes, qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées avec des chefs et une hiérarchie. Beaucoup se sont rebellés. On les appelle les incontrôlés (los incontrolados) et, comme j’ai déjà dit quelque part, Durruti était leur exemple incontesté.

C’est essentiellement à partir de là qu’il y a eu les divisions entre anarchistes. Pas avant. Car il y a eu des "anarchistes" qui ont accepté la militarisation et d’autres pas. Tu auras compris que les vrais anarchistes les plus courageux sont devenus des incontrôlés.

Et il y a eu la chasse aux incontrôlés décrétée par la République espagnole sous l’influence directe des "communistes". Les "communistes" avaient les armes, donc c’est eux qui commandaient.

Comme quatre "anarchistes" (des traitres) avaient finalement accepté de participer à la république bourgeoise, une fraction des anarchistes a participé à la chasse aux incontrôlés. C’est ça, la division au sein des anarchistes, et Staline en est à la source.

Et, comme Guy Debord, je suis d’ailleurs sûr que c’est des "anarchistes" qui, participant à la chasse aux incontrôlés, ont assassiné Durruti sur le front de Madrid, mort d’une balle tirée dans son dos, alors qu’il n’avait que des anarchistes autour de lui. (Je précise que ce n’est pas l’avis de Diego Camacho qui, pensant que jamais un anarchiste n’aurait assassiné Durruti, croit plutôt à un accident)

La chasse aux incontrôlés cela voulait dire tuer ceux qui voulaient être jusqu’au bout des incontrôlés. Tel a été l’un des rôles essentiels des brigades internationales.

Si Staline avait tenu parole et livré ses armes à Barcelone, et s’il n’avait pas envoyé ses brigades internationales pour tout contrôler, la révolution espagnole aurait peut-être gagné la guerre.

Mais, comme j’ai déjà dit, la révolution ne se faisant plus dans les villes libérées, les gens ne voyant pas l’intérêt de mourir pour une république bourgeoise, ils ont donc cessés de se battre.

La révolution étant interdite, la guerre était perdue d’avance.

Amicalement,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 17:56,

 

par Luniterre

Tu affirmes :

"Contrairement à ce que tu dis, ma vision de l’histoire de la révolution espagnole est la bonne. Il n’y a pas confusion de ma part entre les divers casses faits par Durruti et la prise de l’Or de la banque d’Espagne par les anarchistes. C’est bien eux qui ont pris cet or ! Qui d’autre sinon ?"

Si tu as une documentation sérieuse qui atteste cette version de l’histoire, il faut donc la publier, car on ne la trouve nulle part ailleurs, même chez les anars…

La responsabilité, selon les versions, est partagée entre Negrin et Caballero, qui ne sont jamais que des sociaux-démocrates…

Caballero, formellement un peu plus “à gauche”, semble parfois avoir été surnommé le “Lénine espagnol”, c’est dire si l’on peut douter, finalement, qu’il y ait eu de véritable dirigeants communistes à cette époque, même au PCE… La carrière ultérieure de Santiago Carrillo semble donc confirmer l’emprise précoce du révisionnisme sur ce parti, même s’il était, par ailleurs, sincèrement antifasciste, mais, effectivement, d’un point de vue démocratique bourgeois.

Concernant le point de vue anarchiste, voici ce que j’ai pu trouver, avec un peu de chance :

 

CORRESPONDANCE_CAMACHO_OLIVER - PDF

https://p4.storage.canalblog.com/41/97/1716556/128958786.pdf

 

(Ici, il semble bien s’agir du même Camacho (Abel Paz) que tu cites dans ton post.)

 

DURRUTI_dans_le_labyrinthe_Miguel_Amoros - PDF

https://p6.storage.canalblog.com/64/07/1716556/128958571.pdf

 

Il semble en ressortir qu’une sorte de hold-up anarchiste ait été effectivement envisagé par certains, mais jamais mis en œuvre… Le simple fait de l’existence du projet semble même faire débat…

Mais peut-être as- tu mieux ?

Ce serait donc une sorte de scoop historique…

Luniterre

PS : pour le reste, ne vois tu pas que tu inverses le processus dialectique le plus évident en supposant qu’il aurait été plus facile d’unir les antifascistes sur un projet de révolution communiste éliminant de fait et d’abord la bourgeoisie nationale et les classes moyennes antifascistes, et cela sans risquer de les faire basculer dans le camp facho, ou, à tout le moins, de les rendre hostiles à la résistance…!!??

Sans même rappeler les divisions internes qui minaient, dès le départ, les factions apparemment “radicales” de la gauche espagnole… Ce que l’épreuve du feu n’a fait que révéler et creuser encore davantage…

Quel gâchis et quelle tragédie !

Staline a peut-être eu des torts, qui restent à prouver sérieusement, mais en attendant, il a surtout le dos large et rend bien des services, en tant que bouc émissaire, me semble-t-il !

En réalité, et même avec un point de vue critique, il mérite, historiquement parlant, mieux que ça !

Luniterre

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 19:21,

 

par do

Je n’ai pas le temps de relire la quinzaine (au moins) de bouquins que j’ai lu, il y a longtemps, sur la révolution espagnole. En plus, il faudrait que je retrouve les livres en question ! Mais piller la banque, c’est évidemment un truc d’anarchistes ! Les autres étaient beaucoup trop mou pour ça !

Staline a voulu diriger lui-même la révolution espagnole (qu’il a transformé de force en guerre d’Espagne) au lieu de laisser les Espagnols décider eux-mêmes de ce qu’ils avaient à faire.

Si Staline avait encore été révolutionnaire, et d’une il n’aurait pas demandé l’or espagnol pour aider la révolution, il l’aurait fait de lui-même sans rien demander en échange ; et de deux, il n’aurait pas décidé à la place des Espagnols de ce qu’il convenait de faire.

Salut,
do

PS) je suis peut-être fatigué, ou tu t’es mal exprimé, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire avec :

« ne vois tu pas que tu inverses le processus dialectique le plus évident en supposant qu’il aurait été plus facile d’unir les antifascistes sur un projet de révolution communiste éliminant de fait et d’abord la bourgeoisie nationale et les classes moyennes antifascistes, et cela sans risquer de les faire basculer dans le camp facho, ou, à tout le moins, de les rendre hostiles à la résistance… !!?? »

Pourrais-tu redire la même chose autrement ?

PPS) Pourrais-tu faire un article spécial qui s’appellerait tout simplement « Le révisionnisme » et où tu expliquerais ce qu’est très précisément le révisionnisme. En disant objectivement non seulement ce que tu entends par là, mais aussi ce que d’autres personnes entendent par là. Car j’ai l’impression que tous les communistes n’emploient pas le mot "révisionnisme" au mêmes sens.

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 19:32,

 

par do

Sauvegarde sur mai68.org des documents que tu fournis.

 

Bien entendu, il s’agit du Diego Camacho dont je parle.

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 22:41,

 

par mivila

bjr camarade,

je croyais que vous etiez stalinien. je suis content que vous en soyez pas tomber dans cette orniere….

voici trois preuves que l’on ne peut pas defendre staline :

Staline aurait (d apres ceux qui s’en reclame) lutter contre la bureaucratie,
PB pourquoi a t il fait assassiner trotsky alors que Il l’a lui même dénoncé
Staline a signer le pacte germano sovietique (ca ne me choque pas perso, puis que c’est tactique)

PB mais pour quoi n’a t’il pas à ce moment la deplacer les usines vers l’est tout de suite plutot qu’attendre barbarossa.

Il y a eu des militants communistes qui ont eu le malheur de connaitre successivement le goulag puis les geoles hitlerienne.
PB c’est staline qui les a remis a hitler (exple margaret buber neuman)

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

26 septembre 22:54,

 

par do

Salut,

Je ne savais pas que Staline avait livré des communistes à Hitler. J’ai donc fait des recherches dans google au nom que tu cites, Margarete Buber-Neuman.

J’ai trouvé plusieurs articles confirmant ce que tu dis dont celui de Wikipédia, vu en premier, mais comme j’ai pas confiance en wikipédia quand il s’agit de politique, j’ai continué à chercher, tous les article que j’ai vu confirment ce que tu dis. Je livre ici un témoignage PDF :

Margarete_Buber_Neuman_PAR P. RIGOULOT

 

A+
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

27 septembre 06:31,

 

par Luniterre

Pour ma part, je ne me détermine pas en fonction de préjugés, « staliniens » ou « anti-staliniens » mais en fonction des faits et de la correspondance qu’il est possible d’établir entre les faits et les écrits des uns ou des autres.

La « livraison » de communistes à Hitler est souvent évoquée (…par les anticommunistes), mais sans que je n’ai pu trouver de base réelle jusqu’à présent.

C’est donc le premier cas qu’il m’est donné d’étudier et je remercie donc le camarade Mivila pour ce document.

Ceci dit, il s’agit ici d’un « portrait », établi par Pierre Rigoulot, et non réellement d’un témoignage, au premier degré et au sens réel du terme.

J’ai donc cherché à mieux connaître à la fois et Margarete Buber-Neumann et Pierre Rigoulot.

Pierre Rigoulot est un complice de Stéphane Courtois pour la rédaction du « Livre noir du communisme », ce qui situe déjà assez bien le personnage…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rigoulot

A propos de Margarete Buber-Neumann, sa bio nous est présentée ainsi :

« Dans les années 1920, Margarete Thüring adhère au Parti communiste d’Allemagne. Elle épouse Rafael Buber, fils du philosophe Martin Buber et communiste. Elle devient en 1928 employée d’Inprekorr1. Le couple Buber a deux filles, puis divorce en 1929. Elle vit ensuite avec Heinz Neumann (de), l’un des leaders du parti communiste allemand2. En 1932, Heinz Neumann s’oppose à Staline sur la stratégie à suivre vis-à-vis du parti nazi et est mis à l’écart. Le couple est toutefois envoyé en Espagne par le Komintern. »

Il n’y avait donc pas que des « staliniens » dans les Brigades Internationales…

La 3e Internationale, dès cette époque, en réalité, semble avoir été sérieusement noyautée…

Par la suite, Margarete Buber-Neumann fut effectivement, après son mari, victime des « purges » anti-trotskystes et contre les autres factions d’opposition en URSS. De fait, elle a eu réellement la chance de s’en tirer, et elle a pu finalement faire carrière dans l’anticommunisme, en fait, comme beaucoup d’autres opposants anti-soviétiques.

D’après Wikipédia en anglais (l’article français étant à « créer »), Neumann « … was sentenced to death on 26 November 1937 by the Military Collegium of the Supreme Court of the Soviet Union and shot the same day. »

Autrement dit, condamné à mort par la justice militaire de l’URSS.

Reste à savoir la nature réelle de leur activité anti-soviétique, et même sa réalité éventuelle. Faute de plus de doc sur le sujet, difficile de se faire une opinion fondée sur autre chose que des préjugés, et comme je n’en ai pas, je reste donc réservé sur ces deux cas.

Concernant l’histoire de l’or espagnol en 1936, il semble par contre bien établi que les anars n’y ont joué au mieux qu’un rôle secondaire, et non décisif, et que, de plus, ils étaient également divisés sur cette question.

Concernant l’idée de faire un article général sur le sujet du révisionnisme pour publication ici, pourquoi pas… ? Il me faudra en trouver le temps, néanmoins…

Concernant le processus dialectique, je peux tenter une autre image, en quelque sorte, qui est celle d’un écheveau emmêlé dont les différents fils sont les différents aspects de la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Comme ont le voit, à toute époque, en 1936 comme aujourd’hui, elle est extrêmement complexe, même si chaque problème, pris isolément, peut paraître simple.

En réalité, agir sur une seule question fait évoluer l’ensemble de la situation, tant les fils sont emmêlés.

Pour ce qui nous concerne, on voudrait évidemment aller directement au cœur du problème global et tirer tout de suite le fil de la révolution prolétarienne…

Mais même si ce fil est au cœur de l’écheveau, peut on le tirer directement sans resserrer encore plus autour du prolétariat l’ensemble des fils qui l’emprisonnent ? A t-on les forces et les moyens de démêler l’ensemble de ces fils ou même de les briser tous avant qu’ils ne se resserrent, comme ce fut le cas en Espagne ?

Autrement dit, dans ce cas, monter directement à l’assaut de la bourgeoisie républicaine antifasciste, est-ce le meilleur moyen de vaincre le fascisme et d’assurer le triomphe de la Révolution ?

Il est évident que non. C’est seulement le moyen de se trouver contraint de combattre deux ennemis à la fois, alors que l’on arrive déjà pas à réunir les forces suffisantes pour en combattre efficacement un seul… !

Étant la force relativement la plus importante du camp antifasciste, le mouvement anarchiste avait probablement le moyen d’imposer certaines conditions qui lui auraient permis de développer son projet sans rentrer en conflit prématuré avec la bourgeoisie nationale républicaine.

La négociation, comme je l’ai suggéré par analogie au Donbass, aurait pu porter sur les critère aboutissant à nationaliser et/ou collectiviser telle ou telle entreprise.

Et aussi, évidemment, sur les améliorations sociales générales à apporter tout de suite…

Mais surtout, elle aurait du régler l’organisation, le rôle et la répartition des forces militaires en présence, comme cela a pu être fait au Donbass, également, avec une stratégie et un commandement antifasciste unique.

Avec la victoire sur le fascisme, dont elle eu été regardée comme l’intervenant principal, la mouvance anarchiste en serait sortie encore renforcée, et non affaiblie, et en meilleure position pour faire avancer son projet global, en eut-elle un de réellement cohérent.

Luniterre

https://fr.wikipedia.org/wiki/Margarete_Buber-Neumann

https://en.wikipedia.org/wiki/Heinz_Neumann

https://en.wikipedia.org/wiki/Military_Collegium_of_the_Supreme_Court_of_the­_Soviet_Union

https://fr.wikipedia.org/wiki/Inprecor

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rigoulot

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

27 septembre 14:59,

 

par do

Salut Luniterre,

Non, bien sûr, il n’y avait pas que des staliniens dans les brigades internationales. Orwell lui-même étant en contact avec des trotskistes anglais a fait partie, en quelques sortes, des brigades internationales, en partant combattre dans les rangs du POUM ; dont le dirigeant était l’ancien secrétaire de Trotski, et dont il s’était séparé politiquement je ne sais plus pourquoi. Il est à noter qu’une fois sur place, Orwell s’est senti plus proche des anarchistes que des poumistes ; mais, il est resté avec les poumistes par fidélité ou par amitié.

De toute façon, que ce soit les anarchistes ou pas qui se soient emparé de l’or de la banque d’Espagne ne change pas grand chose au fait que Staline a préféré attendre 6 mois (cela aurait pu être plus) pour livrer les armes aux Asturies, alors qu’il pouvait les livrer sans problème immédiatement à Barcelone. Mais il voulait diriger les choses à la place des Espagnols.

Quand à la bourgeoisie, la majorité des capitalistes espagnols soutenaient en fait Franco, comme d’ailleurs tout le capitalisme au niveau international ; et l’Espagne, étant très peu industrialisée, était surtout la proie de gros propriétaires terriens qui soutenaient tous Franco. Il n’y avait donc aucun compromis à faire.

Il faut noter d’ailleurs une erreur dans les analyses de Karl Marx, qui considère que les paysans sont fondamentalement réactionnaires. L’Andalousie et l’Aragon étaient essentiellement agricoles, pourtant l’ensemble des paysans étaient proche de la révolution anarchiste.

Amicalement,
do

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

28 septembre 09:59,

 

par Luniterre

Bonjour, camarade !

« …que ce soit les anarchistes ou pas qui se soient emparé de l’or de la banque d’Espagne » , selon la logique que tu nous proposes toi même au départ, dans ce débat, cela change effectivement les données du problème. Et de manière simple et évidente : si les anars avaient été réellement responsables de la livraison de l’or espagnol à l’URSS, le contrat aurait effectivement été entre l’URSS et eux, en tant que première force représentative de la Révolution espagnole.

Mais en réalité, ce n’était donc pas le cas, et le contrat réel était bien entre la République Espagnole et l’URSS .

Et comme, selon toi, pour les anars, « Il n’y avait donc aucun compromis à faire », il est clair que l’URSS tenait compte du fait qu’une partie importante des anars était ouvertement hostile au gouvernement républicain du Front Populaire, et même prête à le combattre militairement, et, dès lors, il aurait été absurde de livrer des armes à une organisation hostile au gouvernement avec lequel elle venait de passer contrat !

Cela aurait même été compris comme le déni d’un engagement et un discrédit pour l’URSS.

Le débat au sein du mouvement anarchiste était connu bien avant 1936 et Staline ne pouvait l’ignorer, et devait, en toute logique, en tenir compte.

On ne voit pas pourquoi non plus les anars lui réclamaient éventuellement des armes sans se prononcer ouvertement sur la question et lui demander donc carrément de cesser de reconnaître et de soutenir la République Espagnole. En effet, on ne peut à la fois reconnaître un Etat, dans ces circonstances conflictuelles, et le combattre militairement de façon ouverte et publiquement reconnue.

La question reste donc bien celle de la nécessité ou non d’unir largement contre le fascisme, dans ces mêmes circonstances.

La bourgeoisie nationale républicaine était encore, via le PSOE, le premier parti de la gauche espagnole, en terme de soutien populaire, et loin devant le PCE, par exemple.

Au plus bas de son étiage électoral, en 1933, cette gauche bourgeoise républicaine représentait 3 118 000 voix, et au plus fort, en 1936, 4 450 000, soit un différentiel de 1 332 000 voix.

Compte tenu que la CNT avait appelé aux urnes, en 36, contrairement à 33, cela donne, en proportion, une idée approximative de son influence, même s’il faut y rajouter ceux qui ont persisté à s’abstenir…

Quoi qu’il en soit, s’opposer, sur cette base, à la fois au camp républicain et aux fascistes, qui, électoralement, pouvaient semble-t-il légitimement revendiquer la nullité de ces élections, où, en réalité, la droite était encore majoritaire, en nombre total de voix, c’était véritablement et évidemment aller au combat sur un rapport de forces extrêmement défavorable, et un échec sanglant assuré, ce qui n’a, hélas, pas manqué.

Il y a effectivement lieu de critiquer l’ambivalence du PCE, qui ne formait pas réellement une avant-garde prolétarienne, mais se posait plutôt en « aile gauche » de la social-démocratie, mais on ne peut reprocher à l’URSS de n’avoir pas tenu ses engagements.

Si une ligne révolutionnaire d’unité antifasciste menant à la Révolution socialiste était impossible à mettre en pratique, cela tient autant à l’ambivalence de l’attitude des anars que de celle du PCE, effectivement, et nullement à l’action de l’URSS, qui ne pouvait manifestement rien faire d’autre, dans une telle situation, sauf, à la rigueur, se garder d’intervenir, tout simplement !

Luniterre

 

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

29 septembre 15:48,

 

par do

Salut Luniterre,

Jamais les anarchistes n’ont combattu, ni voulu combattre la République. C’est même pour en prendre la défense qu’ils ont résisté militairement, après avoir pillé les armureries, au coup d’État de Franco.

Puisque l’or Espagnol est parti de Carthagène, sur la méditerranée ; les Soviétiques pouvaient très bien utiliser Carthagène, par exemple, pour livrer les armes à la République. Ainsi, ils n’auraient pas eu besoin de franchir le détroit de Gibraltar tenu par Franco. Ce qui leur a pris des mois, ce qui aurait pu leur prendre plus longtemps encore ; et, même, ils auraient très bien pu ne jamais pouvoir passer.

Mais, ils voulaient à tout prix livrer ces armes, non à la République en soi, mais aux communistes des Asturies à qui ils pouvaient donner des ordres.

Donc, que ce soit les anarchistes ou la République qui ait livrés l’or de la banque d’Espagne à l’URSS ne change effectivement pas grand chose.

Cependant, voici deux extraits de l’article de Wikipédia intitulé L’or de Moscou :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Or_de_Moscou

 

L’ordre de transfert et ses motivations

On parle aussi du danger des anarchistes de la FAI (Fédération anarchiste ibérique), et de leur intention d’attaquer les chambres fortes de la Banque d’Espagne et de transférer les réserves d’or à Barcelone, le bastion de la CNT (Confédération nationale du travail) et de la FAI, non seulement pour le maintenir en sécurité, mais aussi pour acheter du matériel de guerre pour leur propre compte. Ce plan aurait été préparé par Diego Abad de Santillán, un des plus ardents détracteurs de Negrín, mais de telles assertions sont considérées inexactes par l’historien libertaire Francisco Olaya Morales (es), qui estime que l’or est transféré à Carthagène non pour des raisons de sécurité, mais avec l’intention préconçue de l’envoyer à Moscou

Le 14 septembre 1936, des carabiniers et des miliciens entrent dans la Banque, envoyés par le Ministère de l’Hacienda en accord avec les comités syndicaux de la Banque de l’UGT (Union générale des Travailleurs, syndicat proche des socialistes) et la CNT (Confédération nationale du travail, anarcho-syndicalistes). Le directeur général du Trésor, Francisco Méndez Aspe, futur Ministre de l’Hacienda dans le gouvernement de Negrín, dirige l’opération d’appropriation. Il est accompagné du capitaine Julio López Masegosa et d’une cinquantaine de métalliers et de serruriers.

Ces extraits de Wikipédia laissent penser que ce sont les anarchistes qui ont forcé la République à prendre l’or de la banque d’Espagne pour le livrer à Moscou ; la menaçant, si elle ne le faisait pas, de prendre cet or eux-mêmes pour leur propre compte.

Amitié,
do

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

 

30 septembre 04:35

 

Par Luniterre

 

Bonjour, camarade !

Après avoir affirmé qu’ « Il n’y avait donc aucun compromis à faire » avec la bourgeoisie nationale républicaine, (POST 27 septembre 2018 14:59, par do)

tu te contredis encore :

« Jamais les anarchistes n’ont combattu, ni voulu combattre la République. C’est même pour en prendre la défense qu’ils ont résisté militairement, après avoir pillé les armureries, au coup d’État de Franco. »

Et manifestement contre l’évidence, vu la guerre civile menée également contre le gouvernement républicain, de façon plus ou moins larvée, au début, puis carrément ouverte, comme à Barcelone, en Mai 1937 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_mai_1937_%C3%A0_Barcelone

On ne voit donc toujours pas pourquoi l’URSS aurait du les armer contre la République, à moins de vouloir la défaite de l’Espagne républicaine !

Concernant la qualité de l’armement soviétique, tu reprends les habituelles jérémiades anti-soviétiques sur le sujet, alors que c’est loin d’être l’avis général, sauf chez les anti-soviétiques, évidemment… :

http://chs.huma-num.fr/exhibits/show/marty-et-les-brigades-internat/guerre-d-espagne/des-armes-pour-l-espagne

De plus, selon les anars, ce sont bien eux-même qui ont refusé de traiter avec les russes… :

« Rosenberg proposa à Durruti et Besnard de les rencontrer pour un échange de points de vue, mais ceux-ci, considérant qu’ils n’avaient rien à dire à un ambassadeur, refusèrent. »

Miguel Amorôs

DURRUTI dans LE LABYRINTHE

https://p6.storage.canalblog.com/64/07/1716556/128958571.pdf

Tu t’obstine également sur cette autre idée tout aussi évidemment fausse :

« les Soviétiques pouvaient très bien utiliser Carthagène, par exemple, pour livrer les armes à la République. Ainsi, ils n’auraient pas eu besoin de franchir le détroit de Gibraltar tenu par Franco. Ce qui leur a pris des mois, ce qui aurait pu leur prendre plus longtemps encore ; et, même, ils auraient très bien pu ne jamais pouvoir passer. »

Alors que les historiens de tous bords convergent sur le point d’arrivée des armes soviétiques, dès début Octobre 1936, avant même le départ de l’or pour Odessa, qui a lieu, quant à lui, le 25 Octobre… !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Or_de_Moscou#Appropriation_de_l’or_et_transfert_%C3%A0_Carthag%C3%A8ne

Et pour finir, tu tentes de sauvegarder ta première affirmation sur la responsabilité des anars dans la saisie de l’or de la Banque d’Espagne en découpant deux passages de l’article « l’or de Moscou » qui n’ont rien à voir entre eux…

Le premier rapporte une simple rumeur d’un projet avorté et démenti par les anars espagnols eux-même, (voir ci-dessous) et pour cause, car les présentant précisément comme agissant pour leur propre compte, et non pour celui de la République, ce qui les discrédite, une fois de plus !

Le deuxième fait allusion à leur accord syndical pour l’intervention des milices agissant sous les ordres de la République, par contre, et en exécution de ses directives, tout simplement !

Le point de vue des anars eux-mêmes était déjà dans les docs que je t’ai communiqué, et que tu as toi-même enregistrés sur VLR, de plus !

Bien évidemment, la présentation du contexte politique est faite de leur point de vue, dont j’ai déjà suffisamment démontré les contradictions internes et les incohérences dans mes posts précédents pour ne pas y revenir, mais la description des faits y est précisément et carrément en dénégation de toutes tes affirmations sur cette histoire d’or… :

Miguel Amorôs

DURRUTI dans LE LABYRINTHE

https://p6.storage.canalblog.com/64/07/1716556/128958571.pdf

 

« Inquiet des projets belliqueux d’Hitler, le gouvernement soviétique cherchait à parer la menace en s’alliant aux démocraties bourgeoises ; c’est pourquoi il avait adhéré le 25 août au Comité de non-intervention, et Staline signé le 28, le lendemain de l’arrivée de Rosenberg à Madrid, un décret interdisant l’exportation d’armes en Espagne.

Cependant, quand il s’avéra que l’Allemagne et l’Italie ne respectaient pas leurs engagements et aidaient les insurgés, Staline révisa sa position : l’Espagne devenait un banc d’essai pour promouvoir, contre les États fascistes, une alliance entre les démocraties et l’Union soviétique. A cette fin, il fallait intervenir dans le conflit espagnol, certes pas pour venir en aide à la révolution, ce qui n’aurait pas été du goût des gouvernements français et anglais, mais pour consolider l’État « démocratique » bourgeois. Par le moyen du chantage aux armes, Staline tenait la République à sa merci. C’est sur son ordre direct que le 16 septembre le chef du service de contre-espionnage de l’Armée rouge, Uritsky, déclencha « l’opération “X’ » pour envoyer en Espagne des hommes et du matériel. A partir de ce moment, l’ambassadeur à Madrid, le consul russe à Barcelone et les conseillers militaires au ministère de la Guerre se mirent à fréquenter les différents protagonistes du camp républicain dans le but de les rallier aux objectifs de la politique russe.

C’est ainsi que Rosenberg proposa à Durruti et Besnard de les rencontrer pour un échange de points de vue, mais ceux-ci, considérant qu’ils n’avaient rien à dire à un ambassadeur, refusèrent.

On peut supposer que Rosenberg s’entretint avec Horacio M. Prieto, secrétaire du Comité national de la CNT, afin de le persuader des avantages d’une participation des anarchistes au gouvernement. En l’occurrence, il prêchait un convaincu. Il entreprit ensuite de circonvenir Largo Caballero en lui assurant que les livraisons d’armes russes étaient imminentes. De fait, les armes commencèrent à arriver le 4 octobre sur le Campeche, mais en petite quantité et, pour plus de la moitié, vieilles et hors d’usage. Aucune de ces armes ne s’égara du côté des unités anarchistes. Telle fut la première intervention de l’Union soviétique dans les affaires espagnoles. Quant à la seconde, ce fut l’envoi en Russie de l’or de la Banque d’Espagne, sous prétexte de le mettre hors d’atteinte des nationalistes — et des anarchistes ! Besnard et Durruti revinrent de Madrid les mains vides. « Marianet », qui restait optimiste, informait alors les Comités de l’« Organisation » du fait que par le truchement de Durruti était « sur le point de se réaliser une opération pour le compte de la Généralité et que [une fois] obtenu l’argent pour cette vente il pourrait servir à compléter la somme nécessaire » . Les jours passèrent et les promesses ne furent pas suivies d’effets. Ils firent alors une nouvelle tentative auprès de la Généralité, mais Garcia Oliver se démarqua, persuadé que toute l’affaire n’était qu’une manœuvre de Santillan à son encontre.

Ni lui ni Tarradellas ne voulurent débloquer les fonds, en conséquence de quoi le marché fut rompu. Dans ses Mémoires, Garcia Oliver se débarrasse de l’épisode en prétendant que les contacts de Besnard n’étaient pas dignes de confiance. C’est dans ce contexte que naquit le projet de recourir à l’or de la Banque d’Espagne. Santillan avait auparavant suggéré au précédent chef du gouvernement, Giral, de mettre cet or en lieu sûr dans un pays étranger. Devant le risque d’échec de l’opération montée par Besnard, Santillan avait envisagé un moyen d’agir parallèlement pour disposer des fonds nécessaires, à savoir de s’en emparer à la Banque d’Espagne. Pour ce faire il arma la colonne « Tierra y Libertad », chargée de mener à bien l’opération.

Mais au moment d’agir il flancha et dévoila son projet au Comité national et à divers dirigeants régionaux, qui le repoussèrent avec épouvante.

Antonov-Ovseenko fut informé de l’affaire par l’agent « X », infiltré dans les milieux anarcho-syndicalistes ; il s’empressa de répandre la nouvelle, les Russes trouvant là le meilleur des arguments en faveur du transfert de l’or. Quelques semaines plus tard, Caballero et Negrin le firent transporter à Carthagène avec un grand luxe de précautions — pour qu’il échappe aux anarchistes ! — [NDTML : …mais avec l’accord de la CNT, comme tu le mentionnes toi-même !] et là il fut embarqué pour Odessa, en paiement des armes que Staline voudrait bien consentir à livrer.

Quelqu’un proposa un nouveau plan, peut-être un autre infiltré, car l’attaché commercial de l’ambassade russe, Stachevski, fit courir le bruit que la CNT préparait un coup de main pour s’emparer de l’or au moment de l’embarquement. Quant à la colonne « Tierra y Libertad », elle fut comme prévu envoyée en Castille, où l’état-major, c’est-à-dire les Russes, lui assigna une position pilonnée par l’artillerie. Les miliciens finirent par se lasser de supporter le feu ennemi et d’accumuler les pertes ; ils se replièrent en désordre vers la capitale, ce qui fit d’eux l’objet de moqueries intéressées. »

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Correspondance entre Diego Camacho (« Abel Paz ») et Juan García Oliver

CORRESPONDANCE_CAMACHO-OLIVER - PDF

https://p4.storage.canalblog.com/41/97/1716556/128958786.pdf

 

« Lettre du 29 septembre 1971 Diego Camacho (Paris) à Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique)

« Santillan parle aussi d’un de tes projets de former un corps de guérilleros qui devait agir derrière les lignes ennemies, mais il ne donne pas beaucoup de détails sur le sujet. Il me semble qu’il faut faire ressortir le projet, et je le fais, mais je pense qu’il faut en dire plus historiquement. Je te charge de m’éclairer sur ce fait.

Et enfin, il y a ce célèbre projet de prendre d’assaut la Banque d’Espagne, dont parle le même Santillan dans son livre« Pourquoi nous avons perdu la guerre ». On nous a beaucoup critiqués, nous les anarchistes, alléguant que nous avions commis les mêmes erreurs que les communards. Je pense qu’il serait utile de rappeler ce projet et d’exposer le pour et le contre, si c’est bien un projet et non un rêve de Santillan. Tu vois ?

Tout cela touche la lutte sociale et son histoire. L’individu disparait derrière les événements, même s’il en a été le moteur. Ce qui est important c’est l’élan collectif, même s’il est logique de reconnaître qu’il existe des individus qui poussent plus. »

« Lettre du 24 septembre 1972 Diego Camacho (Paris) à Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique).

« Besnard parle de son voyage à Madrid avec Durruti et des discussions entre toi, Durruti et Santillan, etc.

Pour finir, c’est Santillan qui parle du projet d’attaque de la Banque d’Espagne dans son livre Pourquoi nous avons perdu la guerre. C’était, pour moi, important de connaître plus en détail tous ces problèmes, mais je n’ai pu aller au fond des sujets, parce que, je répète, tu ne m’as pas aidé, Santillan très peu et d’autres, comme tu dis, m’ont mal aidé.

Que pouvais-je faire ? Rester les bras croisés ? Suspendre mon travail ? Considérer mes recherches comme inutiles, alors que j’ai risqué ma vie, cherchant pour mon propre compte, jusqu’à la découverte de la tombe de Durruti, sans que personne ne m’aide sur le sujet ? Je ne pouvais pas faire ça et j’ai publié mon travail. Que ce soit une mauvaise biographie infestée d’erreurs, à qui la faute ? Ça m’a couté dix ans de travail et peu m’importe de consacrer trois ans de plus à corriger les erreurs dans l’édition espagnole, même si ça implique une reprise totale de l’ouvrage. Ce que je demande, c’est que l’on me signale, même sommairement, ces erreurs. »

« Lettre du 22 novembre 1972 Garcia Oliver (Guadalajara, Mexique) à Diego Camacho (Paris)

« Tu me dis que tu veux changer des passages de ton livre. S’il te plait, prends ceci en note :

Ce que tu racontes sur moi et Santillan de vouloir piller l’or de la Banque d’Espagne de Madrid est faux. Je suppose que c’est Santillan qui t’en a parlé, lui qui n’est pas un idéologue, qui n’est pas même Santillan, seulement un quelconque Sinesio Garcia Fernandez [ NDLR : son véritable nom…] et qui plus est un grand menteur.

Le groupe appelé CRISOL n’a jamais existé. Crisol était le nom que Alaiz donna à un journal anarchiste qui eut une courte vie, où collabora Callejas, il était distribué gratuitement. C’est Garcia Oliver et lui seul qui a fourni l’argent en liquide pour la réalisation et le financement des salaires de Alaiz et Callejas, personnes qu’il soutenait économiquement depuis longtemps.

Si, comme tu le dis, il est vrai que Juanel, Federica, Peirats et autres, y compris Santillan, jouent les fous sur le Plenum Régional des Locales et Cantonales de la CNT-FAI où l’on décida de rejeter l’idée d’aller vers le Communisme Libertaire, en alléguant qu’ils ne se souviennent pas, ou qu’ils n’y étaient pas, ou que c’est passé inaperçu, tu peux leur dire à tous que se sont de fieffés menteurs. »

CQFD !

Luniterre

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 02:28,

 

par do

Salut Luniterre,

Tu fais erreur, tout d’abord, la guerre de Barcelone pour le central téléphonique a eu lieu en mai 37 ; alors que la décision des soviétiques de livrer les armes dans les Asturies, c’est-à-dire sur l’Atlantique, a été prise dès le début, du moins bien avant cette guerre.

Ensuite, cette Guerre n’a pas eu lieu entre la République d’un côte, et de l’autre les anarchistes et le POUM ; mais, entre d’un côté les staliniens, et de l’autre le POUM et les anarchistes. Cette guerre n’a pas eu lieu pour ou contre la République, mais au sein de la République.

Tu dis : « Alors que les historiens de tous bords convergent sur le point d’arrivée des armes soviétiques, dès début Octobre 1936, avant même le départ de l’or pour Odessa, qui a lieu, quant à lui, le 25 Octobre… ! »

Extrait que tu cites :

« De fait, les armes commencèrent à arriver le 4 octobre sur le Campeche, mais en petite quantité et, pour plus de la moitié, vieilles et hors d’usage. Aucune de ces armes ne s’égara du côté des unités anarchistes. »

Commencèrent…

Les vraies armes, en grande quantité, pas vieilles et pas hors d’usage, arrivèrent bien plus tard ; et servirent plus contre les anarchistes et le POUM qu’au front. Les bouquins que j’ai lus disent qu’il y avait plein d’armes de bonne qualité à l’arrière et que le front était démuni.

Quant à Garcia Oliver, qui a trahi en acceptant de participer au gouvernement, il n’est pas digne de confiance.

Les deux paragraphes que je cite dans mon intervention précédente ne sont effectivement pas reliés par l’article de Wikipédia ; mais, en les reliant tout de même, la conclusion que j’en tire est vraisemblable.

En fait, Staline a volé la révolution espagnole, et l’a ensuite laissée tomber ; alors que si Hitler et Franco avaient été vaincus en Espagne, l’URSS n’aurait même pas été envahie.

Bien à toi,
do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 11:46, 

 

par Luniterre

 

La guerre pour un central téléphonique ?

Effectivement, en un sens, ...mais si ce central refuse de faire son travail et de passer les appels officiels du gouvernement de la République, comme ce fut le cas, il devient donc bel et bien l'instrument d'un coup d'Etat, fût-ce une révolte anarchiste, contre cette même République, et la cause d'une nouvelle guerre civile, en plus de celle contre le fascisme !

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_de_mai_1937_%C3%A0_Barcelone

 

Et sinon, concernant les premières armes arrivées, le 4 Octobre, c'est bien à Carthagène, et non aux Asturies... :

« CHRONOLOGIE

« 1936

« 4 octobre. Arrivée à Carthagène du Campeche, avec une première livraison d'armes russes. »

DURRUTI_dans_le_labyrinthe_Miguel_Amoros - PDF

https://p6.storage.canalblog.com/64/07/1716556/128958571.pdf

 

Pour le reste, il paraît effectivement vraisemblable que l'URSS ait tenté de livrer des armes aux Asturies, tant qu'il y avait des combattants républicains en action dans ce secteur... !

C'est le contraire qui eut été une trahison !

Quoi qu'il en soit, si tu as de la doc sérieuse à ce sujet, c'est le moment ou jamais de la republier.

Concernant la qualité des armes, ceux qui veulent charger l'URSS disent qu'elles n'étaient pas bonnes, et réciproquement...

On ne va pas y revenir...

En réalité, d'autres guerres révolutionnaires ont triomphé avec beaucoup moins de moyens et ce ne serait même pas, de toutes façon, une justification de cette débâcle, entièrement due au manque de cohésion et d'unité, puis à la deuxième guerre civile, « au sein de la République », tout comme il y en avait déjà une entre République et fascisme !

1936, c'est seulement 6 ans après la fin de la NEP, en URSS, NEP à l'issue de laquelle l'économie soviétique était à nouveau ruinée, aux « bons soins » des NEPmens, des koulaks, et de leurs soutiens boukhariniens, rioutinistes, trotskistes, etc...

6 ans, c'est réellement très peu pour redémarrer et recréer une industrie socialiste performante et capable de sortir des armements à la hauteur de ceux de l'industrie allemande, quasi centenaire, voire plus :

« La Révolution industrielle en Allemagne désigne la percée de l'industrialisation en Allemagne au XIXe siècle. Cette période débute en 1815 selon Hubert Kiesewetter1, ou en 1835 selon Friedrich-Wilhelm Henning2. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_industrielle_en_Allemagne

Et donc il y a pu avoir, très humainement, quelques « ratés » dans la production, ce qui reste à prouver, de plus, en dehors de ce contexte polémique.

Et pour finir, encore une fois, remettre sur l'URSS et sur Staline la responsabilité de cette débâcle, c'est seulement le moyen facile de refuser de faire une analyse objective de ses causes, qui sont pourtant évidentes, en termes de manque d'unité antifasciste et de cohésion autour d'un programme politique négocié entre les parties, politiques et syndicales, dans le cadre de cette unité.

Encore une fois, c'est bien la volonté politique qui manquait, de part et d'autre, anars-POUM et PCE-PSOE, et rien d'autre !

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin !» V.I. Lénine

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterrec

 

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 14:55,

 

par do

Salut Luniterre,

Je croyais que Trotski était contre la NEP ?

Bien à toi,

do

 

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Staline en 36 en Espagne, et les staliniens à Paris en 68

 

1er octobre 16:35,

 

par Luniterre

Je le croyais aussi, et même jusqu’à une époque très récente, et en mémoire de l’époque post-68, où l’on nous apprenait que Trotsky était une sorte de « révolutionnaire gauchiste », (…c’était à la mode), et on nous l’a fait avaler parce qu’effectivement il s’était positionné en « leader » de l’ « opposition de gauche » contre Staline…

Or en étudiant sérieusement la réalité de sa pensée économique, et en commençant même par la seule étude faite réellement sur le sujet avant la mienne (à part quelques allusions intéressantes chez Moshe Lewin),

Sur les conceptions économiques de Léon Trotsky _ Par Michel Raptis

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

Sur les conceptions économiques de Léon Trotsky - Michel_Raptis - PDF

https://p3.storage.canalblog.com/31/56/1716556/128958462.pdf

 

J’ai donc découvert que non seulement ce n’était pas le cas, mais que bon nombre de trotskystes veulent en faire aujourd’hui un « pionnier », dès 1920, de la NEP, ce qui est également faux, du reste, vu le texte de Lénine remontant à 1918, concernant le gauchisme et le capitalisme d’Etat, où tous les véritables principes de la NEP, au sens léniniste du terme, donc, sont déjà établis….

« Sur l’infantilisme « de gauche » et les idées petites-bourgeoises »

Mai 1918

05_MAI_1918_Lenine_sur_linfantilisme_de_gauche-PDF

https://p7.storage.canalblog.com/78/71/1716556/128958179.pdf

 

L’alliance de Trotsky avec la « gauche » anti-stalinienne était déjà de l’opportunisme, donc, même si tout à fait inefficace…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/15/inedit-de-trotsky-une-page-d-histoire-particulierement-revelatrice-synthese/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Avec des liens à suivre, concernant les différentes études parues sur TML, à propos de Trotsky et du trotskysme…

Bien à toi,

Luniterre

 

 

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UNE NOUVELLE RAMIFICATION DU DÉBAT...

 

Sur VLR, toujours, republication "anonyme" présentée par un "Jean l'Auguste Cendent"... d'un article paru initialement sur le site CNT-AIT-Toulouse, à propos des expériences de collectivisation durant la guerre d'Espagne:

ARTICLE_CNT_AIT_TOULOUSE_Lundi_9_juillet_2007

 

 

Et là encore, c'est une occasion de plus de faire porter le chapeau de l'échec à l'URSS contre toute évidence, mais avec un maximum de mauvaise foi, d'une part, et une "perle", de plus, dans la présentation:

"Ni dieu, ni maître (Louis Auguste BLANQUI)

Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent)"

 

Inévitablement, un nouveau débat s'en est suivi... Le voici:

 

HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

30 septembre 12:19,

 

par Luniterre

Juste un petit problème :

"Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent)"

Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste…

Il n’en reste pas moins que les éphémères expériences de collectivisation des moyens de production de l’époque font partie du patrimoine de l’expérience ouvrière, effectivement !

Le problème de fond, pour avancer réellement et durablement, reste de comprendre ce qu’aurait du être une stratégie antifasciste unitaire, à cette époque, et ce que devrait être une stratégie de résistance globale, à la fois anti-impérialiste et anticapitaliste, dans le monde actuel.

Il faut donc faire une analyse historique qui tienne compte de tous les aspects de la réalité, aujourd’hui, comme hier, et non basée sur des versions sectaires et en fait essentiellement légendaires de l’histoire.

C’est la seule façon d’en tirer réellement des leçons utiles.


1936 : Staline, Roi d’Espagne ? (A propos du rôle historique de l’URSS)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/29/1936-staline-roi-despagne-a-propos-du-role-historique-de-lurss/

Luniterre

 

 

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

30 septembre 12:58  (par Anonyme)

La TACTIQUE dépend des réalités immédiates et des réalités prévisibles. Par contre la STRATEGIE découle des principes …
"Marcher séparément / Frapper ensemble" sera donc l’option permanente et, vu qu’il y a une différence entre la démocratie bourgeoise et le communisme, il ne faut en aucun cas subordonner le prolétariat et les classes dominées-exploitées à une direction bourgeoise fut elle antifasciste ou démocratique ou progressiste …

 

 

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

1er octobre 02:58,

 

par do

Salut Luniterre,

Tu dis : « Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste »

Le POUM et les anarchistes n’ont pas combattu la République, mais les staliniens ; ou plutôt, ils se sont défendus contre leurs attaques destinées à les militariser de force, et à les forcer à abandonner la révolution !

Par ailleurs, le POUM n’était pas trotskiste. Son dirigeant Andrés Nin, qui avait été le secrétaire de Trotski, s’en était politiquement séparé.

Après avoir traité de gauchistes les anarchistes, tu dis qu’« Il n’en reste pas moins que les éphémères expériences de collectivisation des moyens de production de l’époque font partie du patrimoine de l’expérience ouvrière, effectivement »

D’une part, ces collectivisations ont eu bien plus l’occasion de se réaliser en milieu paysan qu’en milieu ouvrier, car l’Espagne était essentiellement paysanne.

D’autre part, ces collectivisations ont justement été réalisées par les anarchistes ; et pas par les staliniens qui, bien au contraire, ont tout fait pour leur faire abandonner la révolution ! alors, pourquoi insulter les anarchistes en les traitant de "gauchistes" ?

Bien à toi,
do

 

 

 

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HOMMAGE A LA REVOLUTION ESPAGNOLE

 

 

1er octobre 10:10,

 

par Luniterre

Juste un problème de lecture, cette fois-ci, semble-t-il… :

« …"Ni léninisme, ni trotskisme (Jean l’auguste Cendent)"

Alors que trotskystes et anars étaient les meilleurs amis et alliés du monde gauchiste pour combattre contre la République espagnole antifasciste… »

Donc « Jean l’auguste Cendent » nous parle de trotskisme, ici, et non du POUM…

Et je lui réponds donc sur ce point…

« Gauchiste » n’est pas une insulte, mais un courant politique, multiforme, il est vrai…

Tout gauchiste, comme tout trotskyste, du reste, n’est pas nécessairement un kollabo…

En URSS l’influence gauchiste est restée prépondérante dans le milieu des économistes, et cela jusqu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale, sans être formellement une tendance, mais plutôt un soutien « de gauche » au pouvoir stalinien, effectivement. Un frein à une rationalisation, en valeur-travail, de la planification, mais une bonne défense contre les résidus du trotskysme et du boukharinisme en train de se muer en révisionnistes « modernes ».

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

En occident, par contre, gauchistes comme trotskystes ont été, le plus souvent, les taupes de l’anti-soviétisme « de gauche », et, aujourd’hui, on voit bien que ces taupes sortent carrément de terre pour combattre ouvertement du côté de l’impérialisme…

Mais à Barcelone en 1937, il est incontestable que les trotskystes ont combattu le gouvernement central de la République au côté des anars et du POUM, même si c’est en se déguisant sous le faux « label » « bolchevik-léniniste » utilisé…

« …pour caractériser un groupe communiste espagnol, issu du POUM, et affilié à l’Internationale de Léon Trotsky en voie de constitution. Il prendra une position hostile au Front populaire, et participera aux journées insurrectionnelles de Barcelone, en mai 1937, au côté des anarchistes des Amis de Durruti, et de la base de la CNT. Son dirigeant, Munis, évoluera vers des positions « ultra-gauches » et antisyndicales, et quittera la IVe Internationale après la Seconde Guerre mondiale, avec Natalia Sedova, la veuve de Trotsky. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolchevik-l%C3%A9niniste

CQFD !

Luniterre

 

 

 

 

 

 

 

 

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02 avril 2021

Covid-19 et crise économique: un lien de cause à effet, ...ou pas???!

 

En un sens, le Covid-19, en héritant du millésime 2019, n'a pas volé son nom: selon un grand nombre de traces encore évidentes, tous les facteurs d'une crise économique majeure étaient déjà réunis, dès le deuxième semestre de 2019, et le choc du premier semestre 2020 était donc inévitable, virus ou pas.

Parmi toutes les traces "alarmantes" du deuxième semestre 2019, l'une des plus violentes et spectaculaires, même si restée ignorée du grand public, surtout européen, c'est donc la "crise du REPO", un acronyme US qui, de notre côté de l'Atlantique, indique mal son nom... Une crise qui a déjà contraint la FED à une intervention massive et durable, avant même la "bataille du Covid" et jusqu'à son éclatement, faisant la jonction entre les dernières conséquences de la crise de 2008, restées sans solutions fondamentales, et la nouvelle, venant y rajouter carrément un étage de problèmes économiques, financiers, monétaires et sociaux, d'une ampleur largement équivalente, et tout aussi insolubles autrement que par un nouvel étage dans la construction du pouvoir banco-centraliste mondialisé.

 

C'est sur ce pointde départ de la "crise du REPO" que prenait appui la dernière étude de fond de la crise publiée sur le blog TML, peu avant sa fermeture. Etude qui n'a quasiment pas fait l'objet d'autre republication, et se trouve donc sur En Avant Marx! en quasi-exclusivité, actuellement!

 

 

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs décennies, déjà, la dette mondiale ne cesse de s’amonceler…  Avec la crise de 2007-2008, elle semblait déjà être devenue une montagne surplombant et dominant le monde de sa hauteur écrasante, en attente de dévots pèlerins du Capital qui lui eussent apporté quelques oboles en guise d’ébauches de remboursement…

Pourtant, on avait donc encore rien vu… Ni compris…

Pour les "initiés", les vraies raisons de cette divinité étaient pourtant apparues lors de la « mini-crise » débutée en fait très brutalement, sur les taux US « repo » le 16 Septembre 2019 dans l’après-midi…

 

« La Fed a dû injecter 53 milliards de dollars de liquidités dans le système financier pour contenir le niveau des taux d’intérêt sur le repo.  

C’est le genre de mesures d’urgence qui rappelle de mauvais souvenirs, ceux de la crise financière de 2008. La Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) a été obligée d’injecter, mardi 17 septembre dans la matinée, 53 milliards de dollars (48 milliards d’euros) de liquidités dans le système financier pour contenir le niveau des taux d’intérêt sur le repo (repurchase market).

Ce marché permet aux institutions à court de cash de trouver les fonds nécessaires pour passer la nuit, en cédant provisoirement des titres en échange, le plus souvent des bons du Trésor. Peu risquées, les opérations de repo se financent à des taux censés évoluer comme ceux de la Fed, dans une fourchette comprise entre 2 % et 2,25 %.

Mais ces taux de repo se sont brutalement tendus, atteignant 6 % lundi après-midi et 10 % mardi matin. Les marchés financiers ont été pris dans ce que le Financial Times appelle un « orage parfait », forçant la Fed à intervenir pour la première fois depuis dix ans. En clair, il n’y avait plus d’argent à prix raisonnable et la banque centrale de New York a dû mettre en urgence à disposition 75 milliards de dollars de liquidités (53 milliards ont été consommés). »

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/18/la-fed-injecte-en-catastrophe-53-milliards-de-dollars-de-liquidites-dans-le-systeme-financier_5511659_3234.html

 

La suite de l’article tend évidemment à expliquer qu’il s’agit là d’un incident « purement technique »…

 

...Et pourtant, en Octobre…

« Ce n'est pas un QE - un programme d'achat massif de titres - mais ça y ressemble fort. Lors d'une prise de parole à Denver, lors de la convention annuelle de la NABE (National Association for Business Economists), Jerome Powell, a indiqué, mardi, qu'il était prêt à accroître à nouveau le bilan de la banque central par un programme de rachat de bons du Trésor (« Treasuries »). Objectif : éviter de nouvelles perturbations sur le marché du repo, un outil essentiel de financement interbancaire. »

« …Moins de cinq jours plus tard, la banque centrale américaine annonçait un programme d'injection de liquidités , d'un montant quotidien maximal de 75 milliards, et ce jusqu'au 10 octobre. Autant de mesures qui ont réussi à calmer le marché - les taux du repo ont été ramenés autour de 1,8 % - mais pas les esprits.

« Ces opérations ressemblent déjà à du QE, note Stéphane Déo chez La Banque Postale AM. La Fed « prend en pension » des titres d'Etat comme caution, ce qui vient augmenter son bilan, et fourni des liquidités aux banques en contrepartie. » Problème : ces repo de la Fed ne durent qu'une journée. Et ils sont ponctuels, même si le guichet restera ouvert au moins tout au long du mois d'octobre. Or la banque centrale américaine cherche une solution de long terme. »

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-fed-rachete-des-actifs-pour-eviter-une-crise-de-liquidites-1138402

 

...Et en Décembre…

« Crise du marché Repo, des explications insuffisantes.

« Diverses causes ont été avancées pour expliquer la hausse subite du taux du marché des Repo en septembre dernier. Pour des experts de la Banque des règlements internationaux (BRI), elles ne suffisent pas à expliquer ce choc.

« …Les économistes de la BRI pointent également la demande croissante en Repo des fonds spéculatifs pour financer des opérations d’arbitrage entre les obligations en espèces et les dérivés. «Les hedge funds revendent leurs bons du Trésor sur le marché Repo pour obtenir des liquidités et augmenter la taille de leurs transactions, ajoute Marc Bourget. Ces opérations d’arbitrage amplifient le problème.»

 « Depuis la hausse de septembre, la Fed poursuit une politique d’injection de liquidités sur le marché, renouvelée à plusieurs reprises. Elle vise à stabiliser les taux qui pourraient connaître de nouveaux soubresauts en fin d’année lorsque les banques cherchent à réduire la taille de leur bilan en se retirant des opérations Repo. »

 https://www.letemps.ch/economie/crise-marche-repo-explications-insuffisantes

 « Voir également: La Fed ne quitte plus le marché Repo

 

...En Janvier…

« Des choses très bizarres ont lieu depuis septembre sur le REPO, le marché interbancaire américain. Des choses si étranges que la FED se voit obligée d'y injecter des dizaines de milliards journellement.

« …Repo : Une nouvelle intervention a eu lieu jeudi

La Banque fédérale de réserve de New York est intervenue jeudi avec deux ajouts temporaires de liquidités sur le marché du Repo.

En effet, la Fed a ajouté des liquidités sur les marchés monétaires pour un total de 74,2 milliards de dollars via 44,15 milliards de dollars d'accords de rachat au jour le jour, ou repo, et via une opération de repo à 14 jours de 30 milliards de dollars.

« …La Fed à t'elle prévu d'arrêter ses opérations de REPO ?

La Fed avait prévu d'arrêter ses opérations de pension à la fin du mois, mais elle les a récemment prolongées jusqu'à la mi-février. La plupart s'attendent maintenant à ce que les opérations de mise en pension se poursuivent pendant un certain temps, même si la Fed achète des milliards de dollars par mois au Trésor pour renforcer les réserves du secteur bancaire et diminuer la nécessité de modifier les opérations de mise en pension.

Une solution toujours pas trouvée !

La Fed n'a pas encore trouvé de solution durable pour maintenir la stabilité sur le marché des taux à court terme.

Cette situation perdure depuis le mois de septembre 2019, après qu'une date de paiement des impôts et le règlement de la dette du Trésor eu poussé certaines banques à se retirer des prêts entre elles sur les marchés des pensions à court terme. »

https://www.leguideboursier.com/video/bourse/inquietudes-sur-le-marche-du-repo-la-fed-continue-d-injecter-des-liquidites-2020012416540.php

 

...En Janvier, néanmoins, cet autre analyste, traduisant "Mises Institute" ne se contente plus des « explications » de pure circonstance :

« Cela s’est produit malgré le fait que les prêts sur le marché des repos sont supposés être parmi ceux dont les taux sont les plus bas, étant donné qu’ils sont adossés à des titres collatéraux théoriquement peu risqués tels que les bons du Trésor.

« …Malgré ce niveau de risque supposément faible et la demande prétendument élevée pour les bons du Trésor américain, les créanciers sur le marché des repos ont décidé qu’ils n’étaient pas prêts à avancer des fonds aux taux bas habituels.

« …Au regard de l’ampleur de l’intervention en cours de la Fed, il semble que le taux d’intérêt qui serait fixé sur le marché en l’absence d’intervention de la banque centrale soit beaucoup plus élevé que ce que ses dirigeants sont prêts à tolérer dans le cadre de leur politique monétaire visant à assurer un accès facile à la liquidité.

« …Il y a au moins deux raisons permettant d’expliquer le phénomène actuel — et pourquoi une autre crise sur ce marché reste probable.

La première raison est que la demande de bons du Trésor US n’est peut-être pas aussi élevée que ce que pensent les gens. Comme l’a indiqué le CBO (le Bureau du Budget du Congrès américain) le 8 janvier :

« Le déficit a augmenté de 12% au cours du premier trimestre de l’exercice fiscal 2020 par rapport à l’année précédente, bondissant de 39 milliards de dollars pour atteindre 358 milliards de dollars. »

C’est 12% au-dessus du niveau de déficit déjà stratosphérique de l’exercice fiscal 2019, une année au cours de laquelle le déficit a frôlé la barre des mille milliards de dollars alors que l’économie est en expansion.

Il y avait de quoi de s’inquiéter, et ces chiffres illustraient à quel point le déficit actuel est important par rapport à sa moyenne historique.

Financer un tel déficit nécessite d’émettre de grandes quantités de nouveaux emprunts d’Etat. Et, avec un tel volume de nouveaux emprunts dans le système, il est possible que tout le monde ne soit pas prêt à avancer des fonds en échange de ces dettes au même taux que dans le passé.

« …Bryan Chappatta, de l’agence Bloomberg, indiquait au mois de septembre :

« Le chaos qui s’est manifesté sur le marché des repos était attendu étant donné l’aggravation du déficit budgétaire américain […].

 Les déficits ne sont pas un phénomène nouveau et continuent de s’accumuler au fil du temps. Et bien qu’ils aient reculé entre 2011 et 2015, à la fois en chiffres absolus et en % du PIB, l’écart s’est encore aggravé depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump. Au total, le montant de la dette du gouvernement fédéral américain a quasiment triple depuis la crise financière.

Cette croissance de la dette était globalement sous contrôle au cours des années qui ont suivi la crise financière car la Fed a racheté de larges quantités de bons du Trésor US au travers de son programme d’assouplissement quantitatif. » 

https://la-chronique-agora.com/inquiete-fed-continue-injecter-liquidites-marche-repos/

L’article original par… Mises Institute

https://mises.org/wire/fearful-fed-keeps-pouring-money-repo-market

 

...Et finalement, en Mars « Il » arrive !

 

...Mais toujours pas de repos pour le « repo »!

« La Fed mettait à disposition jusqu'à présent au moins 100 milliards de dollars quotidiennement. Cette hausse du montant alloué sur les marchés débute lundi et se poursuivra jusqu'au 12 mars pour les prêts au jour le jour (repo). Le montant pour les opérations à deux semaines sera également accru pour les opérations de mardi et jeudi, et passera d'au moins 20 milliards à au moins 45 milliards. »

 

...Juste un peu de carbure... Histoire de faire la soudure, mais…

« …A une heure de l'ouverture de Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices boursiers laissent penser que la baisse sera forte: Dow Jones -1.255 points, Nasdaq -410 points et S&P 500 -145 points. »

https://www.bilan.ch/economie/la-fed-va-injecter-au-moins-150-milliards-par-jour-dans-le-marche-monetaire

 

...Ce qui n’empêche pas BFM de nous la rejouer façon «« Le Monde » en Septembre », pour tenter encore de nous faire croire au « problème technique de liquidités » qui serait limité au « repo ». Ce qui pousse BFM à une « explication » pour le moins restrictive du rôle des « repo’s »… ! L’article, assez court vaut d’être cité in extenso, ne serait-ce que pour sa conclusion…

« La Réserve fédérale américaine va augmenter les montants qu'elle injecte quotidiennement dans le marché monétaire afin d'éviter qu'une banque ou qu'une entreprise ne parvienne plus à se financer.

Nouvelle action forte de la Fed, la Réserve fédérale américaine. Après avoir surpris les marchés en annonçant une baisse importante de ses taux d'intérêts (50 points de base) la semaine dernière, l'institution annonce ce lundi une forte intensification des montants qu'elle injecte dans le marché monétaire. Et ce, en pleine tempête boursière.

De 100 milliards de dollars par jour, la Fed va passer à au moins 150 milliards jusqu'au 12 mars. Cette hausse concerne les prêts au jour le jour (les opérations "repo" pour "sale and repurchase agreement", c'est-à-dire les accords de rachat). Le montant pour les opérations à deux semaines sera également accru pour les opérations de mardi et jeudi, et passera d'au moins 20 milliards à au moins 45 milliards.

Mettre de l'huile dans les rouages

Les opérations de repo sont des transactions à très court terme qui permettent aux banques et entreprises de se refinancer et à la Fed d'avoir un autre outil de contrôle des taux. Elles portent sur le refinancement d'actifs financiers négociables (bons du Trésor, obligations adossées à des crédits hypothécaires, certificats de dépôts, actions) à un taux d'intérêt négocié entre les deux parties contractantes. Dans la vaste majorité des cas, ce sont les banques qui font appel à ce type d'opérations. En effet, les banques ne s'appuient pas nécessairement sur leurs dépôts. Elles recourent souvent à des prêts à court-terme pour respecter leurs engagements quotidiens. 

Cette hausse "devrait aider au bon fonctionnement des marchés de financement alors que les acteurs du marché mettent en oeuvre des plans afin de permettre aux entreprises de résister au coronavirus", a détaillé la Fed de New York, qui supervise ces opérations.

Il s'agit donc de mettre de l'huile dans les rouages afin de permettre aux banques de continuer à se prêter de l'argent entre elles pour in fine prêter aux entreprises et ainsi éviter un assèchement du financement via une crise de liquidités. 

Défiance envers un ou plusieurs intervenants

Cette augmentation des liquidités disponibles signifie en creux que les acteurs du marché, banques en tête, se sont détournés d'un ou de plusieurs intervenants (banque ou entreprise), craignant de lui prêter des fonds.

Techniquement, l'objectif de ces injections massives est de baisser le taux d'intérêt repo sur le marché interbancaire. Depuis septembre dernier, la Fed injecte des dizaines de milliards de dollars par jour (qui sont récupérés à la fin de chaque journée) dans le marché monétaire. Auparavant, il fallait remonter à la crise financière de 2008 pour observer de telles injections de liquidités sur le marché monétaire. »

https://www.bfmtv.com/economie/patrimoine/placements-epargne/la-fed-augmente-ses-injections-dans-le-marche-monetaire-pour-eviter-une-crise-de-liquidites_AN-202003090257.html

 

Mieux expliqué par "Zone Bourse" que par BFM, le cycle quotidien de l'éternel "REPO"

 

 

 

        ...2008-2020, la boucle est bouclée, c’est bien la même crise qui continue, en réalité, sous différentes formes…

Bien entendu, comme on l’a vu avec l’analyse de Mises Institute, la « mini-crise du repo » n’était que le symptôme immédiatement visible de la rentrée du monde économique dans une nouvelle phase de récession, même si l’ébauche de croissance US précisément à peine sevrée de sa perfusion monétaire pouvait faire croire le contraire. Il est donc stupide, comme le font certains, de chercher dans le « repo » les causes de la « crise du covid »… Le covid est, naturellement ou non, peu importe, arrivé à temps pour masquer cette réalité et permettre, en « précipitant », d’abord, la crise, de la tenir sous le contrôle monétaire des Banques Centrales, ce qui a parfaitement fonctionné, avec  le « rebond » autrement incompréhensible des places financières à mi-Mars, juste au moment précis où l’économie mondiale faisait son « stop » le plus complet depuis la guerre, et même bien plus étendu…

 

Le covid est arrivé à temps, ensuite, pour faire durer cette crise par l’apparente « carence » des pouvoirs public à la gérer raisonnablement, ce qui continue toujours, en réalité, avec l’opération « vaccination » dont ne sait trop où elle nous mène et n’apporte actuellement aucun allègement aux mesures répressives en cours.

 

Le cycle des « réformes de structures » du supposé « monde d’après » n’étant manifestement pas terminé, le cycle des « vagues de méchants variants » anglais, africains, etc... et autres « couvre-feux/confinements » n’est donc pas près de finir…

 

 

Le « monde d’avant » c’était donc déjà, en fait, le monde de la dette et de la récession, même si provisoirement « cachée » statistiquement, derrière les politiques monétaires des Banques Centrales, et donc bien depuis 2008, déjà.

 

                 ...Et le « monde d’après », c’est… le monde de la dette!  ...Mais à une « hauteur » évidemment encore même simplement jamais imaginée…

 

 

 

Le monde d'avant c'était « seulement »...

 

 

...Ce qui donnait une « prévision » de ...

 

 

...Dont on s'est quelque peu éloignés... Pourtant, les bourses, elles, ont plutôt, malgré tout (...ou plutôt, à cause de!) suivi la courbe du « haut »...

 

 

 

 

...Mais la dette mondiale ...

  «L’Institut International de Finance a présenté ses prévisions concernant l’endettement mondiale pour l’année 2020. Comme attendu, celui-ci est en nette augmentation et atteindrait un niveau jamais vu auparavant de 277 000 milliards de dollars, soit près de 365% du PIB mondial. La crise sanitaire a provoqué une hausse colossale des montants empruntés par les États et les entreprises. Au mois de septembre, la dette avait déjà  progressé de 15 000 milliards dont près de la moitié émise par les États, principalement développés.

Dans le détail, la dette totale (publique et privée) des pays développés représente près de 432% de leur PIB au troisième trimestre contre 380% fin 2019. Les nouvelles mesures de restrictions sanitaires ne devraient pas améliorer ce ratio. Les pays émergents s’en sortent mieux avec une dette totale de 250%, même si la Chine se rapproche des niveaux des pays développés à 335% du PIB.

Toutefois, l’Institut met en garde sur les dettes des pays émergents. En effet, 7 000 milliards de dollars d’obligations arrivent à échéance à la fin de l’année et les faibles taux d’intérêts ne compenseront pas le manque à gagner provoqué par la baisse des recettes fiscales.

Enfin, l’organisation ne voit pas de ralentissement de cette tendance sur le long-terme. Pour éviter les mesures d’austérité mises en place lors de la crise financière, les États et les entreprises devraient continuer de s’endetter pour atteindre un montant faramineux de 360 000 milliards en 2030.

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Minute-Macro-Des-dettes-records-mais-la-Chine-reste-optimiste--31819249/

 

 

...Et la France, dans tout ça...???

 

« La dette publique française supérieure à 100% du PIB pendant "dix ans au moins", estime Moscovici, premier président de la Cour des comptes...

« ..."Nous allons vivre pendant dix ans au moins avec une dette publique supérieure à 100% du PIB. Nous allons vivre pendant au moins 5 ans, 4 à 5 ans, avec des déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB"(*), a affirmé l'ancien commissaire européen invité de Radio J.

« ...Le pays devrait ainsi avoir terminé l'année 2020 avec une dette d'environ 120% du PIB, qui devrait encore gonfler à 122,4% cette année du fait de nouvelles dépenses pour soutenir l'économie, prévoit le gouvernement.

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/la-dette-publique-francaise-superieure-a-100-du-pib-pendant-dix-ans-au-moins-estime-moscovici-ab32f40f32320cfc87d83dcd35842a6c

(* NDLR-TML: La "norme" UE, d'inspiration "mitterandienne", qui était en vigueur jusqu'au 12 Mars 2020 et enterrée sur ordre des Banques Centrales, et donc de la BCE, en conséquence de quoi l'Etat français macronien devra donc "payer" ..."Quoi qu'il en coûte!" ...au compte de la dette, évidemment!!!)

 

https://www.lopinion.fr/sites/nb.com/files/2020/09/p2-infog-dette_2020.png

 

Sur ce graphe, qui voit se "croiser" l’amoncellement pharaonique de la dette publique de l' État français et la "chute" non moins vertigineuse des taux d'emprunt, se trouve donc signée la dépendance en réalité définitive de l’État-nation France à l'égard des politiques de gestion du cycle de la dette par les Banques Centrales à l'échelle mondiale, et ici, à court terme, par la BCE.

Cette dépendance est également encore on ne peut mieux illustrée par cet autre "croisement" de courbes sur un graphe, celles du financement de l'Etat par ses recettes fiscales et par ses obligations(dettes) émises pour le même exercice budgétaire, et qui totalisent un montant supérieur aux recettes pour 2020, et pratiquement équivalent ensuite, pour 2021... Autre expression graphique du "Quoi qu'il en coûte!" banco-centralisé...

 

https://media.lesechos.com/api/v1/images/view/5fa9406b3e45464d6b0427ed/contenu_article/image.jpg

https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/covid-avec-la-crise-letat-se-finance-desormais-autant-par-lendettement-que-par-limpot-1263327

http://www.senat.fr/rap/l20-138-1/l20-138-112.html

 

 

Alors??? Dix ans pour (re?)trouver une improbable autonomie de gestion des structures étatiques en France? En Mai 2020, au moment où semblait "finir" la première "vague" de la crise du covid, un journaliste exceptionnellement consciencieux du Journal "La Croix" constatait déjà assez ingénument que ce genre de fables, également "officiellement" promues, à l'époque, par la BCE, n'était déjà évidemment plus du tout crédible, et depuis longtemps déjà, pour les économistes "de terrain":

 

« ...En douze ans,[...depuis 2008-NDTML!], la Fed et la BCE ont injecté près de 10 000 milliards de dollars dans l’économie, multipliant la taille de leur bilan par cinq. La BCE est ainsi sur le point de détenir plus de 25 % de la dette publique des pays de la zone euro…

La conséquence, c’est qu’en achetant des dettes d’État, elles ont créé des distorsions sur les marchés financiers. « Les banques centrales sont devenues les faiseurs de prix sur les dettes souveraines », analyse Christopher Dembik, directeur de la recherche économique à Saxo Bank. Et c’est ainsi qu’on a vu apparaître les taux négatifs en vertu desquels des fonds de pension payent pour prêter leur argent à des États… Le faible niveau des taux d’intérêt permet de maintenir la croissance dans les économies développées. Mais cela crée un océan de dettes et fait monter les prix de l’immobilier.

De plus une partie des liquidités disponibles sert surtout à alimenter la spéculation. « Sans l’action des banques centrales, la situation serait plus dramatique. Mais la conséquence est une hausse des marchés actions, ce qui profite aux plus riches puisque ce sont eux, en général, qui en détiennent… », ajoute Christopher Dembik.

À en croire les banquiers centraux, ce nouvel interventionnisme n’est pas destiné à durer. « L’argent qui est injecté aujourd’hui n’a rien de magique. Il devra être remboursé, même si c’est sur le long terme. Le but de ce plan d’urgence économique est d’amortir le choc en lissant ses effets dans le temps, pour éviter que trop d’entreprises ne se retrouvent en faillite », explique Matthieu Bussière.

Les observateurs des marchés ne sont toutefois pas du même avis. Pour eux, le mouvement semble irréversible. : « La Réserve fédérale américaine a bien tenté de relever les taux en 2018, mais on a vu le résultat… », rappelle l’économiste Véronique Riches-Flores. La chute des marchés boursiers a obligé la Fed à baisser à nouveau les taux, tandis que Donald Trump tempêtait… Les économies développées semblent être devenues dépendantes des taux bas et s’être installées durablement dans un système d’endettement croissant, qui est permis par l’action des banques centrales. »

Les banques centrales-La Croix-17-05-2020

Article republié dans une étude critique, sur TML >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/05/21/la-croix-et-la-banniere-ou-le-coup-detat-des-banques-centrales-pour-les-archi-nuls/

 

 

 

https://www.allnews.ch/sites/default/files/images/BNP_Vijlder_BCE_Graph.JPG

Évolution du bilan des Banques Centrales

 

Il est donc clair que malgré les airs offusqués que prennent Dembik et consorts, l'effet selon lequel l'action des Banques Centrales maintient la spéculation boursière à un niveau élevé n'est pas du tout un "effet collatéral" du genre "involontaire" ni "imprévu": en effet, sans cette spéculation on voit bien que dans de telles circonstances l'effondrement des marchés financiers est autrement inévitable, et avec cet effondrement, celui des principaux monopoles et banques d'affaires mondiales.

C'est bien cet "effet" qui a donc permis aux marchés financiers de reprendre leurs ascensions vers les sommets dès le pire moment de la supposée, et bien réelle pour le commun des mortels, "crise du covid"!

Ce que "garantit" donc la spéculation boursière, en restant à son niveau le plus élevé en pleine crise, c'est précisément le niveau de capitalisation de ces monopoles et de ces banques cotées en bourse, et ce niveau élevé de capitalisation "garantit", lui, le ratio de solvabilité des dites entreprises, et donc leur capacité à emprunter, c'est à dire, à s'endetter...Le paradoxe, qui n'est donc qu'apparent, en fait, c'est bien que la spéculation boursière est, et spécialement en période de crise, la meilleure des garanties de la dette...!!!

Et là encore, il est important de comprendre que la situation en 2020 a essentiellement ses causes dans l'évolution économique déjà présente en 2019, et non pas dans le covid-19, qui est définitivement bien plus un "masque" à plus d'un titre qu'un "déclencheur" réel...

En témoigne encore cet article du journal "Le Monde" publié, à quelques heures près, au moment même ou éclatait la "crise des repo's"!

 

« Alerte mondiale sur la dette des entreprises

Publié le 17 octobre 2019 à 02h23

- Mis à jour le 17 octobre 2019 à 10h37

« Pour certains, ce sera le ferment de la prochaine crise. Pour d’autres, le phénomène révèle surtout l’accumulation des fragilités au sein de l’économie mondiale. Depuis la tempête financière de 2008, la dette des entreprises ne cesse de gonfler sur la plupart des continents, soulevant l’inquiétude des grandes institutions internationales.

Dans son nouveau rapport sur la stabilité financière, publié mercredi 16 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) tire à son tour le signal d’alarme : « En cas de ralentissement marqué de l’activité, dans le plus sombre des scénarios, 40 % de la dette des entreprises dans les huit plus grandes économies, soit 19 000 milliards de dollars [17 000 milliards d’euros], seraient exposés à un risque de défaut, soit plus que le niveau observé durant la dernière crise financière », prévient-il.

Et pour cause : au premier trimestre, la dette totale des entreprises (hors secteur financier) culminait à 91,4 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, en hausse de 20 points sur vingt ans, selon l’Institut de la finance internationale (IFI), une organisation regroupant les grands établissements financiers. Elle est désormais plus élevée que celle des gouvernements (87,2 % du PIB, en hausse de 30 points depuis 2000), et que celle des ménages (59,4 %, en hausse de 16 points).

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/17/le-fmi-alerte-sur-la-dette-des-entreprises-en-cas-de-ralentissement-economique_6015797_3234.html

 

 

Les traces d'un endettement déjà record des entreprises en 2019 sont en fait légions, et, bien évidemment, tous ces records ont donc encore été battus à plate couture en 2020, ce qui n'a donc pas empêché la remontée en flèche de la spéculation et de leur capitalisation en bourse.

 

« 10 200 milliards $ ont été levés sur le marché mondial de la dette en 2020

Mardi, 5 janvier 2021

Profitant d’un contexte marqué par des baisses de taux, les pays, mais aussi les entreprises ont emprunté des ressources à des niveaux records sur les marchés des capitaux du monde. Reste désormais à savoir comment cela sera remboursé, et surtout que gagneront les investisseurs.

10 200 milliards $ ont été levés sur les différents marchés des capitaux dans le monde en 2020, apprend-on d'une synthèse des données publiées par la plateforme Refinitiv du groupe médiatique Reuters.

Ce niveau de ressources mobilisées via des émissions de titres d'emprunts souscrits par des investisseurs est en hausse de 31% comparé à celui de l'année 2019. C'est aussi le niveau d'endettement le plus élevé sur les marchés des capitaux depuis 1980 que les données sont accessibles. »

https://www.apr-news.fr/fr/actualites/10-200-milliards-ont-ete-leves-sur-le-marche-mondial-de-la-dette-en-2020

 

Et tout cela, donc, malgré l'évidence de l'arrêt quasi-total de secteurs importants de l'économie, notamment lors du premier « confinement ».

Mais comme le notent justement la plupart des observateurs, et comme le montre également l'évidence, les situations sont malgré tout assez différentes sous plusieurs rapports, et notamment, sous celui du rapport entre endettement et compétitivité économique. La Chine parvient encore à battre des records dans les deux domaines, et la France aussi, mais, sauf pour la dette, pas dans le même sens...!

 

Infographie: La dette des entreprises françaises au plus haut | Statista

https://fr.statista.com/infographie/22367/dette-des-entreprises-en-pourcentage-du-pib/

 

 

Les critères d'évaluation de la dette des entreprises sont assez différents selon les organismes nationaux ou internationaux qui les émettent... Ci-dessus, une évaluation récente de la BRI, Banque des Règlements Internationaux... A la suite, une autre, récente, également (Décembre 2020), pour ce qui nous concerne directement, de la Banque de France:

"L’endettement financier des entreprises non financières françaises atteignait 2207 milliards d’euros fin 2019 (1 536 milliards en crédit dont 1 090 milliards prêtés par des banques résidentes et 671 milliards en titres) et représentait 173 % de la valeur ajoutée des Sociétés Non Financières (cad sans les banques et assurances en gros). Cet endettement est sur une tendance croissante depuis le milieu des années 2000 et, alors que le ratio dette / valeur ajoutée des SNF françaises était en début de période légèrement inférieur au ratio moyen dans la zone euro, il est désormais d’environ 40 points au-dessus de la moyenne de la zone euro."

(Banque de France. https://publications.banque-france.fr/evaluation-des-risques-du-systeme-financier-francais-decembre-2020 )

 

Pour mieux comprendre les "distorsions" d'évaluations, cet autre extrait de la presse économique:

« Le projet de loi de finances pour 2021 situe la dette des administrations publiques à 117% du PIB à la fin de cette année et 116% fin 2021, niveaux qui seraient apparus inimaginables il y a un an.

[NDTML >>> « Projet» donc enore "revu" à la hausse, depuis, à 122,4%!!!]

« ...Les mesures de l’endettement, privé comme public, diffèrent selon les concepts et les conventions statistiques. Ainsi, la dette des administrations publiques françaises à la fin 2019 est-elle estimée à 98,1% du PIB par l’Insee pour l’application du traité de Maastricht, qui utilise la valeur faciale de la dette (dite nominale), et à 112,3% du PIB par la Banque des règlements internationaux (BRI), si la dette est valorisée à son prix de marché. La différence vient de la baisse des taux d’intérêt à moyen et long terme, qui a fortement revalorisé les obligations émises par le Trésor. Mais quelle que soit la mesure, même nette des avoirs financiers (89,5% du PIB fin 2019 selon l’Insee), la dette publique française, en forte hausse depuis 2007, s’était stabilisée depuis 2016, en partie grâce à la baisse des taux d’intérêt mais aussi à la réduction des déficits primaires.

La situation est bien différente pour la dette privée hors institutions financières, en hausse perpétuelle depuis 2013, et qui atteignit 215% du PIB fin 2019 selon la BRI, à comparer à 165% pour la zone euro, 205% pour la Chine et 150% pour les États-Unis.

« ...La Banque de France (BdF), de son coté, estime la dette des agents non financiers français à seulement 135% du PIB fin 2019, faisant remarquer que les entreprises françaises ont la particularité de se prêter mutuellement, et qu’il convient de consolider la dette du secteur des entreprises, c’est à dire d’annuler les dettes contractées entre entreprises. On comprend l’idée, mais, à l’exception des dettes contractées entre filiales d’un même groupe, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait annuler la dette que Paul SARL a contracté auprès de Christine SA parce que Paul aurait prêté à Benoit SAS pour le même montant. Si Benoit était incapable d’honorer sa dette envers Paul, ce dernier ne pourrait probablement pas rembourser Christine !

De toutes façons, même réduite en niveau par cette consolidation discutable, la dette privée française mesurée par la BdF suit la même trajectoire dynamique que celle mesurée par la BRI.

 

« ...Une dette conjointe public-privé dépassant 330% du PIB en 2021?

« Pour l’économie dans son ensemble, l’endettement privé et public va donc augmenter très significativement, par rapport aux 313% du PIB déjà atteints avant la crise selon la BRI (1), probablement de l’ordre de 20 points de PIB à l’horizon 2021. Peu de pays se sont retrouvés avec un ratio d’endettement interne supérieur à 330% du PIB, hors période de guerre (2). Ce fut le cas des Pays-Bas où il atteignit 360% du PIB en 2015, avant de revenir à 307% fin 2019. C’est toujours le cas du Japon, où la dette agrégée représentait 367% du PIB fin 2019.

_(1) Il s’agit de la dette nominale et non pas de la dette à sa valeur de marché. Selon la Banque de France, qui, pour les entreprises, exclut les crédits intra-groupes, les crédits inter-entreprises et les crédits commerciaux, la dette agrégée atteignait 236% du PIB à la fin de 2019.

_(2) La dette publique française avait atteint 205% du PIB en 1944. »

https://www.telos-eu.com/fr/economie/le-mur-de-la-dette-est-il-imaginaire-1-la-france-c.html

Cet autre aperçu, citant la Banque de France, y ajoute un total brut de 3000 Milliards d'Euros...

« ...En ce qui concerne les dettes privées, toujours selon les données de la Banque de France, en 2019, les dettes contractées par les ménages français et les entreprises privées s’approchaient des 3 000 milliards d’euros, soit 133,2% du PIB du pays. Dans le détail, la dette des ménages représentait 60,4% du PIB, un niveau deux fois plus élevé qu’il y a 20 ans et justifié par des taux d’intérêt très bas incitant les souscripteurs à investir, notamment pour acquérir un bien immobilier. La dette des entreprises, elle, correspondait à 73,5% du PIB, avec des investissements traduisant un optimisme en matière d’activité. En cela, l’existence d’une dette privée n’est pas non plus forcément un signal d’alarme pour l’endettement d’un pays (*).

(*) https://www.lci.fr/population/menages-entreprises-3-000-milliards-d-euros-de-dettes-2130063.html

https://www.fortuneo.fr/cote-finances/tendance-financiere/comprendre-l-endettement-d-un-pays-639

 

...Stock total de dette privée que Standard & Poor's évaluait déjà à 4000 Mds en 2018...

https://www.lerevenu.com/bourse/la-dette-nouveau-casse-tete-des-entreprises

Par Olivier Dauzat - Publié le 21/03/2019 à 07:30 - Mis à jour le 21/03/2019 à 07:30

« Pour Standard & Poor’s, la montée de l’endettement des entreprises du CAC 40 n’est pas un facteur d’inquiétude. Mais d'autres sociétés plus petites, dont les équilibres financiers apparaîssent tendus, subissent la défiance des investisseurs. Tour d'horizon des situations à risque et de celles qui ne le sont pas.

Le constat est a priori inquiétant. Selon l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P), l’endettement brut des entreprises françaises a dépassé 4.000 milliards d’euros mi-2018 pour atteindre 175% du PIB national. Ce ratio a augmenté de 40 points de pourcentage en dix ans. »

 

Mais ce qui mets tout le monde d'accord, comme on l'a vu, c'est bien la "pente" générale montante de la dette française, et qui, de plus, la situe dans son contexte européen:

https://media.lesechos.com/api/v1/images/view/5c18be2e3e45466d2a007618/par_defaut/image.jpg

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/la-banque-de-france-avertit-sur-lendettement-des-menages-et-des-entreprises-239666

 

...Pente vue ici sur une échelle de temps plus large... (fig. du haut, en total agrégé)

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/lendettement-des-entreprises-et-des-menages-saccelere-en-france-1125343

 

...Une autre évaluation, quelque peu "minorée", par l'INSEE, ce qui n'en efface pas pour autant la pente montante...

https://www.insee.fr/fr/statistiques/3281639?sommaire=3281778#consulter-sommaire

 

Comme on l'a vu au début de notre recherche, la différence de "pente" entre les pays s'est donc brutalement effacée en 2020, avec la "crise du covid", mais la différence de brutalité entre les mesures répressives lors de la première vague a donc également une explication en ce que, même si le pouvoir macronien avait réussi à le dissimuler tant bien que mal, le "terrain économique" de la France, fortement dégradé depuis des années, et particulièrement en 2019, était donc le "terrain idéal" pour l'expérimentation et la mise en œuvre de restructurations banco-centralistes parmi les plus poussées.

 

« L’endettement croit plus vite que la croissance

« L’endettement de la France, à tous les niveaux, État, établissements publics et privés, et ménages sont à des niveaux records.

La Banque de France dans son rapport semestriel rappelle que l’endettement actuel est le risque principal du système financier français au mois de juin 2019, au même niveau que celui pesant actuellement sur les marchés financiers.

Taux d’endettement record

Les taux d’endettement des entreprises et des ménages français continuent de croître à un rythme soutenu. La dynamique de l’endettement des entreprises augmente le risque de défaut et/ou les difficultés de refinancement en cas de choc macroéconomique. La croissance des crédits aux ménages appelle également à une vigilance particulière face aux signes d’assouplissement progressif des critères d’octroi. La capacité à mobiliser les ressources publiques pour amortir de futurs chocs économiques ou financiers devient également plus limitée avec l’accumulation des déficits depuis la crise.

L’endettement croit plus vite que la croissance

L’endettement (considéré comme le risque le plus important) croit plus rapidement que la croissance : le niveau actuel de l’endettement des acteurs privés ne suggère pas de risque financier généralisé à ce stade, mais sa hausse ininterrompue contribue à une fragilisation macroéconomique progressive et un affaiblissement de la résilience intrinsèque de l’économie française, alors que la capacité à mobiliser davantage de ressources publiques pour amortir de futurs chocs économiques et/ou financiers s’érode alors que la dette publique ramenée au PIB est à 98% en France, un niveau élevé, très supérieur au plafond de 60% établi dans le pacte de stabilité et de croissance européen. »

https://www.francetransactions.com/actus/news-finances/l-endettement-record-en-france-etat-entreprises-particuliers-le-risque-majeur.html

 

En Juin 2019, donc, la Banque de France évaluait donc encore la situation à l'aune des critères de l'UE "mitterandienne"... Alors que la France était donc d'ores et déjà la proie potentielle pour un retournement de politique financière du type "Quoi qu'il en coûte"... C'est l'occasion de rappeler que si la BDF est encore, formellement, une propriété "capitalistique" de l'Etat français, elle est surtout, statutairement et administrativement, une division locale avancée de la BCE... Et donc que son "indépendance" de gestion est essentiellement celle que la BCE a réussi à rendre pérenne, sur le terrain, pour son propre compte, aussi bien littéralement qu'au sens "figuré", qui est ici le sens politique réel et concret, celui du contrôle des marchés financiers, et, partant de là, de l'ensemble de la vie économique.

C'est bien en ce sens que la formule "Quoi qu'il en coûte!" du 12 Mars 2020 représente un nouveau pas en avant décisif dans cette prise de contrôle de plus en plus directe. C'est l'effacement des derniers vestiges d'autonomie des États-nations en tant que constituants de base de l'UE, structure d'équilibre instable entre eux. La "crise du covid" est l'occasion pour la BCE de reléguer aussi bien les autres superstructures "européennes" que les structures étatiques nationales résiduelles au rang de simples relais et exécutants des décisions de son gouvernorat. Gouvernorat de la BCE, qui, rappelons le au passage, n'est en rien l'émanation de la démocratie, sous aucune forme, même la plus dégradée qui soit. Le gouvernorat de la BCE, comme celui des autres Banques Centrales, est une émanation directe du système, par simple cooptation.

 

 

 

Avoir ne serait-ce qu'un minimum d'autonomie politique implique d'avoir d'abord un minimum d'autonomie économique. Il ne s'agit donc évidemment pas ici de parler d'autarcie, mais simplement d'avoir une capacité de production autonome de valeur économique qui fait d'un pays un partenaire crédible doté d'une parole politique de suffisamment de poids pour avoir une influence quelconque dans les négociations internationales, et plus généralement, dans le commerce international, à la base. Ce n'était donc déjà plus le cas de l'Etat macronien au tournant 2019-2020, et dès le premier tangage sérieux de la "crise du covid" il ne pouvait donc que plier à l'instant aux injonctions de la BCE, faisant opérer à la stratégie budgétaire française un virage à 180°, dès le 12 Mars, donc. D'où le pathétique "Quoi qu'il en coûte!" macronien...

 

A priori, le cas de l'Allemagne est le cas diamétralement opposé, et il l'est bien réellement, en termes de production autonome de valeur économique. Et cela ne tient en rien à de supposées ambitions d'un "retour de flamme" de l'impérialisme allemand, hypothétiquement impulsé par Mme. Merkel, selon nos sociaux-chauvins français, incapables de la moindre "analyse" autre que de répéter, sous une forme ou sous une autre, leur éternel bréviaire thorezien de Kollaboration de classe!

Pour autant, il y a bien une fraction importante du capital productif allemand qui a tenté d'organiser une sorte de résistance politique et juridique face au banco-centralisme de la BCE, mais c'était aussi précisément une action politique opposée au clan Merkel, tout à fait partisan, et finalement également quand à elle, de la capitulation la plus complète face à la BCE.

Ce qui n'était encore pas forcément tout à fait évident pour tout le monde avec l'arrêt pris par la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe contre la BCE le 5 Mai 2020, en pleine "crise du covid". Il est clair que l'arrêt de la Cour Constitutionnelle allemande remettait profondément en cause la politique monétaire de la BCE, en lui enjoignant de devoir se justifier sous trois mois... Il est également clair que cet arrêt tombait on ne peut plus mal, pour la BCE, au moment même ou elle renouvelait, sous prétexte de "pandémie", et à très grande échelle, le type de politique monétaire dite "non conventionnelle", mais devenue la norme depuis 2008 aux USA, et donc déjà bien établie, en Europe, depuis 2015, notamment, avec le Quantitative Easing version BCE...

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/04/5-mai-2020-retour-sur-une-tentative-avortee-de-contre-coup-detat-juridique-de-la-cour-constitutionnelle-de-karlsruhe-contre-la-bce/

 

En réalité c'est précisément à propos de ces QE, et de la partie imputée à charge de la Bundesbank (BC allemande...) par la BCE, qu'avaient réellement commencé les procédures politiquement significatives, et depuis 2015, donc, en, fait, avec déjà une première altercation juridique, en 2018, devant la Cour de Justice de l'UE. C'est donc bien sur cette "fraction allemande" des QE initiés en 2015 que porte l'arrêt du 5 Mai 2020 de la Cour Constitutionnelle allemande, siégeant à Karlsruhe.

Néanmoins, le principe en étant le même que celui de la politique monétaire entreprise par la BCE depuis Mars 2020 sur fond de "pandémie", l'enjeu des suites éventuelles de cet arrêt prenait une importance particulière, et même potentiellement décisive, en regard du rapport de force entre le capital productif allemand et l'ingénierie monétaire et financière de la BCE, sur le point de consacrer définitivement son pouvoir économique et politique, en substitution, aussi radicale que discrète, de tous les autres, y compris financiers, dans la zone euro, et en harmonie avec celui, parallèle et similaire, de la FED, pour la zone dollar...

Dès le 5 Mai et pour quelque jours encore, le chœur des souverainistes de tous poils, de l'"extrême-droite" à la supposée "extrême-gauche" sociale-chauvine thorezienne, a donc battu la chamade en proclamant la fin prochaine de la zone euro, même si ce chœur s'est vu quelque peu "étouffé" par l'ambiance "pandémique" générale et surtout celui des concerts de louanges au personnel soignant en ordre de bataille permanente...

Mais dès le 7 Mai déjà, par un simple propos au cours d'une "table ronde" Bloomberg, Christine Lagarde "recadrait" brutalement les juges de Karlsruhe en se référant au droit imposé par la la Cour de Justice de l'UE, dont elle s'arrogeait ainsi la primauté, en tant que directrice de la BCE...

"Cour de Justice" de l'UE qui s’exécute, dès le lendemain...

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/la-cour-de-justice-de-l-ue-se-dit-seule-competente-sur-l-action-de-la-bce-20200508

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/bce-christine-lagarde-replique-aux-juges-allemands-et-reaffirme-son-independance-1201418

« Au cours d'une table-ronde organisée par l'agence Bloomberg, la présidente de la BCE a voulu signifier qu'elle a l'intention de maintenir les rachats massifs de dettes des Etats et des entreprises en zone euro. A coups de centaines de milliards d'euros, l'instance veut ainsi donner de l'air à une économie entrée dans une récession d'ampleur historique du fait de l'impact de la pandémie de Covid-19.

Pour Lagarde, la BCE n'a pas de comptes à rendre

Christine Lagarde a également répondu à la Cour constitutionnelle allemande en signifiant que, sur le fond, la BCE n'avait pas de comptes à rendre à une juridiction nationale de ce type. La banque centrale est « une institution européenne, responsable devant le Parlement européen et sous la juridiction de la Cour de justice de l'UE », a-t-elle lancé en forme de mise au point. »

Mais faire réellement revenir l'affaire devant la CJUE eut donc déjà été reconnaître que le droit constitutionnel allemand avait son mot à dire, et il n'en n'était nullement question, du point de vue de la BCE.

La tendance largement majoritaire de la bourgeoisie et de la classe politique allemande étant de toute façon depuis longtemps orientée vers la capitulation, Merkel en tête, il suffisait donc à la BCE d'attendre le vote du Bundestag, le parlement allemand, qui, à peine deux mois plus tard, le 2 Juillet, enterrait donc la hache de guerre constitutionnelle de Karlsruhe!

Alors que le vote était donc acquis d'avance, le très officiel média « Comprendre l'Europe - Le site de référence sur les questions européennes » en faisait déjà la "revue de presse", rappelant néanmoins avoir senti passer le vent du boulet, même si loin de son but...

 

« Arrêt de Karlsruhe : les députés allemands soutiennent la Banque centrale européenne

« Les députés allemands s'apprêtent à soutenir, ce jeudi 2 juillet en fin d'après-midi, la politique de la Banque centrale européenne lors de la crise de la zone euro. Plus exactement, le Bundestag doit se prononcer sur une motion approuvant le plan de rachat massif d'obligations lancé par l'institution monétaire en 2015. Un programme très interventionniste, réitéré en 2020 pour faire face à l'impact économique de la pandémie de Covid-19.

Le vote des députés fait suite à une décision controversée de la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe. Dans un arrêt rendu le 5 mai dernier, celle-ci a sommé la BCE de prouver sous un délai de trois mois que sa réponse à la crise économique était proportionnée. Faute de quoi elle demandait au gouvernement et au Parlement allemands d'en retirer la Banque centrale allemande, principal acteur de ces programmes.

"Un scénario catastrophe pour la zone euro car sans l'appui de sa principale économie ces interventions seraient privées de leur efficacité", conclut Ouest-France. Dans le même arrêt, la Cour constitutionnelle avait également "obligé le Bundestag à assumer (...) sa responsabilité en matière d'intégration [européenne]" en 'observant en permanence' les activités de politique monétaire de la BCE", rappelle le quotidien allemand die Welt.

Sursis temporaire

Le sursis dont bénéficie la BCE pourrait ainsi "n'être que temporaire", les opposants au programme de l'institution monétaire ayant averti "qu'ils pourraient intenter une nouvelle action en justice" [France24]. Plusieurs membres de l'opposition, dont Uwe Kamann, ancien député de l'AfD aujourd'hui indépendant, a ainsi annoncé son intention de "faire appel devant la Cour constitutionnelle fédérale", indique die Welt.

L'ancien chef de parti de la CSU, et l'un des requérants dans le jugement de la Cour constitutionnelle, Peter Gauweiler, a lui aussi averti qu'il pourrait lancer une nouvelle action en justice, si les documents fournis par la BCE ne le satisfont pas. Dans ce cas, il demanderait à ce que le jugement initial soit exécuté, ce qui interdirait à la Bundesbank de continuer à y participer, a-t-il prévenu dans le Süddeutche Zeitung [France24]. »

https://www.touteleurope.eu/revue-de-presse/revue-de-presse-arret-de-karlsruhe-les-deputes-allemands-soutiennent-la-banque-centrale-europeen.html

Voir également:

https://www.agefi.fr/regulation/actualites/quotidien/20200703/l-allemagne-eteint-contentieux-bce-justice-301999

 

Inauguré en Novembre 2019, au moment même où, sans que la population ne puisse en prendre conscience, le monde était déjà en train de sombrer dans la crise, le "mandat présidentiel" de Christine Lagarde était donc bien parti, en réalité, pour être celui de la consécration du pouvoir absolu de la BCE, via le cycle de la dette, sur l'ensemble de la zone euro...

https://pbs.twimg.com/media/EJV16QRXkAI7toT?format=jpg&name=small

Christine Lagarde

@Lagarde

I was pleased to invite my new Governing Council colleagues to join me at an off-site retreat yesterday. We discussed in an open and informal setting the running of the Governing Council.

___https://twitter.com/lagarde/status/1194990928613781505

 

 

 

 

Bien entendu, dans l'établissement de ce nouvel ordre mondial, dont la BCE est le "cerveau" pour la zone européenne dite "zone euro", non seulement demeurent de nombreuses "ambigüités", mais elles sont nécessairement et volontairement cultivées.

Par une double parole constante, tout d'abord, comme on l'a déjà vu, et à plusieurs niveaux, en fonction des impératifs de "restructuration" de l'économie mondiale, et donc en fonction de la progression du processus, d'abord. Il est bien évident que la plupart des capitalistes, et de toutes "tailles" en matière de capital et d'emprise économique, sont devenus accros, par nécessité incontournable, aux divers déversements de liquidités de la BCE, que ce soit directement à la source, comme pour les banques d'affaires, ou plus indirectement, à travers le "filtre" des crédits "spéciaux" qui leurs sont accordés. Pourtant, une bonne partie d'entre eux n'entend pas se satisfaire éternellement de cette situation et s'imaginent "revoler" (!) un jour de leur propres ailes de rapaces... De cela, les banco-centralistes tiennent habilement compte, pour ne pas se trouver à nouveau confrontés à des initiatives du type "Cour de Karlsruhe", qui avait, pour un temps, mobilisé d'assez larges et variés secteurs de l'opinion, en Allemagne, y compris avec l'appui de quelques "ténors" de la fraction politique "classique", si l'on peut dire, de la bourgeoisie allemande.

En France la double parole est illustrée, aujourd'hui même, 21 Janvier, par Moscovici, d'une part, qui nous annonce donc un endettement public supérieur à 100% pour les dix ans à venir, et voire plus au cas où..., et d'autre part par Olivier Dussopt, chargé de faire de la langue de bois "rassuriste" auprès des biznessmen de seconde catégorie, du genre qui "y croit" encore... Peu convaincant, en fait, comme en atteste sa figure déconfite, à l’issue de son interview par le très libéral mais très talentueux journaliste de Boursorama...

 

____https://youtu.be/Lgacyl8nhsM

Un grand moment d'humour involontaire... Moins drôle pour ses victimes!

 

Ce que montre l'exemple pathétique d'Olivier Dussopt, possiblement sincère dans son rôle de clown pitoyable, c'est l'aspect inévitablement et profondément  manipulatoire du processus de mutation banco-centraliste, dit couramment "Great Reset" en langage médiatique "classique".

Même si le processus banco-centraliste a déjà connu deux véritables "bonds qualitatifs" décisifs pour son établissement comme nouveau système de domination de classe, avec la crise de 2008 et celle de 2020, c'est néanmoins un processus qui se conçoit, du point de vue de ses promoteurs, comme une "transition" qui nécessite plusieurs décennies de restructurations infrastructurelles et superstructurelles et de mise en œuvre sur le terrain. De sorte que laisser entrevoir la possibilité d'un "retour à la normale", c'est à dire au capitalisme "classique" et donc hypothétiquement encore capable de "développement économique", de "gains de productivité", etc..., c'est pour les banco-centralistes une nécessité tactique absolue, afin de pouvoir continuer à manipuler, et le plus souvent, en les divisant et en les opposant les unes aux autres, les forces sociales anciennes encore survivantes.

Parmi ces forces sociales se trouve désormais l'ensemble de la "gauche" politique et syndicale, et y compris la presque totalité de la supposée "extrême-gauche anticapitaliste" qui contribue donc, de par sa fonction même, et donc, évidemment, par ses propos constants, à accréditer ce mythe du "retour à la normale", même si c'est, prétendument, pour "combattre le capitalisme"!!!

Il est donc particulièrement caractéristique, au cours des récents débats, que même les éléments apparemment les plus "avancés" en termes de conscience politique, et de plus, souvent dotés d'une réelle culture politique appuyée sur un long passé militant, en viennent donc à chercher tous les arguments possibles et imaginables pour accréditer la thèse d'un prochain "rebond" du capitalisme "classique", même si c'est donc celui qui doit leur permettre d'en venir enfin à bout... Ou, plus comique encore comme "prospective", qui devra "s'effondrer" tout seul pour laisser "spontanément" la place au communisme...

Parmi les pirouettes "théoriques" tentées au cours des récents débats, celles du camarade Gérard Bad sont particulièrement remarquables du fait des longs débats que nous avons eu avec lui et qui font donc qu'il ne peut réellement ignorer les bases sociales et économiques du banco-centralisme. Les contorsions de sa démarche pour les contourner sont donc particulièrement caractéristiques du déni que cultive la "gauche" pour survivre et tenter de conserver sa fonction politicienne dans le système de domination de classe en pleine mutation.

Une étude de sa dernière publication peut donc permettre d'en analyser les méandres et, tant qu'à faire, avancer encore dans l'analyse des processus banco-centralistes, ce qu'a déjà permis, du reste, l'avancée du débat avec ce camarade, "à l'insu de son plein gré" selon la célèbre formule du coureur cycliste...

 

« Le capital fictif se développe vers l'impasse de la dette perpétuelle »

G.BAD-Le capital fictif se développe vers l'impasse de la dette perpétuelle-PDF

 

Le titre, par lui-même, peu clair, semble contenir sa propre contradiction: une dette perpétuelle qui permet un développement du capital fictif ne pouvant être, par définition, une impasse, qui impliquerait, quant à elle, un point d'arrêt du processus!

On passera, également sur nombre de formules plus qu'approximatives qu'utilise ce camarade pour tenter de faire "coller" entre eux les fragments contradictoires de son propos, et on en viendra directement au fond, ou du moins, ce qui semble être l'objectif essentiel de son propos. Il commence donc par nous exposer un résumé succinct de la "Théorie Monétaire Moderne", supposément dans la version de Stéphanie Kelton, telle qu'elle est effectivement promue par la "gauche" US... On n'épiloguera pas, ici, sur l'historique complexe de cette "théorie", mais le fait est qu'elle a certainement été une des sources d'inspiration idéologique du banco-centralisme, mais pas la seule, ni même, la principale. On reviendra, plus loin, sur ce point... Le premier point en discussion "sérieuse" dans son propos étant le fait de savoir si la dette mondiale est "remboursable" ou non... Il ne nie pas, évidemment, l'importance quantitative de la dette, et nous gratifie même d'un encart spécial à ce sujet...

 

encart

 

Il nous parle néanmoins d'une sorte de touchante harmonie entre les propos du chantre attitré du banco-centralisme qu'est Patrick Artus (« Oui, la dette explose mais elle n'aura pas à être remboursée ! »)

Oui, la dette explose mais elle n'aura pas à être remboursée !

 

et cette désopilante « PROPOSITION DE RÉSOLUTION déclarant la nécessité du rachat de la dette publique par la Banque centrale européenne et de sa transformation en dette perpétuelle, présentée par Mesdames et Messieurs Jean Luc MÉLENCHON, Clémentine AUTAIN, Ugo BERNALICIS, Éric COQUEREL, Alexis CORBIÈRE, Caroline FIAT, Bastien LACHAUD, Michel LARIVE, Danièle OBONO, Mathilde PANOT, Loïc PRUD’HOMME, Adrien QUATENNENS, Jean Hugues RATENON, Muriel RESSIGUIER, Sabine RUBIN, François RUFFIN, Bénédicte TAURINE, député.e.s. »

...qui consiste donc, ni plus ni moins, à proposer de faire ...ce qui se fait déjà!

Mais le camarade Gérard Bad, gravement perturbé dans ses croyances gauchistes spontanéistes par le fait que la dette puisse ne pas être remboursée, tente donc quelques arguments à ce propos... Le premier, et supposément décisif, il le trouve chez Agnès Bénassy-Quéré, chef économiste de la Direction Générale du Trésor:

« Mais au fait, faudra-t-il rembourser la dette ? La réponse juridique et financière est oui : une dette est un contrat qui doit être honoré. L’Etat ayant la capacité de lever l’impôt, les marchés financiers lui font en général confiance pour honorer ses engagements. En retour, l’État s’appuie sur les marchés pour rembourser ses anciennes dettes en émettant de nouvelles dettes. »

Autrement dit, et on ne peut plus clairement, rembourser la dette par une autre dette, ce qui s'appelle précisément, selon MM. Artus et Mélenchon: "la dette perpétuelle"!!!

On ne sait donc trop si le camarade Gérard Bad a réellement lu la citation, au demeurant plus longue, dans son texte, ou bien s'il l'a voulu ainsi pour tenter de "noyer le poisson", toujours est-il que l'argument, pour le moins, se retourne carrément et d'entrée de jeu, contre son propos!

Ensuite, arguant que l'Etat reste formellement "propriétaire" de la Banque de France, et ignorant, au passage, qu'elle est, statutairement, une division "locale" de la BCE au titre de l'Eurosystème, tente d'interpréter les jeux d'écritures entre les trois, BCE, BdF, Etat, concernant les intérêts de la dette, comme un moyen de "rembourser" l'Etat par un hypothétique "enrichissement sans cause" de sa manière... En réalité, aveuglé par son illusionnisme gauchiste, il n'a tout simplement pas pris la peine de faire le compte:

 

___Le montant global de la dette publique,

c'est 2 798 Milliards d'€, à l'horizon actuel de 2021!

>>> 2 798 000 000 €

 

Ce qu'elle va coûter à l'Etat en 2021:

___Engagements financiers de l’Etat

>>> Charge de la dette et trésorerie de l’Etat (crédits évaluatifs)[JO page 171]

>> 36 073 000 000 €

 

Ce qu'elle va lui "rapporter" en termes de dividendes "récupérés"

___2. Recettes non fiscales >>> 21. Dividendes et recettes assimilées[JO page 159 ]

>> 4 788 421 455 €

 

Soit un reste à payer, seulement en intérêts, de:

>> 31 284 578 545 €

 

Sans même parler, donc, du principal,

et encore moins, d'"enrichissement sans cause"!!!

 

...Et donc, dommage, pour le camarade Bad, qui non seulement rame pour sauver le capitalisme "classique" contre l'évidence de la dette, mais voulait, en prime "enrichir l'Etat à l'insu de son plein gré"!!!

Enfin, l'argument idéal pour faire pleurer dans les chaumières gauchisantes, le réellement triste sort de la Sécurité Sociale, inévitablement gravement impactée par l'aspect sanitaire néanmoins bien réel de la crise du covid, surtout de la façon dont elle est actuellement "traitée"...! Le célèbre "trou de la sécu" qui semblait effectivement sur le point d'être "rebouché", n'eusse été ce nouveau problème, se voit donc retrouver une bien sinistre profondeur. Après diverses "évaluations", voici donc la dernière version "officielle", celle qui rentre actuellement dans le projet de de loi de finance de la sécu pour 2021:

"La crise sanitaire se poursuit, et entraîne avec elle l'aggravation du déficit de la Sécurité sociale. Pour l’année 2021, ce dernier est réévalué à 37,5 milliards d’euros, soit « 7,8 milliards de plus par rapport aux dernières prévisions », a annoncé Olivier Dussopt en début de semaine lors de l’ouverture à l’Assemblée nationale de la seconde lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021.

"...Pour mémoire, le déficit de la Sécurité sociale prévu pour l’année 2020 affiche 49 milliards d’euros, un niveau record. Il ne devrait pas être réévalué.

https://www.previssima.fr/actualite/le-deficit-de-la-securite-sociale-pour-2021-devrait-atteindre-357-milliards-deuros.html

 

"Pour mémoire", c'est donc vite dit, vu que ce chiffre est lui aussi une "réévaluation" du même Dussopt, il n'y a pas si longtemps...

« Nous avons déposé avec Olivier Véran (le ministre de la Santé, ndlr) un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) revoyant le déficit de la Sécu pour 2020 à -49 millions d'euros pour tirer les conséquences de l'impact de la seconde vague de Covid-19 », a tweeté le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt.

https://www.leparisien.fr/economie/covid-19-le-trou-de-la-secu-devrait-atteindre-49-milliards-d-euros-en-2020-09-11-2020-8407425.php

 

Ce même Dussopt, donc, très officiellement chargé de proclamer, ces jours derniers la "fin du Quoi qu'il en coûte"!!! Ce qui fait donc un déficit supplémentaire de 49 + 37,5 = 86,5 Milliards sur les comptes publics. Un déficit que le camarade Gérard Bad voudrait donc, là aussi, dans sa "logique" gauchisante très personnelle, transformer en Poule aux Oeufs d'Or pour "rembourser la dette"!!! Il n'hésite pas à nous parler de "137 milliards de dette tombant du ciel mis sur le dos de la sécu" , renvoyant le lecteur à son précédent article sur le sujet, où il ne sont que 136, du reste, mais bon... Ne chipotons pas et voyons la suite. Dans cet autre article il nous parle donc...

d'« Un débat express pour des enjeux colossaux à commencer par l'ajout de 136 milliards d'euros de dettes au «trou de la Sécu», que les Français rembourseront ainsi jusqu'en 2033, soit neuf années de plus que prévu.

Le tour est joué une nouvelle fois, la sécu qui était enfin arrivée à combler son trou justifiant l' abandon de la CRDS et la fermeture de la CADES se retrouve avec une dette colossale de 136 milliards. Cette dette englobe les déficits passés (31 milliards), mais aussi ceux attendus pour l'année en cours (52 milliards) et les trois suivantes (40 milliards), ainsi qu'un tiers du passif des hôpitaux (13 milliards). 13 milliards d’euros pour la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux, annoncée fin 2019 dans le cadre du plan d'urgence pour l'hôpital . Mais encore 92 milliards d'euros au titre des déficits sociaux prévisionnels 2020-2023 liés à la crise actuelle et des futurs investissements dans les établissements publics de santé qui ont été décidées dans le cadre du Ségur de la santé. »

http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2020/10/23/38605751.html

 

...Ce qui ferait donc un total de 228 Milliards d'€, et non pas 136 (ou 137!)... Histoire d'impressionner le lecteur il a donc simplement rajouté le total des déficits estimés à l'époque, 92 Milliards, déjà cités séparément, en fait, (52+40!) dans les articles sources, qu'il a du "lire" avec des lunettes "gauchissantes"...! De plus, comme on vient de le voir avec le "réajustement" Dussopt-Véran, avec 37,5 Milliards pour le seul déficit 2021, les 40 initialement prévus pour les trois années 21-22-23 seront plus que probablement largement dépassés, sauf "miracle" (...ou "recette miracle", façon G. Bad?).

Et donc, selon ce camarade la Poule aux œufs d'Or fait néanmoins 136 Milliards: "les 136 milliards de nouvelles dettes seront gérés par la CADES pour devenir un produit financier des plus rentable financé par la ponction de la CRDS"

Une phrase qui mets donc sur un même plan les ressources propres de la CADES, qui sont non seulement la CRDS, mais aussi une fraction de la CSG, et qui sont donc déjà un moyen de remboursement existant, et donc évidemment à déduire, in fine du montant total de la dette à financer par l'emprunt, et non pas à y ajouter. (Mais passer de l'addition, déjà compliquée pour lui, à la soustraction, on comprend que ce soit problématique pour ce camarade!) ( NDLR: ...en cas de gouvernement révolutionnaire, on ne reprendra évidemment pas Dussopt, mais la nomination du camarade Gérard Bad au poste de ministre des comptes publics est à éviter absolument!!!)

Pour le reste, donc, il s'agit effectivement d'une dette publique mise à l'encan des marchés, mais ni plus ni moins qu'une autre, et même, de par le fait, potentiellement "banco-centralisable"... Ce qui est même précisé sur la brochure citée en lien par le camarade, page 10 (...mais qu'il n'a sans doute pas lu non plus...):

« Les obligations émises par la CADES sont éligibles au programmes PSPP et PEPP de la BCE »

Ce qui se traduit déjà, en pratique, et pour une première "tranche" de 5 Milliards de dollars sur le marché US, par...

« Les banques centrales et institutions officielles ont souscrit 45% de l’emprunt,les banques 33%,les investisseurs institutionnels19% et d’autres investisseurs 3% »

https://www.cades.fr/pdf/communiques/fr/2021/CP_12janv2021_VF.pdf

Bien évidemment, il ne s'agit pas ici de la BCE, mais nul doute qu'en cas de "souci" avec cette émission, un "rachat" BCE soit donc toujours possible...

Bref, de la "puissante" analyse et démonstration du camarade concernant le "remboursement de la dette" il ne reste rien de concret, rien de crédible...

Pour autant, ses efforts  ne se sont pas limités au seul objectif du "remboursement de la dette"... Il tente, en cours de route, entre deux de ses tentatives sur le sujet de la dette, une sortie "théorique" sensée plus ou moins résumer le principe de développement économique du capital fictif.

Dans un premier temps il semble avancer le principe, à priori valable, selon lequel l'élévation de la composition organique du capital tend à transférer une part accrue du capital fixe vers le capital fictif, et donc à réduire relativement la quantité de plus-value réellement produite.

...Mais dans la même phrase il pose le principe que l'innovation technologique, selon lui, "vise l'extraction de plus-value relative", et à la suite, que cela résulterait d’une augmentation de la productivité…

Alors que le terme de « productivité », dans la conception bourgeoise de l’économie, ne se conçoit pas en termes de « plus-value relative », mais de rentabilité du capital, c'est-à-dire de productivité du capital, du travail, et/ou de l’ensemble des deux, dans le rapport entre investissement et chiffre d’affaire. Et en fin de compte, en termes de « compétitivité », c’est à dire de concurrence sur les marchés.

La « productivité » vue par le capitaliste n’a donc qu’un rapport très indirect avec la composition organique du capital et ne dit rien, à priori, sur la nature du capital accumulé, et donc il est faux de dire que le capital « vise l’extraction de plus-value relative », alors qu’il vise simplement l’extorsion de profit, de la composition et de la nature duquel il se moque complètement, selon la simple formule A-A’ !

 

Ensuite, il n’hésite pas à inclure la « robotique » dans la machinerie supposée permettre cette « augmentation de la productivité » qui « produit de la plus-value relative », alors qu’à l’évidence, et comme il le rappelle lui-même dans la phrase suivante : « la plus-value provient de l'exploitation du travail humain » !

 

Et alors encore, que, par définition, la productivité de la machinerie, robotique ou non, du reste, n’est que celle de la valeur d’usage du capital fixe et ne fait que la reproduire dans la valeur d’usage de la production, sans y apporter la moindre valeur ajoutée. C’est la valeur arbitrairement « ajoutée » par le capitaliste, comme marge bénéficiaire de sa production robotisée, qui est, par contre, et directement, une forme de capital fictif. Ce n’est que dans la mesure où l’investissement en capital fixe provient lui-même déjà du capital fictif, ce qui est souvent le cas, que l’on peut alors parler de cycle commun du capital fictif et du capital fixe. Dans le cas d’une machinerie robotisée, il ne produit donc évidemment aucune plus-value, ni absolue, ni relative !

Dans le stade « intermédiaire », où l’automatisation est déjà poussée mais sans avoir entièrement exclu le travail productif humain, il est bien clair, comme nous l’explique Marx, que l’augmentation de la plus-value relative, liée à l’augmentation de la productivité, tend en fait à dévaloriser le travail, et par là même, à réduire les possibilités de réalisation de la plus-value, par la réduction de circulation du capital variable. L’intérêt du capitaliste n’est donc pas dans cette dévalorisation, enfin de compte, comme l’ont montré les phases d’expansion du capitalisme, genre « trente glorieuses ». Autant que la compétitivité le permet, le capital cherche aussi à freiner cette dévalorisation par le cycle production-consommation, comme cycle de survie augmentée.

Enfin la « dévalorisation du capital », sans plus de précision du sens, n’en a précisément aucun...! Le cycle de productivité du capital fixe, même lorsqu’il ne produit pas de plus-value, conserve la valeur d’usage du capital fixe, pour autant qu’elle se reproduise dans la valeur d’usage de la production, c’est à dire pour autant que celle-ci conserve, également, une valeur d’usage sociale. Elle conserve ainsi, également, son pouvoir de domination sociale, et c’est bien pourquoi les Banques Centrales n’hésitent pas à financer largement le « chômage partiel », lors de la crise du covid, et notamment du confinement.

Comme nous l’explique très bien Patrick Artus, c’est une des formes de « monnaie hélicoptère » déjà en fonction, et qui sont nécessairement amenées à se développer, à mesure que le processus banco-centraliste se substitue au capitalisme « classique » et tend vers le monopole absolu de toutes valeurs d’usage, qui est sa forme aboutie, à terme.

 

« Par augmentation de la force productive du travail, nous entendrons ici, de manière générale, une modification dans le procès de travail qui fait que le temps de travail requis socialement pour la production d'une marchandise est raccourci, et donc qu'un plus petit quantum de travail acquiert la force de produire un plus grand quantum de valeur d'usage. » (Marx, Capital, I, 10)

 

La valeur de la production n’est pas seulement la valeur du travail vivant directement objectivé en elle, mais la valeur globale du travail objectivé par l’ensemble du processus productif. Cela inclus donc la valeur d’usage du capital fixe et la valeur d’usage des matières premières, même si elles sont déjà des formes de la valeur-travail déjà objectivées au cours des étapes antérieures du processus. Avec l’augmentation de la productivité, sous toutes ses formes, c’est toujours une part plus grande de la valeur d’usage du capital fixe qui s’incarne dans la valeur d’échange finale de la production.

 

De sorte que même si la masse du capital mis en mouvement augmente, la part du capital circulant en tant que capital variable productif décroit, et relativement et absolument, et avec elle, la possibilité de réalisation de la plus-value.

 

De sorte, également et surtout, que même si le prix des marchandises est abaissé du fait de la concurrence, il ne peut, en aucun cas, descendre en dessous de la valeur d’usage du capital fixe et des matières premières. Tandis que la quantité de travail vivant objectivée dans la valeur de la production ne fait que continuer à décroitre avec l’augmentation de la productivité.

 

De sorte que pour réaliser une quantité équivalente ou supérieure de plus-value le capital doit produire et vendre une quantité toujours plus importante de marchandise, et donc créer un nombre de besoins sociaux de plus en plus important et essayer de les rendre aussi réellement que possible indispensables à la survie sociale, ce que l’on peut qualifier, avec Guy Debord, de survie augmentée, même si avec quelques nuances dans la définition du terme. Une telle survie augmentée implique une masse monétaire en circulation toujours plus importante et correspondant toujours plus à la valeur d’usage du capital fixe et de moins en moins à la valeur d’échange du travail vivant productif.

 

Il y a donc une limite de rentabilité en dessous de laquelle le capital doit financer à la fois la production et la consommation et cesse donc de fonctionner comme capital, en réalité, et même, à l’évidence, pour rentrer dans un cycle d’endettement global qui est, typiquement, celui du banco-centralisme, et dans lequel nous sommes donc rentrés depuis 2008 au moins, déjà !

 

Avant d’en arriver au point de subventionner ouvertement et massivement la consommation, il tente néanmoins nécessairement de marchandiser une partie des activités de service, pour en extraire une plus-value absolue, ainsi que relative, nécessairement limitée et vite confrontée au même syndrome lié à l’automatisation et à la robotisation. Un cycle de service entièrement automatisé et robotisé est un cycle économique qui se déroule entièrement dans le cycle de production et de reproduction de la valeur d’usage du capital fixe. En tant que circuit de consommation, il absorbe donc une partie de la valeur-travail encore produite dans les autres secteurs. Il contribue donc à réduire la circulation du capital variable nécessaire à la réalisation de la plus-value et précipite la domination du cycle du capital fixe sur l’ensemble de la circulation du capital.

 

Mais en réalité il en va de même dans l’industrie, à partir du moment où une partie de la production est issue de secteurs de production et/ou de lignes entièrement automatisées et robotisées, et bien évidemment, d’usines complètement automatisées et robotisées. Ce qui produit donc le même effet en termes de réduction de la circulation du capital variable productif et de réduction de réalisation de la plus-value, et même à une bien plus grande échelle, bien que cela soit moins évident et moins apparent.

 

Avec la période d’expansion de l’impérialisme, une quantité suffisante de valeur provenant des colonies et néo-colonies a pu être transférée dans les métropoles impérialistes elles-mêmes pour alimenter le processus de la survie augmentée.

 

Avec l’internationalisation extensive des processus de production, dans la phase actuelle de mondialisation, un premier frein à ce processus est déjà apparu par le différentiel de coût de la main d’œuvre et de la composition organique plus faible du capital dans les économies « émergentes » qui ont permis provisoirement de retrouver des marges de plus-value.

 

Toutefois, par l’effet même de ces échanges internationaux, l’évolution de ces économies émergentes se fait plus rapidement qu’elle ne s’est faite dans les anciennes métropoles impérialistes et cela ne fait donc qu’un frein très provisoire au processus mondial de banco-centralisation.

 

Avec les processus d’automatisation et de robotisation il se crée donc différents flux parallèles de circulation du capital, qui sont des flux dotés chacun de caractéristiques propres, mais qui sont évidemment en interaction dialectique entre eux. La présente étude montre donc essentiellement comment le cycle du capital fixe a inexorablement tendance à s’autonomiser, par rapport au cycle classique capital variable + capital fixe, même s’il reste encore provisoirement en interaction dialectique avec lui, et donc à produire la dette systémique comme base économique et sociale du banco-centralisme, ce qui explique son émergence et sa domination nouvelle, irréversible, sauf Révolution !

 

Bien évidemment, ces flux ne sont pas comptabilisés séparément, du point de vue de l’économie bourgeoise. Ces flux se distinguent néanmoins, du point de vue de l’analyse de la valeur produite, par leur caractéristiques en termes de rapports entre valeur d’usage et valeur d’échange, et évidemment par leur relation avec la production de valeur-travail, par le mode d’objectivation du travail, direct ou non, et même par leur origine en temps que travail objectif et/ou travail subjectif. Et d’une manière générale et particulière par les relations dialectiques entre tous ces différents aspects, formes et modes de la valeur.

 

Comprendre tous ces aspects dans leurs manifestations concrètes est une nécessité pour comprendre le monde de notre temps, qui est bien différent de celui de l’époque de Marx. Pour bien comprendre la performance intellectuelle de Marx, avec ses qualités et ses défauts, il est nécessaire de bien réaliser le cadre dans lequel elle s’est effectuée. A l’époque des Grundrisse, et même à l’époque du Capital, premier Livre, la vapeur était encore la force motrice de l’ensemble de l’industrie, et l’électricité ne connaissait encore pratiquement, sauf pour le télégraphe, que des applications expérimentales. Ses applications courantes, tant pour l’éclairage que pour l’industrie, lui sont quasiment toutes postérieures. De même pour l’utilisation de moteurs thermiques à explosion et des moyens de transport qui en ont dérivé par la suite. Malgré ces conditions rudimentaires de l’industrie de l’époque de Marx, c’est de leur observation que sont nées les Grundrisse qui servent de base, aujourd’hui, aux économistes anglo-saxons pour comprendre l’impact de l’automatisation et de la robotisation sur l’évolution de l’industrie, et, d’une manière générale, sur l’ensemble de l’économie. Il est malheureusement certain que ces réflexions ont aussi inspiré les promoteurs actuels du banco-centralisme, dans le sens d’anticiper sur les restructurations qui leur permettent donc de continuer à contrôler l’appareil productif mondial à travers le cycle de la dette.

 

Il est donc particulièrement regrettable que ceux qui prétendent encore se réclamer de Marx ne soient pas capable de s’en emparer pour comprendre le monde actuel d’un point de vue prolétarien et concevoir une stratégie de lutte adaptée à la réalité de notre époque, au lieu de radoter des interprétations atrophiées et caricaturales, déjà obsolètes à la fin du siècle dernier.

 

Luniterre

 

L'étude en version PDF:

Covid-19 et crise économique: un lien de cause à effet, ...ou pas???!

 

 

POST COVID RESISTER

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01 avril 2021

Le lyssenkisme a-t-il à nouveau droit de cité dans la science française ?

 

 

Le lyssenkisme a-t-il à nouveau droit de cité dans la science française ?

 

C'est une question qui semble bien être réellement posée, depuis un an déjà, avec les polémiques à n'en plus finir sur l'origine du virus covid-19 et sur les moyens de le combattre !

 

Dans les années 50 et 60, au sein de l' « Intelligentsia de gauche » il trouvait encore de nombreux émules, adeptes et défenseurs, sous l'influence persistante du révisionnisme thorezien. Hélas, cette influence est loin d'avoir complètement disparu, et une fraction très active de la gauche française actuelle essaye encore de se trouver des justifications idéologiques dans la réhabilitation de cette aberration, notamment en tentant de la présenter comme une sorte de précurseur de l'épigénétique moderne...

 

Or, précisément au moment où éclate la crise du covid, début 2020, une polémique était en cours à ce sujet, initiée par le blog TML, désormais fermé, contre les tenants de cette « résurrection », en fait sur le point de réellement advenir, même si par le biais à priori inattendu du nouveau virus... !

 

En voici donc, en exclusivité sur En Avant Marx !, un extrait important :

 

 

LA PREUVE PAR YURI JDANOV 1

 

 

 

 

Le révisionnisme

de MM. Gastaud-Suing & Cie

démasqué par les sources

historiques soviétiques

et russes!

 

 

 

 

 

 

Défendre les réussites de la période socialiste de l’URSS (1922-1953), c’est évidemment essentiel comme élément de la renaissance du mouvement marxiste-léniniste en France, mais cela ne peut se faire, sauf à se tirer dès le départ une balle dans le pied, au prix de la justification des dérives révisionnistes qui ont précisément entraîné sa perte. Et au nombre de celles-ci, l’agrobiologie lyssenkiste!

Les ouvrages et les conférences de M. Guillaume Suing concernant les mérites écologiques de l’agrobiologie soviétique dissimulent à peine la motivation sous-jacente de redonner une validité aux thèses de la pseudo- « génétique prolétarienne » de Lyssenko, qui a pourtant été un des ferments idéologiques et politiques de la contre-révolution khroutchtchevienne.

A la base de cette aberration se trouve l’idée d’une prétendue « science prolétarienne » qui devrait s’opposer à la « science bourgeoise »… Alors qu’assez naturellement, deux et deux font toujours quatre, qu’on soit en bas où en haut de l’échelle sociale, même si les valeurs comptabilisées sont loin d’être les même. Même en cas de révolution les pommes ne remontent pas dans les pommiers, histoire de faire la pige à ce vieux réac de Newton…

Ce n’est pas la connaissance scientifique qui a un contenu de classe par elle-même, mais l’utilisation qu’on peut en faire…

Le marxisme-léninisme propose une approche matérialiste dialectique de la réalité en générale, et donc de l’interprétation philosophique dialectique des sciences et de leurs lois et découvertes, mais il ne prétend pas se substituer aux lois scientifiques qui régissent les éléments eux-mêmes, selon leurs natures propres. Il n’y a pas plus de « physique prolétarienne » que de « génétique prolétarienne », de « chimie prolétarienne », etc…

Une approche pseudo- « marxiste » qui préconise que le matérialisme dialectique doit permettre de définir toutes les lois qui régissent les éléments et constitue donc, en fait, une loi scientifique générale des éléments naturels, décrivant l’essence même de tout ce qui existe dans l’univers, c’est à dire une loi qui constitue le statut ontologique de toutes choses, c’est ce qui s’appelle une conception « ontologique » de la dialectique, telle qu’elle se trouve défendue principalement, actuellement en France, par le leader du micro-parti PRCF, M. Georges Gastaud. Ce n’est donc pas du tout un hasard s’il a préfacé le dernier ouvrage de M. Guillaume Suing, présenté lors d’un prétendu « café marxiste » organisé par le PRCF !

 

Notre réponse à ce pseudo- « café marxiste » ne visait donc pas spécialement le contenu de l’ouvrage présenté, ni la personne de M. Suing particulièrement, mais bien le fond idéologique révisionniste qui s’avance masqué derrière les beaux discours sur l’agrobiologie et l’écologie soviétique ainsi « revisitées ».

 

Notre critique constitue donc essentiellement une approche épistémologique des sujets abordés, incluant un rétablissement documenté des réalités historiques, et ne prétend aucunement donner des leçons de sciences, se bornant simplement à rappeler les évidences nécessaires au débat.

 

Au fil des divers éléments de débat qui ont suivi, la position de M. Guillaume Suing a reçu logiquement le renfort de tous ceux qui veulent comprendre le marxisme non pas comme une philosophie mais bien comme une « science » en soi, et qui devrait non seulement dominer toutes les autres, mais carrément les remplacer, en fin de compte. Illustrant ce concept, voici l’essentiel d’un mail en réponse reçu d’un certain « Ollaf »… :

« En différenciant comme tu le fais le matérialisme dialectique de la science, tu montres que tu n’as finalement rien compris au mat[érialisme] dial[ectique] et histo[rique] (complété par nous -NDLR). Le Mat dial n’est pas une « philosophie » (une sorte dis-tu d’ »épistémologie ») il est comme le démontre Engels (dans Anti-during et autres), puis après lui Lénine (dans Mat[érialisme] et empiriocriticisme) et puis Mao (dans De la contradiction) la démarche indispensable du scientifique s’il veut (et peut, car il peut être limité dans sa compréhension du monde par l’idéologie dominante métaphysique) comprendre le mouvement, les contradictions internes de tous phénomènes. Donc il ne se « substitue pas aux sciences », comme tu dis, il est au cœur de toute science.  (Souligné par nous-NDLR) Reste ensuite les interprétations que peuvent faire de toutes sciences les philosophes.

Beaucoup de soit-disant sciences n’en sont pas par manque, justement, de la compréhension fondamentale que tout phénomène est mouvement mu par des contradictions.   (Souligné par nous-NDLR)  Mais je me souviens que tu prétendais que Mao n’était pas marxiste car il mettait la contradiction comme étant le principe essentiel de la dialectique. Mao avait tout a fait raison, après Engels et Lénine. »


Étymologiquement, la dialectique est l’art de l’analyse exhaustive par l’examen de tous les aspects contradictoires d’un problème ou phénomène… Lénine n’a donc rien inventé en rappelant cette évidence dans ses notes de lectures sur Hegel…

Que la contradiction soit l’essence de la méthodologie dialectique n’en fait pas pour autant l’essence de tout phénomène et Lénine, en rappelant le rôle essentiel évident de la contradiction n’a jamais opéré une telle confusion, qui ressort déjà, à la base, du révisionnisme.

Autrement dit, l’étude des aspects à la fois contradictoires et complémentaires des phénomènes naturels est évidemment aussi bien un aspect essentiel de la science que de la dialectique, mais reste largement insuffisante pour en définir l’essence, le statut ontologique selon le domaine scientifique dans lequel ils sont étudiés.

Chacun de ces domaines définit ses propres lois résultant de son propre domaine d’expérimentation et d’observation, et chacun de ces ensembles de lois constitue le statut ontologique de chacun de ces domaines.

En un sens, ce sont donc les lois de la physique des particules, désormais indissolublement liées à la physique quantique, qui englobent le plus largement l’ensemble des autres domaines. Néanmoins, à chaque niveau constitutif du réel correspond un ensemble de connexions nomologiques fonctionnant selon des lois qui lui sont propres et qui fondent un domaine de la science. Les lois de la biologie ne se résument ni à celles de la physique, ni à celles de la méthodologie dialectique.

 

Et contrairement à ce qu’avance « Ollaf », Mao Zedong ne se contentait pas de répéter après Lénine que la contradiction est l’essentiel de la dialectique, mais affirmait bien singulièrement que l’essence même de tout phénomène se résume à une « contradiction interne », faisant par là directement de cette « contradiction interne » le statut ontologique de toute chose, et proclamant donc ainsi une revendication « ontologique » pour sa prétendue dialectique, même si, à la manière de M. Jourdain, sans pouvoir mettre un nom dessus !

A noter au passage que renoncer au statut ontologique de la « contradiction interne », ce serait donc, éventuellement, pour le maoïsme, renoncer à tout statut ontologique pour quelque phénomène que ce soit, et donc revendiquer haut et fort sa nature réelle intrinsèquement métaphysique !

A noter encore, à ce propos, la duplicité du « marxisme » universitaire français, essentiellement « althusserien », en fait : en effet, non seulement Louis Althusser faisait grand cas de la rhétorique du « De la Contradiction » de Mao, mais prétendait bien outrepasser largement le domaine philosophique du marxisme pour en faire une « science marxiste » et donc lui donner, en dépit de ses proclamations théoriques, un statut ontologique en tant que domaine scientifique chapeautant ipso facto, même si indirectement, tous les autres…

Le paradoxe apparent, mais réelle duplicité, en fait, vient de ce qu’Althusser prétendait à une « coupure épistémologique » dans l’œuvre de Marx, puis à une suite de « coupures épistémologiques » d’avec l’« idéologie », dont son « marxisme » devrait prétendument se séparer… Une suite de coupures opérée finalement au prix de charcutages multiples où Althusser décidait ex-cathedra ce qui était « marxiste » chez Marx, et ce qui ne l’était pas, selon lui…

Au compte de ces « coupures », et en dépit de sa Maolâtrie frénétique, Althusser, effectivement pas à une contradiction près, finit par rejeter carrément la dialectique ! (1)

En somme, si Althusser a effectivement semblé formellement rompre avec le lyssenkisme, c’était essentiellement pour imposer son propre substitut, en réalité profondément « ontologique » en dépit de sa prétention à « coupure épistémologique »… Substitut du marxisme toujours largement répandu, sinon dominant, dans le « marxisme » universitaire français… Qui s’est en fait en grande partie mué en « althusserisme », en dépit de la fin tragiquement révélatrice du « Maître »… (2)

D’une manière générale on comprend bien ainsi qu’en dépit de ses querelles de chapelles le « marxisme » français est resté profondément imprégné de sa période thorezienne, qui a suivi fidèlement le lyssenkisme, jusque dans sa phase khrouchtchevienne terminale, après avoir introduit et officiellement diffusé, en France, à partir de 1954, la rhétorique « philosophique » de Mao Zedong par le biais d’un ouvrage de « principes fondamentaux de philosophie » attribué, qui plus est, de manière complètement apocryphe au malheureux Georges Politzer, qui n’en pouvait mais, ayant été fusillé par les nazis en 1942 ! (3)

 

Dans ce contexte il n’est donc pas réellement surprenant que surgisse, prétendument sur la « gauche » du PCF en déroute, un courant néo-thorezien revendiquant expressément un statut « ontologique » pour la dialectique et supportant donc assez logiquement les tentatives de M. Guillaume Suing de revalider l’agrobiologie lyssenkiste, démarche reposant tout aussi expressément sur une revalidation de la théorie lyssenkiste néo-lamarckienne de l’ « hérédité des caractères acquis » !

 

On le voit bien à ce propos, aujourd’hui comme hier, la question fondamentale de la validité du marxisme-léninisme est donc celle du rapport entre le matérialisme dialectique et la science.

Le matérialisme dialectique est une philosophie, une manière de chercher à comprendre le mouvement du réel, une manière d’y situer le rôle de la conscience humaine, et donc il s’appuie nécessairement sur l’ensemble des connaissances scientifiques humaines.

En ce sens il est donc nécessairement une forme d’épistémologie. En tant que méthode de réflexion épistémologique il peut certainement contribuer à la progression des connaissances et des pratiques, et singulièrement, dans le domaine des sciences humaines, dont l’économie est l’exemple le plus fameux, mais peut-il et doit-il pour autant se substituer aux sciences elles-mêmes et notamment leur imposer sa propre méthodologie, cela reste donc une question qui n’est manifestement pas encore franchement éclaircie pour tout le monde, c’est le moins qu’on puisse dire !

 

M. Suing ose prétendre qu’il ne mélange pas science et politique… Il s’acharne néanmoins à tenter de nous démontrer que la méthodologie suivie sous l’influence de Lyssenko aurait été « socialiste » et nous dit-il, prétendument abandonnée par le khrouchtchevisme… Et cela ne serait donc pas de l’ordre du politique ???

La science, en réalité et à l’évidence, est un mouvement de la conscience humaine pour décrypter son environnement, mais elle ne se contente donc pas d’une simple méditation contemplative et purement métaphysique. Elle part au contraire de l’expérimentation, de l’interaction de l’humain avec son milieu, et elle n’existe pas, même à titre de simple observation, du reste, sans cette interaction. Un constat qui a pris une ampleur particulière, ces dernières décennies, avec l’émergence de la physique quantique.

D’une manière ou d’une autre, la science s’inscrit donc dans l’interaction générale de l’humanité avec son milieu, et elle a donc une signification économique, et donc aussi politique, par voie de conséquence.

Par l’ampleur des moyens qu’elle met en œuvre, aussi bien que par ses conséquences technologiques souvent très immédiates, les choix d’orientation de la recherche ont une incidence, et désormais de plus en plus rapide, sur la vie économique, sociale et politique.

 

Ce n’est donc pas un prétendu « apolitisme » de la science qui peut distinguer la démarche matérialiste dialectique de la démarche métaphysique…

C’est donc même précisément dans le mouvement de la conscience que se trouve la différence… La science avance avec la masse des connaissances et des expérimentations qu’elle a déjà accumulées, mais aussi avec la masse des idées et concepts qu’elle a élaboré ou contribué à élaborer sur cette base, et cela comprend nécessairement une partie de préjugés culturels et même idéologiques.

Mais dans la démarche scientifique, il est clair que le mouvement de la connaissance se fait essentiellement du réel vers la conscience, et non l’inverse.

Le matérialiste dialectique est celui qui va au devant du réel sans attendre que celui-ci réponde nécessairement aux idées et préjugés éventuels qu’il a élaboré sur la base de ses connaissances et expérimentations précédentes.

Le matérialisme dialectique, reposant nécessairement, comme on l’a vu, sur une approche épistémologique la plus large possible des connaissances scientifiques, ne saurait continuer d’être valide, ni même tout simplement d’avoir le moindre sens sans être complètement ouvert au mouvement du réel vers la conscience, et cela implique donc une évolution constante en fonction de ce mouvement.

Parler des lois de la dialectique, c’est parler de la méthodologie d’approche du mouvement du réel dans son ensemble, et cela ne saurait donc être figé. Le matérialisme dialectique repose sur une approche épistémologique d’ensemble et sur une méthodologie dialectique de cette approche épistémologique. Cette méthodologie ne peut donc elle-même être figée. Elle ne peut qu’évoluer en fonction du mouvement du réel vers la conscience ou dépérir et devenir un dogme caduque, et même réactionnaire dans ses conséquences…

 

C’est bien là toute l’histoire du lyssenkisme, et non seulement celle du lyssenkisme, mais aussi celle de la plupart des idéologies qui continuent à ce réclamer formellement du marxisme, et même du marxisme-léninisme.

Prétendre que le mouvement du réel devrait répondre aux lois d’une méthodologie rigide élaborée à un certain stade des connaissances humaines, c’est, par définition, refuser de laisser rentrer le mouvement du réel dans la conscience humaine, et en fin de compte, refuser le mouvement du réel lui-même.

Le mouvement du réel est représenté dans la conscience humaine par l’ensemble des lois scientifiques propres à chaque domaine de recherche et d’expérimentation. Le matérialisme dialectique représente donc une approche synthétique de l’ensemble de ces connaissances et non pas une somme exhaustive et détaillée, désormais inaccessible dans sa totalité, et cela déjà depuis longtemps.

La méthodologie générale du matérialiste dialectique ne saurait donc se substituer aux lois scientifiques précises propres à chaque domaine de recherche et d’expérimentation. Elle ne saurait donc prétendre que le réel et la matière étudiés sous leurs différents aspects par chacun des domaines scientifiques doivent répondre précisément aux lois de cette méthodologie. La méthodologie du matérialisme dialectique reste nécessairement une méthodologie épistémologique, et c’est aussi en cela qu’elle reste une méthodologie scientifique et non pas une méthodologie dogmatique et en fin de compte idéaliste et métaphysique.

C’est le mouvement général de la nature qui peut être appréhendé de manière dialectique, et non chacun de ces aspects particuliers, répondant à des lois scientifiques qui lui sont propres.

Dans certains domaines, et notamment dans les sciences humaines, on comprend bien que la confusion reste possible, et que la distance peut être parfois réduite entre les lois de la dialectique et celles qui sont propres à tel ou tel domaine scientifique, mais cela ne doit pas pour autant nous mener au dogmatisme.

La confusion est d’autant plus facile et tentante lorsque cette distance est parfois presque inexistante, dans le domaine des sciences humaine, et dans celui de l’économie, singulièrement.

 

Le dogmatique est celui qui abolit totalement cette distance et en arrive à généraliser ce manque de distanciation au point de l’annuler, également, dans son approche des autres domaines.

Avec des mots et des formulations différentes, c’est ce qu’ont fait les lyssenkistes, hier, et ce que font, aujourd’hui, les partisans d’une prétendue « ontologie » de la dialectique. En sciences, l’ontologie n’est définie que par les lois qui sont spécifiques à chaque domaine d’investigation, et non par les lois générales de la dialectique, qui restent celles d’une méthodologie épistémologique, sauf à devenir non seulement caduques mais carrément dogmatiques et réactionnaires.

Bien évidemment, l’emploi de méthodes dialectiques de recherches n’est pas forcément limité aux sciences humaines, et peut très bien et très utilement se pratiquer en biologie, par exemple, comme l’ont prouvé notamment Stephen Jay Gould et Richard C. Lewontin, mais le risque est alors grand de confondre la méthode avec l’objet d’étude lui-même. C’est bien ce glissement que Yuri Jdanov tentait déjà de dénoncer, dès 1948, face à Lyssenko :

 

« В двадцатые – тридцатые годы борьба вокруг проблем биологии нарастала. Как всякая борьба, она не обходилась без увлечений и крайностей. Но на каком-то этапе был допущен срыв, приведший к тяжким последствиям.

Вспомним Ленина. Он в своей работе « Материализм и эмпириокритицизм » отстаивает идеи партийности философии, вскрывает методологические и гносеологические истоки метафизики, субъективного идеализма во взглядах многих физиков, математиков, физиологов своего времени. Но он никогда не вторгается в сферу компетентности той или иной науки, никогда не подвергает сомнению установленные наукой данные и закономерности (понимая их исторически обусловленный и относительный характер). Ленин критикует Маха как философа, но не как специалиста в области механики. Ленин говорит о возможности неверного истолкования теории относительности Эйнштейна, но не об ошибочности этой теории.

К сожалению, этот важный принцип был во многом утрачен в полемиках вокруг естествознания, диалектики природы, марксизма в науке. Это совершилось и в биологии. Реальные, конкретные, воспроизводимые результаты генетических исследований были объявлены как бы несуществующими, критика сформировала из науки для себя объект – лженауку.

Это смещение понятий далее трансформировалось в представление о наличии социалистических наук и буржуазных лженаук. Принцип партийности, имевший вполне определенное исторически обусловленное место в истории мысли, был незаконно перенесен в неадекватную для себя сферу.

Еще Бутлеров, столкнувшись с нарастающим национализмом некоторых современных ему немецких ученых, ворчал по поводу того, что скоро в химии придется говорить не о законах науки, а о законах немецкой науки. Перенесенное на классовую почву, это ограниченное представление породило мнение о возможности существования буржуазной биологии, о партийности биологии или, как говорил И.Презент, о партийно непримиримой борьбе в биологии.

Конечно, нелегко разорвать цепочку и вовремя остановиться, когда история предлагает кошмарную логическую цепь: менделизм – расизм – Освенцим или: теория относительности – эквивалентность энергии и массы – Хиросима. Природа не виновата в том, что, открывая ее закономерности, люди используют их против себя.

Истоком трагедии здесь становятся не открытые наукой законы природы, а социальные структуры.

Борьба в науке неизбежна, она не может уйти от столкновения позиций, точек зрения, концепций, гипотез. Эта борьба должна вестись лишь на принципиальной основе. « Ибо одно из худших свойств – это именно филистерство, стремление уговорить противника вместо борьбы против него », – отмечал Энгельс3.

Но продуктивной может быть лишь борьба на базе самой науки, на ее основе, внутри ее сферы фактов, теорий и представлений. Как только эта основа теряется, принципиальная борьба превращается в свою противоположность: наклеивание ярлыков, оскорбление личности, крики, взвизгивания, поношения и гонения.

Начав работу в секторе науки, я в первую очередь столкнулся с обстановкой в области биологии. »

 

[…] « В итоге за несколько месяцев у меня сложилась картина состояния дел в сфере биологии и 10 апреля 1948 г. я выступил на семинаре лекторов обкомов и горкомов ВКП(б) в зале Политехнического музея с лекцией на тему « Спорные вопросы современного дарвинизма ».

К интригам я и тогда не очень был приспособлен, да и сейчас плохо в них плаваю, и не знал, что, пока я читал лекцию, за спиной в подсобном помещении музея меня слушали и записывали Т.Д.Лысенко и М.Б.Митин. Об их последующих действиях известно из других источников; тогда я о них ничего не знал. Лишь в мае почувствовал недоброе, когда из секретариата Г.М.Маленкова срочно затребовали стенограмму моей лекции. » (Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ )

 

En réalité la critique originelle de Yuri n’était pas non plus exempte de tentatives de conciliations et de réunification des divers courants de la biologie soviétique, ce qui n’était pas forcément approprié, ni sur le fond, ni tactiquement, comme il l’a exprimé ensuite, avec le recul du temps :

 

[…]« Наконец однажды Шепилов, пригласив меня, дал совет: « Надо определить свое отношение к тому, что произошло на заседании ПБ ». Вот тогда и родилось мое письмо Сталину.

Оно было рождено не только естественной силой авторитета вождя: если он говорит об ошибке, значит, видимо, она имела место. Но и это обстоятельство играло роль. Значит, чего-то я недодумал, не учел. Вспомнились и расистские выводы из генетики, вспомнились и добрые слова Вавилова в адрес Лысенко. Да, зарвался, надо отступать. Однако не бежать.

Вот почему в письме я повторил критические замечания в адрес Лысенко, вновь сказал о практических достижениях современных генетиков. И не уступил в самом главном: не согласился, что морганисты-менделисты люди купленные, не скатился к вульгарно-социологической точке зрения, будто имеются две биологии: буржуазная и социалистическая. Не уступил оценке генетиков, высказанной при беседе в Сочи. Это – факт.

Но было и замешательство, были ошибочные по своей природе уступки. Наступил внутренний кризис, отягощенный начавшейся охотой за « генетическими ведьмами ». Практически я и наш сектор попали в изоляцию.

В это время в кругу членов Политбюро Сталин зачитал мое письмо. Отец рассказывал, что оно произвело впечатление « недостаточного разоружения ». Так считал Молотов. Берия бросил реплику: « Это, конечно, неприятно, но нужно быть выше отцовских чувств ». Эта сентенция потом часто приходила мне в голову: а можно ли и нужно ли быть выше отцовских, да и вообще человеческих чувств? Что там, в этой вышине? Вакуум, пустота, бездна?

Мне было известно, что в некоторых на все готовых инстанциях уже начинали готовить мое персональное дело. Сталин все это пресек, объявив мой поступок результатом неопытности и необдуманности. В связи с этим одно уточнение. В своей книге « Генетика – страницы истории » (Кишинев, 1988) Николай Петрович Дубинин приводит весьма распространенную, но ошибочную версию, будто во время лысенковских баталий я находился в родстве со Сталиным.

Лето тянулось, наступила пора отпусков. Стороной я узнала, что готовится сессия ВАСХНИЛ. Но сектор не курировал сельскохозяйственные учреждения, подготовка шла без нас. Не зная толком ничего, я уехал на отдых в альпинистский лагерь. И вот тут-то 7 августа прочитал в газете « Правда » мое письмо. Конечно, тотчас вернулся в Москву, но отпуска не прерывал и поехал на Валдай к отцу, который встретил меня ироническим выпадом: « Ну вот, мне пора на пенсию. Ты будешь писать и публиковать опровержения, на гонорар от них и будем жить ». Ирония была горькая, но довольно спокойная.

Через несколько дней отца на Валдае навестил Н.А.Вознесенский – единственный из числа руководства страны. Мы с Николаем Александровичем гуляли вдвоем по аллеям, он говорил о сложности судьбы политика. 31 августа отца не стало. Я вспоминал много, но чаще – его совет не идти на работу в ЦК.

Оглядываясь назад, теперь я понимаю, что допустил вот какую методологическую ошибку в своем докладе. Я действительно пытался свести, примирить враждующие стороны, путем снятия их односторонностей. Но надо было учесть урок Канта: в научном споре сперва нужно развести позиции сторон до антиномии, или, по Гегелю, заострить различие до противоположности, или, по Ленину, сперва размежеваться, чтобы потом объединиться. Без такого размежевания наступает неясность и движение в мутной среде. Боюсь, что это заключение и сейчас не утратило своей актуальности. »

(3 – Маркс К. и Энгельс Ф. Соч. Т.36. С.394. )

 

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

http://old.ihst.ru/projects/sohist/memory/jdan93ph.htm

 

Néanmoins, nous rappelle Yuri Jdanov, il est historiquement faux de prétendre que l’agrobiologie de Lyssenko est restée la norme officielle de l’URSS socialiste jusqu’à la fin de le vie de Staline et protégée par lui jusqu’au bout, comme le sous-entendent ou l’affirment carrément les réactionnaires et les révisionnistes. Il est déjà évident, même pour les rares historiens occidentaux honnêtes, que Staline avait finalement rejeté la théorie des « deux sciences, prolétarienne contre bourgeoise », dès 1950, avec notamment la publication de son ouvrage à propos de la linguistique (4) et eut-il survécu suffisamment au XIXème Congrès, ce n’eut pas été le cas du lobby lyssenkiste…:

 

[…]  « Летом 1952 г. произошло событие, которое не только плохо освещено, но и недостаточно осмыслено. Где-то в июне мне позвонил заведующий сельхозотделом ЦК Алексей Иванович Козлов и попросил срочно зайти. Я прибежал к нему в другой корпус и застал крайне возбужденным. Он сразу выпалил:

Я только что от товарища Маленкова. Он передал указание товарища Сталина: ликвидировать монополию Лысенко в биологической науке; создать коллегиальный президиум ВАСХНИЛ; ввести в состав президиума противников Лысенко, в первую очередь Цицина и Жебрака; создать комиссию ЦК по подготовке предложений.

Внутренне я так и ахнул. Но делиться было не с кем, распрашивать о мотивах такого решения – некого. Комиссия была создана. В нее Маленков, помимо Козлова и меня, ввел президента Академии наук СССР А.Н.Несмеянова, министра сельского хозяйства И.А.Бенедиктова и …Т.Д.Лысенко.

Комиссия собиралась дважды, но ни к « какому решению не пришла из-за обструкционистской позиции, занятой Лысенко. Страсти накалялись настолько, что Козлов, помнится, взывал даже к авторитету главы англиканской церкви Хьюлету Джонсону. Все было напрасно. А затем началась подготовка к XIX съезду партии, сам съезд. Дело спустили на тормозах. Но в кругах научной общественности началось отрезвление, бастионы Лысенко зашатались. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

 

Avec ce retournement de situation, qui aurait du normalement se renforcer et aboutir, après la réussite du XIXème Congrès, à de nombreuses réformes radicales, comme retour aux sources marxistes-léninistes du socialisme, beaucoup d’espoir était donc permis. Mais de la fin du XIXème Congrès à la mort de Staline, il n’y a que quatre mois et demi et Khrouchtchev s’empara aussitôt du pouvoir…

En fait de prétendu « dégel » et « libéralisation », ce fut, pour Yuri Jdanov, l’exil provincial imposé par le nouveau pouvoir khrouchtchevien, qui craignait manifestement ce rescapé des griffes du lobby lyssenkiste… (Chance que n’avait pas eu son père Andreï, selon différents historiens russes qui ont tenté d’éclaircir les circonstances de sa mort en Août 1948, mais c’est donc un autre chapitre, en soi-même, de l’histoire de l’URSS…) :

 

[…] « В марте 1953 г. после известных событий три секретаря ЦК Суслов, Поспелов и Шаталин пригласили меня к себе и, спросив, где я работал до аппарата ЦК (хотя они, несомненно, это знали), объявили, что мне и следует вернуться в Московский университет. Однако через неделю что-то произошло: меня вновь пригласила упомянутая троица и сообщила, что мне необходимо на пару лет уехать из Москвы для приобретения опыта местной партийной работы. Это была депортация. Были предложены Челябинский и Ростовский отделы науки обкомов партии. Я согласился на Ростов, где некогда раньше живал. Пара лет превратились в судьбу, но это уже другой разговор.

Было ясно, что кто-то вмешался в решение вопроса и, судя по составу троицы – не менее, чем первый секретарь ЦК. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

 

Par la suite, au cours d’une séquence assez surréaliste, Khrouchtchev rend visite à Yuri dans son exil, lui racontant avoir été prétendument un « opposant » à Lyssenko, et promettant à Yuri un retour à Moscou… Yuri n’en profite pas moins de l’occasion pour tenter de faire avancer les choses concrètement, sur le terrain :

 

[…] « Было совершенно естественным, что, приехав на работу в Ростов, я сразу же стал знакомиться с научным наследием Н.И.Вавилова, который создал на Северном Кавказе два центра исследований: Отрадо-Кубанскую и Майкопскую станции Всесоюзного института растениеводства (ВИР). По этой проблеме у меня возникла переписка с руководителем ВИРа, академиком Петром Михайловичем Жуковским. Я выражал беспокойство о судьбе вавиловского наследства. Вот что он мне ответил.

 

 

Глубокоуважаемый Юрий Андреевич!

Благодарю Вас за доброе письмо. Отлично знаю, что Вы химик и философ, окончив 2 факультета. Но мимолетное знакомство наше состоялось на кафедре генетики у А.Р.Жебрака, Вы тогда ведали Отделом науки ЦК КПСС и интересовались генетикой. Я заведовал кафедрой ботаники в ТСХА. С тех пор совершилось множество событий. Я рад, что Вы стали университетским профессором.

В 1961 г. я добился освобождения от должности директора ВИРа. Работать стало невозможно. Лысенко снова стал Президентом, Ольшанский был Министром. В ВИРе опять вошли в моду завиральные идеи. Мне удалось уйти, и я был рад этому: мне надо было писать. В том же году я сдал рукопись 4-го издания « Ботаники » в издательство « Высшая школа », – она лежит там в холодильнике, ибо в ней упомянуты гены, ДНК, мутации, наличие внутривидовой конкуренции и пр., а в экспертной комиссии сидят « отборные молодцы ». Далее, я взялся за 2-е издание своего труда « Культурные растения и их сородичи (систематика, география, цитогенетика, экология и происхождение) ». Первое издание было переведено на английский язык и разошлось. 2-е издание я готовил в 2-х томах (80–90 печ. л.). 1-й том закончил и передал « Сельхозгизу ». Но его тоже заморозили (боятся цитогенетики). 2-й том ныне пишу и осенью закончу. Таким образом, уйдя из ВИРа, я получил возможность оформить свой долголетний материал. Директором ВИРа, по приказу Ольшанского, назначен был Сизов. Оба они – люди невежественные, бездарные, но ретивые в проведении сегрегации среди биологов.

Таким образом, я теперь не могу влиять на Майкопскую опытную станцию. Туда опять проник Тетерев, пират в науке о плодовых растениях. Хорошего специалиста Ковалева сдали на пенсию. Там нет вдохновителя, нет сплоченного идейного коллектива. Правда, коллекция переносится на новое место, это очень нужная операция, – но с отходом Ковалева дело могут испортить. Лесосады вошли уже в широкую практику. Овощными делами ведает Д.Д.Брежнев, человек грамотный, но с овощами в СССР дело вообще обстоит очень плохо. Если бы Вы поехали на Майкопскую станцию и повидались с Николаем Васильевичем Ковалевым, – он рассказал бы Вам обо всей ситуации. Д.Д.Брежнев бывает там наездами из Ленинграда.

Во 2-м томе своей рукописи я половину посвятил ресурсам плодовых и овощных растений. Мне кажется, я пишу очень нужные, полезные книги, но я дервиш среди нынешних вельмож в биологии. Конечно, я буду добиваться опубликования, ибо я коммунист с 1940 г. и не намерен примириться с произволом околонаучных очковтирателей.

Благодарю Вас за Ваши ценные публикации, за доброе внимание.

С приветом, уважением и пожеланиями Вам здоровья и творческих побед

Ваш П.Жуковский

 

 

 

Мне очень хотелось исполнить завет и пожелание П.М.Жуковского. Тем более, что проблемой « черкесских садов » на Кавказе занимались и Мичурин, и Вавилов. Бывал я и на Майкопской опытной станции.

И при встрече с Н.С.Хрущевым рассказал примерно следующее.

В предгорьях Западного Кавказа, в пределах Краснодарского, Ставропольского краев и Грузии, раскинулись обширные лесосады на площади нескольких миллионов гектаров. Происхождение их двоякое: с одной стороны, здесь растут дикие фруктовые деревья; с другой – одичавшие сады, некогда принадлежавшие черкесам, покинувшим свои селения по разным причинам еще в прошлом веке. В этом уникальном зеленом поясе растут груша, яблоня, алыча, вишня, черешня, кизил, терн, абрикос, а также лещина, грецкий орех, каштан, малина, черная смородина, крыжовник, ежевика и т.д.

Использование всего этого богатства организовано лишь в незначительной степени и носит кустарный характер. Население в горах Западного Кавказа пока редкое, и главными потребителями фруктов и орехов являются, по–видимому, кабаны и медведи, основная же часть плодов каждый год пропадает, покрывая землю толстым слоем гниющей падалицы. Вместе с тем здесь мы имеем огромный резерв снабжения нашего населения фруктами, ягодами, орехами, витаминными концентратами.

Эта фруктовая целина, на мой взгляд, требует пристального внимания и освоения. Очевидно, здесь напрашивается несколько путей:

1) Организация сбора диких фруктов, орехов, ягод в существующих лесосадах. Выработка из них сухофруктов, консервов и витаминных концентратов с использованием портативных средств переработки, учитывая условия бездорожья.

2) Окультуривание диких лесосадов путем их расчистки, прореживания, подрезки деревьев, организации борьбы с вредителями.

3) Использование диких подвоев в качестве основы для прививки на них культурных сортов.

Специалисты-садоводы имеют опыт такой работы и в первую очередь специалисты основанной Вавиловым Майкопской станции ВИРа. Эта станция представляет интерес еще в одном отношении. Она обладает богатейшей коллекцией фруктовых и овощных культур. Там растет 600 сортов яблони, 200 сортов груши, 6000 сортов овощных культур. К сожалению, малочисленный коллектив станции в основном занимается поддержанием и воспроизведением коллекции. В то же время эта коллекция может явиться серьезной базой для внедрения в пашей стране новых сортов плодовых и овощных культур, для широкой селекционной работы в области садоводства и овощеводства. Коллектив располагает интересным опытом по окультуриванию диких садов Кавказа, ему же принадлежит заслуга внедрения культуры чая на северном склоне Кавказа, в Краснодарском крае.

Мне представляется, что настало время освоению фруктовой целины Кавказа придать широкий государственный размах.

Такова была моя речь.

Хрущев внимательно выслушал меня и просил подготовить записку на имя его помощника А.С.Шевченко. Записка была подготовлена, направлена Шевченко. Но каких–либо действий не последовало, да и события приняли уже другой оборот.

Письмо П.М.Жуковского характеризует период « вторичного возвышения » Лысенко. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

 

Bien évidemment, aucune des promesses de Khrouchtchev ne fut tenue, et ce n’est qu’avec sa chute que le lobby lyssenkiste fut réellement démantelé. Yuri Jdanov est resté à Rostov, où était donc son destin… Mais pourtant, il n’en avait encore pas tout à fait fini avec les traces de son passé politique : devenu Recteur de l’Université de Rostov, il a néanmoins du abandonner ce poste en 1988, suite à une nouvelle phase de persécution initiée par la « perestroïka » gorbatchevienne ! (5) Malgré tout il a continué à travailler jusqu’en 1995 dans cette Université, dirigeant le Département de chimie des composés naturels et à haut poids moléculaire, et par la suite encore, comme Rédacteur en chef de différentes revues scientifiques.

Il est, en outre, l’auteur de nombreux traités sur la chimie et de réflexions épistémologiques sur l’évolution de la matière, tirées de sa longue expérience professionnelle et scientifique.

Bien que décédé en 2006, sa mémoire est encore aujourd’hui largement honorée à Rostov, comme ce fut le cas l’an dernier, à l’occasion du centenaire de sa naissance (1919-2019). Entre autres traces honorifiques, la Bibliothèque de l’Université, devant laquelle est érigé depuis 2011 un buste à son effigie, porte son nom.

Ces nombreuses marques de considération et de mémoire reflètent cette réalité historique que son autorité scientifique et philosophique a traversé, malgré les épreuves redoutables, dont la mort de son père Andreï Alexandrovitch, en Août 1948, quasiment une demi-douzaine de régimes politiques en Russie, de l’URSS de Staline à la Russie de Poutine, en passant par Khrouchtchev, Brejnev, Gorbatchev, Eltsine…

 

Et en 2019 en France, les duettistes Georges Gastaud et Guillaume Suing ont publié ensemble un document dont le lien s’intitule : « dialogue entre G. Suing et G. Gastaud sur l’évolution biologique et l’ontologie des sciences ». (6)

Parmi les considérations « philosophiques » de M. Gastaud, on trouve celle-ci, page 14 :

 

« Ainsi pourrait se clore la presque séculaire séquence idéologico-épistémique ouverte dans les années 1920/1930 par la victoire (non moins philosophique que scientifique !) de l’idéalisme agnostique et quelque peu mystique de Bohr (soutenu notamment par Born, Dirac et Heisenberg) sur le réalisme rationaliste d’Einstein. Sans réhabiliter le moins du monde la théorie jdanovienne et anti-léniniste des « deux sciences », « science prolétarienne » et « science bourgeoise » (sic), (Souligné par nous -NDLR) il convient en effet de réévaluer fortement les enjeux idéologico-historiques de cet affrontement épistémologique dans et sur la « réalité physique » dont Louis de Broglie, père de la Mécanique ondulatoire et allié initialement hésitant des réalistes Einstein et Schrödinger, a donné le récit saisissant dans plusieurs de ses textes,… »

 

C’est ainsi qu’en prétendant défendre le « réalisme » en physique M. Gastaud déforme on ne peut plus grossièrement la réalité historique…

Pour essayer pitoyablement, ici comme ailleurs, de justifier sa propre démarche « ontologique », il tente de se démarquer de la démarche lyssenkiste en l’attribuant précisément à celui qui en fut le premier adversaire, Andreï Jdanov, le père de Yuri !!!

Alors que tous les témoignages historiques, outre celui de Yuri, montrent clairement que si Andreï se voulait plus modéré sur la tactique, il n’en était pas moins résolu, contre les aberrations de Lyssenko. Ce que confirme l’historien moderne Cyril Olegovitch Rossianov, de l’Institut d’histoire des sciences naturelles et de la technologie. S.I. Vavilov, dans une étude portant précisément sur les corrections faites par Staline lui-même dans le texte de Lyssenko en 1948 ! (7)

 

« Хотя взгляды Сталина и Жданова на проблему традиций и новаторства были,очевидно, близки, оставалась и более частная проблема. Она заключалась в том, чтолысенковщину можно было либо отнести к « традиционной науке », нуждающейся взащите, либо причислить к « левацким извращениям », тем самым обрекая ее науничтожение. И здесь мнения Сталина и Жданова, вероятно, кардинально разош-лись23.Очевидно, А.А. Жданов разделял в это время взгляды, высказанные его сыном, впротивном случае, не чувствуя поддержки отца, Ю.А. Жданов не смог бы выступитьсо своим докладом на семинаре лекторов обкомов партии. Сталин же безоговорочновстал на сторону Лысенко. При этом его доверие к Лысенко не поколебало даже то,что в первоначальном варианте доклада Лысенко содержалось положение осуществовании двух классовых наук. Сталин предпочел вычеркнуть эти, ошибочные,по его мнению, рассуждения, но поддержать основную часть доклада. Возможно, онполагал, что « левая » фразеология случайна для Лысенко и органически связана ссодержанием его учения. »

Сталин как редактор Лысенко

К предыстории августовской (1948 г.) сессии ВАСХНИЛК. – О. РОССИЯНОВ

 

Ce que confirment également les mémoires de Chepilov, cité ci-dessus par Yuri, et qui a effectivement, en 1948, a tenté de plaider la cause de Yuri auprès de Staline… (8)

 

En ces quelques pages, la prose de M. Gastaud ne comprend donc pas moins de huit occurrences sur Andreï Jdanov, (9) toutes méprisantes, dépréciatives, et associant dans ce mépris les noms de Jdanov et Lyssenko, et au mépris, surtout, de la vérité historique…

Mais si le nom de Jdanov semble donc hanter autant la conscience de M. Gastaud, c’est aussi, n’en doutons guère, parce que Andreï Jdanov, en son temps, avait également percé la nature révisionniste et opportuniste du thorezisme (10), celle la même que M. Gastaud tente de faire revivre aujourd’hui, avec son micro-parti « PRCF », et l’appui du groupuscule « RC » de M. Suing !

Pour que la « thèse ontologique » de MM. Gastaud et Suing puisse au moins formellement fonctionner il leur faut trouver le moyen de redonner une apparence de crédibilité aux « théories » lyssenkistes sur « l’hérédité de l’acquis » en génétique, « théories » qui étaient l’une des bases « idéologiques » incontournables du PCF thorezien.

 

D’où l’importance du rôle de M. Suing, dans le duo, qui apporte une sorte de « caution » pseudo- « scientifique » en tant que prof agrégé de SVT… (M. Gastaud étant, pour sa part, agrégé de philo…). A défaut de pouvoir avancer ouvertement sur le front de la prétendue « science prolétarienne », dont ils se sentent même obligés de se démarquer formellement, mais on a déjà vu au prix de quelles contorsions antihistoriques, les duettistes Gastaud-Suing se servent du courant ambiant en faveur de l’écologie et de la revalorisation des réalisations socialistes de l’URSS pour tenter de les récupérer au profit de leur « nouvelle » boutique idéologique et d’estampiller ainsi d’un label « marxiste-léniniste » leur nouvelle validation des théories néo-lamarckiennes sur l’ « hérédité de l’acquis ».

Et pour que ce pseudo-label « marxiste-léniniste » ait une once de crédibilité il leur faut donc lui rajouter un lustre « antirévisionniste » pour la période de la contre-révolution khrouchtchevienne, et cela au prix de deux nouvelles et grossières contorsions antihistoriques, outre leur « confusionnisme » délibéré entre Lyssenkisme et Jdanovisme…

Cela implique donc en outre pour eux de prétendre que les thèses de Lyssenko auraient été validées par Staline d’un point de vue marxiste-léniniste, même au prix des quelques « corrections » formelles du texte de Lyssenko en 1948.

Or on a déjà vu que ces corrections n’étaient que le premier pas d’une réflexion sur le sujet qui aboutira dès 1950 à la rectification fondamentale de cette erreur, et aux premières conséquences pratiques de cette rectification, en 1952.

Ce n’est donc déjà qu’en escamotant complètement cette évolution bien réelle, même si tardive, de la pensée de Staline, que nos duettistes, à travers essentiellement la prose de M. Suing, peuvent avancer d’un pas vers leur supercherie suivante : nous faire accroire que Lyssenko aurait représenté une sorte de pôle de résistance « socialiste » et « antirévisionniste », contre le khrouchtchevisme… !

Or comme on l’a déjà vu, si Khrouchtchev a brièvement tenté d’illusionner Yuri Jdanov avec ses prétentions « anti-lyssenkistes », en pratique c’est bien tout le contraire qui s’est produit, avec une nouvelle validation tout à fait officielle du lobby lyssenkiste. Et si l’on avait un doute concernant la nature réelle des rapports politiques entre Khrouchtchev et Lyssenko, là aussi Chepilov, qui, du temps de Staline, était rédacteur en chef de la Pravda, et économiste, membre de l’Académie des Sciences de l’URSS, et fut par la suite, sous Khrouchtchev, ministre des affaires étrangères, sait donc très bien de quoi il parle lorsqu’il nous explique, dans ses mémoires, dans un chapitre spécialement consacré à la mort, en 1948, d’Andreï Jdanov, le père de Yuri : (8)

 

«Как же и почему произошла вся эта великая мистификация, обошедшаяся так дорого социалистическому обществу?

Т.Д. Лысенко начинал свою деятельность агронома-новатора на Украине, сначала в Уманской школе садоводства, затем в белоцерковской селекционной станции и Одесском селекционно-генетическом институте. Н. Хрущевым он был поддержан и разрекламирован. Хрущев слыл знатоком сельского хозяйства на Украине. С его слов и рекомендаций составил, по-видимому, свое суждение о Лысенко и Сталин.

Сталин был нетороплив и осторожен, прежде чем прийти к определенному выводу. Но сформировав свое мнение, считал его абсолютом. Конечно, такой абсолютный характер каждому его слову придавало его окружение. Но и сам Сталин не допускал и тени критики в свой адрес.

Хрущев был круглый невежда. Но он в большинстве случаев, не консультируясь ни с кем и никогда ничего не читая, по наитию квалифицировал, заключал, определял истину по любому самому сложному вопросу. Он приходил в ярость, когда кто-либо допускал малейшее сомнение в правоте его суждений. И в таких случаях был очень мстителен.

Вся мистификация с Лысенко обусловлена была претенциозностью Хрущева и поддержана затем, по информации Хрущева же, непоколебимым авторитетом Сталина. Этим и объясняется, что молодой агроном, ещё не приобщившись и к сотой доле тех сокровищ, которые накопила биологическая наука, ничего полезного не давший ещё сельскому хозяйству, коронуется вдруг в качестве папы «мичуринской биологии».

И чем назойливее развертывалась кампания против «буржуазной морганистско-мендельянской генетики» и чем больше славословились «великие открытия» Лысенко, тем больше отставала советская биологическая наука от уровня мировой науки и тем дороже должно было расплачиваться советское общество за это отставание.

[…]И так продолжалось вплоть до падения Хрущева, когда постепенно, со скрипом, при сопротивлении заскорузлых чиновников, начало выявляться истинное лицо и опустошительные последствия лысенковщины.»

(Дмитрий ШЕПИЛОВ – НЕПРИМКНУВШИЙ )

 

Lyssenko était donc bien d’abord et avant  tout la créature de Khrouchtchev, et non pas l’âme damnée de Staline… Comme on peut le voir finalement et très clairement, des prétentions « historiques » du duo Gastaud-Suing, il ne reste quasiment rien, sinon simplement l’évidence de leur tentative de manipulation et de falsification.

Et quand à leurs prétentions « scientifiques », elles résident principalement dans les considérations non moins manipulatoires de M. Suing pour entretenir la confusion autour du lien entre génétique et épigénétique, tentant ainsi par ce détour une nouvelle validation de la théorie néo-lamarckienne de l’hérédité des caractères acquis, qui était déjà tout à fait celle de Lyssenko, qui lui, évidemment, ne s’embarrassait tout simplement pas d’une épigénétique qui n’existait pas, comme branche de la biologie, à son époque, ni même d’une formulation approximative qui aurait pu tenir formellement lieu d’ersatz « précurseur » en quelque sorte.

Bien entendu, dans notre réponse d’autodidacte, qui n’a aucune prétention à donner des leçons de science, mais qui a simplement pour fonction de résumer les considérations épistémologiques déjà établies sur le sujet, il a pu y avoir quelques erreurs de formulation, mais au lieu de s’en expliquer et de répondre sur le fond, M. Suing a préféré fuir le débat, indiquant assez par cette attitude que sa crédibilité dans le domaine qui est supposément le sien et sans doute assez voisine de celle du duo dans le domaine historique… :

« Toute discussion est inutile, tu peux rester tranquille derrière ton pseudo, nous n’avons effectivement pas la même cause à défendre. »

On ne lui a pas fait dire… Dans la lutte pour la défense des fondamentaux et de la vérité historique du mouvement ouvrier, tout comme sur les autres fronts sociaux, la barricade n’a que deux côtés, et MM. Suing et Gastaud ont choisi le leur, celui de l’obscurantisme néo-lyssenkiste.

 

 

Suite à publication de la vidéo (11) du prétendu « café marxiste » sur le sujet, voici notre réponse :

 

********************10/02/2020

« Dans cette conférence, tout comme dans les autres, et selon une habitude maintenant assez bien rodée, Guillaume Suing mène son public en bateau avec un relatif brio, mais sans éviter, toutefois, de botter en touche sur toutes les questions réellement importantes, que ce soit sur le plan historique ou sur le plan scientifique…

Commençons donc directement par celles qui sont normalement son domaine de prédilection, sinon son domaine de compétence hypothétique, Guillaume Suing étant prof de SVT, et même agrégé en biologie !

En réalité, derrière l’apparente bonhomie « écologique » du personnage, c’est bien la renaissance de l’escroquerie pseudo-scientifique lyssenkiste qui se profile, à peine voilée derrière un détournement grossier des récentes recherches et découvertes diverses de l’épigénétique moderne (à 24′ 30 » dans la vidéo, mais en long et en large, et surtout, en travers, dans la plupart de ses écrits…). Ici il n’hésite donc pas non plus à mettre en avant la thèse lyssenkiste de l’ « hérédité des caractères acquis »(à 26′ dans la vidéo), même s’il renonce à développer en public, par souci d’éviter les complications « techniques » : on comprend aisément pourquoi… !

Alors qu’en réalité la question est assez simple et tout à fait accessible au profane qui prend la peine de se documenter dessus : l’épigénétique et la génétique sont deux domaines de la biologie qui se complètent évidemment, et interagissent naturellement entre eux, sans pour autant pouvoir se confondre dans leurs fonctions et dans leurs conséquences.

L’épigénétique est en quelque sorte le mode de régulation de l’expression des gènes, par lequel se différencient, au cours de leur développement, les différents types de cellules d’un même organisme, à partir d’un patrimoine génétique commun et inscrit en elles au départ, quelle que soit leur fonction ultérieure dans l’organisme.

Concrètement c’est donc ce qui fait qu’une cellule du foie n’est pas identique à une cellule du poumon et que chacune peut donc remplir sa propre fonction dans l’organe où elle se développe.

Le concept d’hérédité des caractères génétiques (spécifiques) est maintenant un classique scientifique assez bien compris de tous, et le fait qu’il exclut l’hérédité des caractères acquis également …sauf pour une poignée d’ « illuminés » néo-lyssenkistes et pseudo-« marxistes », manifestement…

La « confusion », en réalité délibérée, qui leur permet d’ébaucher cette tentative grotesque de réhabilitation du charlatanisme de Lyssenko repose sur le fait que l’épigénétique peut effectivement induire une hérédité provisoire, sur quelques générations, de caractères phénotypiques reflétant des modifications épigénétiques, mais qui n’affectent en rien, par elles mêmes, le génome, et ne constituent donc pas du tout une hérédité des caractères acquis, étant donc très concrètement et inévitablement réversibles pour les générations suivantes.

Pour qu’une mutation devienne irréversible au point de mener à l’apparition d’une espèce nouvelle il reste donc évidemment toujours nécessaire qu’elle soit le résultat d’une modification du génome lui-même, et non pas seulement de son expression phénotypique.

L’un des facteurs de mutation du génome récemment mis en évidence est la présence en son sein d’une grande quantité d’ « éléments transposables » (Transposons, rétrotransposons), éléments mobiles au comportement relativement « anarchique » selon l’expression même de certains chercheurs, et qui, en temps normal se trouvent donc « régulés » épigénétiquement au point de ne pouvoir pas du tout s’exprimer au niveau du phénotype, ce qui est le plus souvent heureux, car le cas inverse est couramment celui de maladies génétiques, par exemple, dues à des mutations intempestives et qui échappent donc à la régulation épigénétique.

Bien entendu, la variabilité aléatoire du génome, même si parfois sous l’influence d’un stress environnemental qui perturbe la régulation épigénétique, n’en reste pas moins la source des mutations génétiques qui sont ensuite sélectionnées par la nature en fonction des réponses adaptatives qu’elles apportent aux pressions sélectives du milieu et à leurs évolutions.

Ce n’est qu’en ce sens qu’il peut donc y avoir une interaction dialectique, considérée d’un point de vue épistémologique évolutionniste, entre génétique et épigénétique : le rôle régulateur de l’épigénétique peut évidemment contribuer ensuite à stabiliser l’expression d’un caractère génétique nouvellement sélectionné pour la réponse adaptative qu’il apporte à une modification du milieu.

Bien qu’en interaction constante, d’une manière ou d’une autre, ces deux domaines de la biologie que sont la génétique et l’épigénétique correspondent donc, dans cet ensemble immense qu’est la biologie, à deux sous-ensembles en termes de connexions nomologiques ( au sens épistémologique que leur donne Werner Heisenberg) (12), deux sous-ensembles qui se recoupent donc de manière dialectique sans pour autant se recouvrir et se confondre au sens « ontologique » et néo-lyssenkiste des termes abusivement employés par les adeptes de cette forme particulièrement réactionnaire de révisionnisme. »

 

(13 En liens, quelques uns des articles qui ont servi à établir ce résumé )

 

*********************12/02/2020

La première réponse de M. Suing :

 

« Je me m’attarderai pas sur l’infantilisme d’un tel titre « Anti-Suing » qui dénote chez le camarade une vraie volonté de débattre ! (14- liens des articles en question)
C’est déjà un progrés de percevoir aujourd’hui que je ne suis pas « khrouchtchévien » (tout mon livre met en cause les dégats inaugurés par la période Khrouchtchev dans l’histoire de l’URSS) : J’étais dans un premier temps (dans un article précédent de Luniterre enjoignant à ne pas venir à ladite conférence) (15 – lien de l’article incriminé) stigmatisé comme « PRCF Khrouchtchévien » (je ne suis de fait, ni l’un ni l’autre). Soyons donc un peu sérieux :
Je suis ici attaqué non pas sur le fond du livre qui parle du problème de « l’écologie » dans les pays socialistes, mais sur mon présumé « soutien à Lyssenko ».
Cette attaque trahit soit une lecture en diagonale de mon livre ou, mieux, une ignorance de ce que je dis dans la conférence ET du thème lui-même (vaguement sourcé par wikipedia…).
Je ne « soutiens » pas Lyssenko puisque je ne cesse de répéter :

o    Que l’épigénétique actuelle provient des développements endogènes de ce que Lyssenko appelait la génétique « mendélo-morganiste » et non des travaux de Lyssenko bien sur.

o    Que la reprise du débat sur l’hérédité de l’acquis ne vient pas d’une nostalgie lyssenkiste dans les labo mais au contraire d’un « oubli de Lyssenko » (la plupart des chercheurs se trompent d’ailleurs en croyant revenir à Lamarck). L’épigénétique n’est pas un résultat du « lyssenkisme » mais de son oubli 50 ans après.

o    Que l’épîgénétique n’est donc pas « du lyssenkisme », même si elle expose une « hérédité ébranlée » exactement sous les aspects identifiés par Lyssenko et d’autres (à commencer par Mitchourine lui-même) : Hérédité de l’acquis sous une version REVERSIBLE (et non définitive comme le sont les mutations), LIMITEE et conditionnée par la répétition des mêmes conditions de stress sur plusieurs générations (sans quoi il n’y a justement pas d’hérédité de l’acquis). Ces trois aspects démarquent justement lyssenko et lamarck.

o    C’est sous cette forme que les « lyssenkistes » parlaient de leurs expériences, avec évidemment de l’amateurisme et sans doute des mensonges (mensonges qui sont le fait de nombreux savants, à commencer par Mendel lui-même qui truquait ses résultats quand il ne comprenait pas ses expériences de dihybridisme avant qu’on ne découvre les chromosomes avec Morgan reliant les gènes entre eux, et qui était ce qu’on peut appeler un amateur, un praticien autodidacte) : Les généticiens formels de l’époque n’en savaient pas plus sur les gènes que lyssenko sur son hérédité de l’acquis, on ne peut donc leur imputer d’avoir mal interprété leurs expériences. Je me borne à constater qu’il a fallu « oublier » lyssenko pour redécouvrir les infinies possibilités de l’hérédité du vivant, dont celles que lyssenko avait décrit et qui ont été niées ici pour des raisons politiques.

Lyssenko est effectivement resté sous l’aile protectrice de Khrouchtchev comme l’indique le camarade Wikipedia. D’après plusieurs historiens, c’était plus par solidarité nationaliste ukrainienne que par conviction : Lyssenko n’a plus été d’aucun secours pendant l’alignement de la « révolution verte soviétique » sur le modèle US sous K, même resté au poste de président de l’Académie des Sciences : De nouvelles générations de savants, adeptes d’une génétique moléculaire contemporaine, s’y sont installées malgré lui et l’ont finalement écarté. Il a été associé à la « campagne des terres vierges » formellement en tant que président de l’académie que de fait il ne contrôlait plus. La plupart des agronomes occidentaux de l’époque qui ont salué cette campagne des terres vierges, n’y ont jamais trouvé trace de « lyssenkisme » comme c’était le cas pour tout ce qui fut impulsé par Staline auparavent.
J’ai mainte fois rappelé, y compris dans mon livre, la grande intelligence de Staline relisant et corrigeant Lyssenko (sans le concours du camarade Wikipédia pourtant !) sur la fameuse question des « deux sciences ». Question tellement caduque aujourd’hui, que c’est précisément la « génétique bourgeoise » ennemie de lyssenko qui a fini par lui donner raison (sur l’existence d’une telle hérédité ébranlée) !
Il n’est donc pas besoin d’imaginer un « complot de khrouchtchevo-lyssenkiste » contre Staline pour critiquer Lyssenko ou au moins pour dépasser sa légende noire, et rendre à la science soviétique les mérites qu’elle a concrètement : Personnellement je ne mélange pas science et politique ! »

 

**********************

A la suite, notre deuxième réponse, en deux temps… Les questions historiques étaient exprimées de manière succincte, en réponse complémentaire, bien avant la recherche développée ci-dessus, où l’on a vu ce qu’il en est vraiment…

 

***********************13/02/2020

 

« Difficile de faire plus pitoyable, comme pirouette confusionniste… Cela fait des années que Suing écrit en défense de Lyssenko et polémique à ce sujet(16) … Et à quoi bon, sinon pour tenter de valider la théorie de l’hérédité des caractères acquis ??? Lyssenko ne prétendait pas faire de l’épigénétique, ni même une sorte d’équivalent de son cru, mais bien une génétique de substitution à celle alors couramment en vigueur dans le monde scientifique…!

Tout au long de sa littérature sur le sujet, Suing va prétendant que l’épigénétique moderne justifierait peu ou prou la démarche pseudo-scientifique de Lyssenko, alors qu’il n’en est rien, à l’évidence.

Parler d’ « hérédité de l’acquis réversible « , c’est juste un de ces oxymores qui prêtent à sourire…

Suing tente, sur ce point comme sur les autres, de jouer sur les mots, seul recours qui lui reste…

Les seuls caractères très provisoirement héréditaires sous influence épigénétique sont des caractères phénotypiques, et non des caractères spécifiques, et il n’y a donc là aucune hérédité des caractères acquis.

La relation dialectique entre épigénétique et génétique proprement dite, d’un point de vue épistémologique évolutionniste, n’est qu’ébauchée, dans mon bref article, comme synthèse de lecture des articles en lien, et d’autres, non mentionnés, et non pas de Wikipédia, qui rappelle néanmoins quelques évidences sur le sujet, de celles que Suing semble avoir oublié, ou bien qu’il feignait, jusque là, d’ignorer. Ce qui va lui être difficile, désormais… »

« Sur le plan de la démarche « historique »…

Suing tente de nous faire accroire que les méthodes de Lyssenko auraient été abandonnées par le révisionnisme de Khrouchtchev, alors que toutes les traces historiques indiquent le contraire, à de rares exceptions près, là où Khrouchtchev entendait mettre en œuvre ses propres lubies, comme la culture du maïs dans des régions aussi peu appropriées que la Carélie du Nord, etc… Des lubies qui ne sont donc guère différentes de celles de Lyssenko, en réalité, même si dépourvues de tout son emballage pseudo-scientifique !

Le lobby de Lyssenko n’a véritablement été démantelé qu’à partir de l’éviction définitive de Khrouchtchev, et si diverses oppositions se sont manifestées durant la période du pouvoir khrouchtchevien, il est clair qu’il y a un lien entre le la survie de ce pouvoir et celle du lobby lyssenkiste, indissolublement liés, et cela dès avant l’accession de Khrouchtchev au pouvoir, donc !

Dans les dernières années de la vie de Staline, Lyssenko faisait clairement partie des révisionnistes que Staline avait en ligne de mire, eut-il survécu… !

A l’évidence, la cause principale de la mort de Staline est le surnombre de ces révisionnistes en ligne de mire… Déterminer lequel a eu en quelque sorte le mot de la fin est un sujet qui passionne les historiens russes, faute de pouvoir y apporter une réponse, et vu de France, il serait extrêmement présomptueux de préciser davantage l’une ou l’autre hypothèse…

Néanmoins, et selon nombre d’entre eux, le classique raisonnement « cui bono ? » pointe nécessairement vers Khrouchtchev !

Et donc, accessoirement, si l’on peut dire, vers ses alliés de circonstance, et surtout durables, comme le fut donc Lyssenko…

Suing rappelle un épisode où Staline aurait effectué quelques corrections dans un texte de Lyssenko… Apparemment, il s’agit de l’épisode du discours de Lyssenko à l’occasion de la session d’Août 1948 de l’Académie des Sciences Agricoles (17). Or sur le point de la séparation éventuelle entre science et politique de classe, la situation n’a pas été tranchée à cette occasion, mais seulement deux ans plus tard, avec la parution du livre de Staline sur la linguistique.

J. Staline – Le marxisme et les problemes de linguistique – 1950

https://p7.storage.canalblog.com/72/44/1716556/128906652.pdf

En 1948, selon Arte, source éventuellement discutable, du reste, la correction précise visait à remplacer « génétique bourgeoise » par « génétique réactionnaire », formule qui restait donc encore au milieu du gué, en termes d’interprétations possible, ce qui n’était plus le cas à partir de 1950.

A partir de 1950 il est donc clair que Lyssenko se savait pertinemment remis en cause, comme bien d’autres révisionnistes, à relativement brève échéance…

Le conflit entre le lobby de Lyssenko et les défenseurs du ML que furent Andreï Jdanov et son fils Yuri, chimiste et responsable scientifique honoré et respecté jusqu’à la fin de sa vie, et encore aujourd’hui par les ML en Russie, a laissé suffisamment de trace pour en attester, dont les mémoires de Yuri.

[évoquées une première fois par ce lien

https://www.rotfront.su/yurij-zhdanov-sto-let-so-dnya-rozhdeniya/ ]

La mort d’Andreï Jdanov lui-même est également un épisode dramatique qui s’inscrit dans ce conflit, de l’avis de bon nombre d’historiens russes actuels, et du mien aussi, d’après les sources russes auxquelles j’ai pu accéder, même si bien évidemment encore insuffisantes pour éclaircir entièrement ce tournant de l’histoire soviétique. »

 

***********************

Comme on l’a vu, donc, le problème des sources historiques est maintenant archi-réglé, et sans l’ombre du moindre doute, contre la « thèse » du duo Gastaud-Suing !

D’autres aspects du débat…

 

 

*******************11/02/20202

En réponse à « PAM-utopie » (…PCF-Vénissieux)

 

Bonjour,

Vous écrivez :

« je n’ai pas vu dans le livre de Suing d’éloge du lissenkisme (lire p 113, 3eme paragraphe), simplement la condamnation de la bataille instrumentalisant le lissenkisme dans la guerre idéologique contre le socialisme. »

…Or le rôle d’un ML n’est pas seulement de combattre les déformations historiques, souvent grossières, des anticommunistes, mais aussi de faire un bilan analytique de leur propre histoire, de leur propre expérience!

L’article signale, même si entre parenthèses >>> « (à 24’ 30’’ dans la vidéo, mais en long et en large, et surtout, en travers, dans la plupart de ses écrits…) » >>> Ce n’est pas juste pour faire un bon mot, mais pour rappeler que le fond de la littérature de « vulgarisation scientifique » de Suing consiste à revaloriser Lyssenko comme une sorte de pionnier de l’épigénétique, d’une part, et de revaloriser sa théorie de l »‘hérédité des caractères acquis » et de la valider comme théorie génétique, ce qui est une attitude tout aussi grossièrement obscurantiste que celle des anticommunistes, et particulièrement dangereuse, car se cachant derrière le drapeau rouge.

Par ailleurs, vous écrivez :

« les batailles internes à l’URSS sont de peu d’intérêt à ce stade, et j’utilise personnellement souvent l’idée plus globale des succès des agronomes soviétiques pour développer une agriculture basée sur la biodiversité, dans laquelle je les mets tous, de Vavilov à  Lissenko… »

Ce qui confirme donc le confusionnisme dans lequel vous semblez vous complaire >>> Il ne s’agit pas, nécessairement, de rentrer dans le détail de ces luttes complexes, mais de comprendre les grandes tendances sociales et idéologiques qui ont animé la lutte de classe en URSS, et qui ont malheureusement abouti à la contre-révolution khrouchtchevienne. Comprendre qui est qui et surtout, qui défend quoi, dans les phases décisives de cette lutte, c’est un moyen évidemment incontournable de comprendre l’histoire et d’en tirer des leçons.

Vous semblez donc, tout comme Suing dans sa conférence, « botter en touche »… Une tactique qui ne fait tout au plus, par définition, que retarder la solution du problème…!

Un point positif, néanmoins :
« Et surtout, la bataille des idées contre le « scientisme » dominant qui réduit la génétique à du codage informatique, ce que l’épigénétique invalide effectivement. Cela m’intéresse comme informaticien qui tente un peu désespérément de faire reculer l’illusion scientiste chez mes collègues, et rappeler qu’aucune technique n’a de valeur sans les pratiques et l’organisation qui la mette en oeuvre… »

Effectivement, il n’y a pas de culture ou de science « bourgeoise » par elle-même, mais c’est bien l’utilisation qu’on en fait qui en change éventuellement la finalité sociale!

C’est précisément le combat qu’Andreï et Yuri Jdanov ont perdu, en 1948, face au lobby de Lyssenko. Andreï le payant de sa vie, en réalité, et son fils Yuri d’une « autocritique » contrainte et infamante pour un scientifique évidemment sûr de sa raison. Quelques mois plus tard, en 1950, Staline leur donnait raison, et en 1953, également, l’« affaire des blouses blanche » impliquait d’abord et avant tout une réhabilitation d’Andreï Jdanov.

Et aucun supposé « antisémitisme », mais c’est une autre histoire…! »

 

*******************

Pour compléter ce sujet, ce fragment du débat amorcé sur un autre site

(VLR http://mai68.org/spip2/   ) >>>

 

« Hypothèse fumeuse à démentir par Luniterre s’il le souhaite :

Lyssenko était à l’URSS ce que des scientifiques corrompus par le lobby du tabac étaient ( sont ?) aux USA.»

Pas si fumeuse, en fait… C’est même une assez bonne image pour aider les occidentaux à comprendre la réalité des luttes de classes et donc aussi des luttes de pouvoir en URSS.

Ceci dit, la notion de pouvoir remplace ici pour l’essentiel celle d’intérêt financier, même si les avantages matériels du pouvoir ne sont pas forcément tout à fait oubliés non plus…

Incontestablement Lyssenko et ses partisans ont réussi à monter un réel lobby dans les milieux scientifiques et à l’intérieur du parti. Quasiment un État dans l’État…

Mais ils n’étaient pas les seuls dans ce cas, et Beria avait également un État dans l’État, incluant également un département scientifique, celui de la physique nucléaire ! Pour le reste, il soutenait également Lyssenko…

Khrouchtchev et Malenkov avaient aussi leurs réseaux personnels.

Staline ne disposait donc absolument pas du pouvoir absolu que les historiens occidentaux lui prêtent. Le meilleur témoignage qui nous en reste est sa bataille idéologique pour le 19ème Congrès, où il n’a fait que remporter une victoire à la Pyrrhus, et qui a probablement hâté sa mort, fort peu naturelle, en réalité.

Les_problemes_economiques_du_socialisme_en_urss

https://p0.storage.canalblog.com/09/01/1716556/128906673.pdf

 

A l’époque du 19ème Congès, Staline avait également amorcé une remise en cause du lobby lyssenkiste…

Et donc c’est finalement Khrouchtchev qui a clairement bénéficié des réseaux de Lyssenko pour son accession au pouvoir, contrairement à ce qu’avance Suing. La finalement désastreuse « campagne des terres vierges » initiée par Krouchtchev avait également été faite avec l’appui de Lyssenko, contrairement, là aussi, aux affirmations de Suing.

Tirer au clair les enjeux d’influence et de pouvoir dans cette période charnière qui va de 1946 à 1956 est plus compliqué que de comprendre aujourd’hui les interactions dialectiques entre génétique et épigénétique…

Ceci dit, il faut également comprendre que ce qui paraît assez clair, aujourd’hui, sur le plan scientifique, ne l’était pas à l’époque de Lyssenko. Avant Lyssenko, les premiers travaux d’agronomie soviétiques connus sont ceux de Mitchourine, un autodidacte qui avait commencé déjà ses travaux avant la Révolution et passé naturellement du côté des bolcheviques. Il avait obtenu, de manière empirique, quelques bons résultats. Lyssenko s’en est en quelque sorte emparé pour les théoriser, mais sans méthodologie réellement autre que ses discours idéologiques dogmatiques. En fait il ne pouvait au mieux que les reproduire, et le reste autour n’était que poudre aux yeux, affabulation et falsification des données et des résultats.

En tenant compte de l’interaction entre épigénétique et génétique, telle qu’on la comprend aujourd’hui, il n’est donc malgré tout pas absolument impossible que quelques essais aient abouti, de manière en réalité hasardeuse, mais il serait tout à fait impossible, aujourd’hui, de déterminer lesquels, dans la masse des expérimentations conduites de manière aussi peu rigoureuses, à tous points de vue.

Quoi qu’il en soit, Staline n’a commencé à percer à jour la duplicité de Lyssenko qu’à partir de 1950 et n’a donc pas eu le temps d’y mettre bon ordre avant sa mort. Si l’on veut faire un bilan critique, il me semble à ce jour que c’est là sa principale erreur. »

 

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 POUR CONCLURE…

Ce débat, encore actuel du fait des tentatives de manipulations idéologiques des Gastaud-Suing & Cie, montre à quel point les leçons utiles n’ont pas encore été réellement tirées de cette douloureuse expérience, et donc qu’il serait enfin grand temps de s’y mettre… Mieux vaut tard que jamais !

Avec des mots et des formulations différentes, c’est le combat qui s’est livré, il y a déjà 70 ans, avec la contre-révolution khrouchtchevienne. Le combat du matérialisme dialectique et du marxisme-léninisme était incontestablement celui des Jdanov, père et fils, et bien évidemment de tous ceux qui ont tenté de poursuivre cette démarche chacun dans le domaine qui lui était propre sur le front de la lutte politique et idéologique, et non pas celui des Lyssenko, Khrouchtchev et de tous ceux qui ont contribué, en fin de compte, d’une manière ou d’une autre, à la liquidation du socialisme en URSS.

Dès le début de cette brève étude on a vu que la conception « ontologique » de la dialectique mène inévitablement à une interprétation caricaturale du marxisme, dans le genre de la « contradiction interne » maoïste, en réalité complètement métaphysique et révisionniste, et qui, en pratique se transforme en parodie tragique telle que fut la pratique de Lyssenko, avec toutes ses conséquences.

Ce débat reste donc d’actualité, notamment en ce qui concerne les restes de la gauche française, si elle veut survivre et ouvrir une perspective politique réellement en réponse aux problématiques de notre époque.

 

Luniterre


 

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NOTES:

 

 

(  1  Dans L’Avenir dure longtemps, Althusser admet clairement avoir, selon son gré, supprimé de Marx « tout ce qui semblait non seulement incompatible avec les principes matérialistes, mais aussi ce qui subsistait en lui d’idéologie, avant tout les catégories apologétiques de la dialectique, voire la dialectique elle-même, qui me paraissait ne servir, dans ses fameuses “lois” que d’apologie (justification) après coup au fait accompli du déroulement aléatoire de l’histoire pour les décisions de la direction du Parti » Louis Althusser, L’avenir dure longtemps, Paris, Stock, 1992, p. 214. )

 

( 2 BHL, ancien élève d’Althusser et maoïste au tournant des années 70, revendique toujours un plaidoyer pour son « Maître », dans la préface publiée en Mai 2011, pour le recueil de lettres écrites par Louis Althusser à sa femme Hélène, assassinée par ce même « Maître » en 1980 :

« Je ne suis pas en train de dire de mon Maître, parodiant Diogène Laërce résumant lui-même un philosophe de l’Antiquité : « il naquit, il écrivit, il tua, il mourut ».

Mais, enfin, c’est tout de même ainsi que la chose a été vue, et vécue, par son temps. »

Et plus loin, cette réflexion hautement « philosophique » :

« On a dit qu’avec elle, Hélène, il aurait tué sa sœur, sa mère, le double de l’une, le spectre de l’autre, une part de soi-même, la meilleure.

On a pu dire qu’il avait, en lui, tué l’origine (faut-il écrire l’origyne ?) ; la différence (la différance, comme chez l’autre maître de la rue d’Ulm ?) ; on a dit qu’il avait tué le communisme auprès de lui (ou réconcilié, ce qui revient au même, l’idée d’Hélène et sa réalité). » )

http://www.bernard-henri-levy.com/le-fantome-de-la-rue-dulm-preface-par-bernard-henri-levy-aux-lettres-a-helene-de-louis-althusser-chez-grasset-19278.html

A rappeler également que Louis Althusser, protégé par ses « pairs » universitaires, n’a pas passé une seule journée de sa vie en prison…)

 

( 3   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_premiers_ravages_du_maoisme_en_france/ )

 

( 4  « Les aristocrates russes se sont également amusés un certain temps à parler français à la cour des tsars et dans les salons. Ils se vantaient de ce qu’en parlant le russe ils y mêlaient souvent du français et de ce qu’ils ne savaient parler le russe qu’avec un accent français. Est-ce à dire qu’il n’existait pas alors en Russie une langue russe commune à tout le peuple, que la langue commune au peuple entier était une fiction, que les «langues de classe» constituaient une réalité?

Nos camarades commettent ici, pour le moins, deux erreurs. La première erreur est qu’ils confondent la langue avec la superstructure. Ils pensent que si la superstructure a un caractère de classe, la langue de même ne doit pas être commune à tout le peuple,mais doit porter un caractère de classe. J’ai déjà dit plus haut que la langue et la superstructure sont deux notions différentes, et qu’il n’est pas permis à un marxiste de les confondre.

La seconde erreur est que ces camarades conçoivent l’opposition des intérêts de la bourgeoisie et du prolétariat, leur lutte de classes acharnée, comme une désagrégation de la société, comme une rupture de tous les liens entre les classes hostiles. Ils estiment que, puisque la société s’est désagrégée et qu’il n’existe plus de société unique, mais seulement des classes, il n’est plus besoin d’une langue unique pour la société, il n’est plus besoin d’une langue nationale. Que reste-t-il donc si la société s’est désagrégée et s’il n’y a plus de langue nationale, commune à tout le peuple? Restent les classes et les «langues de classe». Il va de soi que chaque «langue de classe» aura sa grammaire «de classe»,grammaire «prolétarienne», grammaire «bourgeoise». Il est vrai que ces grammaires n’existent pas en réalité; mais cela n’embarrasse guère ces camarades: ils sont persuadés que ces grammaires verront le jour.

Il y avait chez nous, à un moment donné, des «marxistes» qui prétendaient que les chemins de fer restés dans notre pays après la Révolution d’Octobre étaient des chemins de fer bourgeois; qu’il ne nous seyait pas, à nous marxistes, de nous en servir; qu’il fallait les démonter et en construire de nouveaux, des chemins de fer «prolétariens». Cela leur valut le surnom de «troglodytes»…

Il va de soi que ces vues d’un anarchisme primitif sur la société, sur les classes, sur la langue n’ont rien de commun avec le marxisme. Mais elles existent incontestablement et continuent d’habiter les cerveaux de certains de nos camarades aux idées confuses. »

j.-staline-le-marxisme-et-les-problemes-de-linguistique-1950-.pdf )

 

( 5  « С 1957 по 1988 годы работал ректором Ростовского государственного университета. Бывший заместитель Ю. А. Жданова проф. В. И. Седлецкий отмечал, что оставление Ждановым должности ректора РГУ произошло вследствие того, что с началом перестройки против него, «исходя только из-за фамилии» и отца, началась травля »

https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%96%D0%B4%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%AE%D1%80%D0%B8%D0%B9_%D0%90%D0%BD%D0%B4%D1%80%D0%B5%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87

et

Ростовский Государственный Университет им. Ю.А. Жданова. )

 

( 6  https://www.initiativecommuniste.fr/wpcontent/uploads/2019/03/dialogueentreG.-SuingetG.-Gastaudsurl%C3%A9volutionbiologiqueetlontologiedessciences.pdf )

 

( 7  Сталин как редактор Лысенко К предыстории августовской (1948 г.) сессии ВАСХНИЛК. – О. РОССИЯНОВ

http://old.ihst.ru/projects/sohist/papers/vf/1993/2/56-69.pdf

https://istina.msu.ru/profile/kirill7777/ )

 

( 8  http://modernlib.net/books/shepilov_dmitriy/neprimknuvshiy/read/

Sur la mort d’Andreï Jdanov :

https://www.mat.univie.ac.at/~neretin/misc/biology/shepilov.html )

( 9  « Le tort d’Andréi Jdanov, et dans le même esprit, du biologiste-agronome Trofime Lyssenko ne fut nullement de pointer le contenu de classe de certaines de ces batailles conceptuelles mais de rabattre le droit (universalité de la science) sur le fait (intrusion de l’idéologie bourgeoise, via l’idéalisme, dans la pensée scientifique). Ce n’est pas parce qu’elle sert le prolétariat qu’une théorie scientifique est vraie, c’est au contraire parce qu’elle est vraie qu’elle intéresse le prolétariat conscient et que, bien souvent, elle est vivement combattue par la réaction. Lénine avait par avance réfuté le subjectivisme de classe exacerbé de Jdanov et de son interprétation sur-politisante de l’histoire des sciences quand il disait à propos de l’économie politique marxiste qu’elle n’est pas vraie « parce qu’elle réussit » (position pragmatique d’apparence matérialiste mais de facture idéaliste : car la notion de « réussite » est terriblement subjective), mais qu’elle aide au contraire les classes opprimées à réussir dans sa lutte parce qu’elle décrit objectivement la réalité du capitalisme. » [p15]

« Décidément, la lutte idéologique au sein même des sciences n’est ni une invention d’Engels, ni une conjecture hasardeuse d’Althusser, ni même – si on lui fait sa juste place sans l’enfler démesurément – de Jdanov ! » [p16]

« D’abord en faisant remarquer que le proverbe russe « la souris ne connaît pas d’animal plus dangereux que le chat » s’applique parfaitement à ceux qui reprochent au « diamat », qui se résume pour eux à Lyssenko ou à Jdanov, d’avoir manqué, à cause de son « dogmatisme métaphysique », la génétique mendélienne … »[p18]

« Contrairement aux micro-« marxistes » qui attaquent le matérialisme dialectique en fustigeant Lyssenko ou Jdanov (c’est aussi piètre que de réduire la grandeur historique du christianisme aux sottises de Tertullien ou de Savonarole), nous citons des auteurs que nous admirons. » [p19]

« …l’énigmatique expression « Racine carrée de Non » vaut évidemment… son pesant de dialectique! De dialectique matérialiste ajouterons-nous, puisque la possibilité d’introduire dans la logique elle-même ce surcroît de négativité « puissancée » vient directement de l’étude directe de la matière et que l’on ne saurait accuser, sans beaucoup de mauvaise foi, d’affreux marxistes jdanoviens d’avoir importé en contrebande cette étrange fonctionnalité logique dans leur interprétation crypto-hégélianisante de la nature. » [p24]

« …nombre d’auteurs marxistes « praxiques », soi-disant inspirés des Thèses ad Feuerbach et/ou de ce qu’il y a de plus fragile chez Gramsci, se sont réclamés du « point de vue de la praxis » pour déréaliser le marxisme, et pour, chemin faisant, forclore la dialectique de la nature et toute idée d’ontologie dia-matérialiste (voire toute forme « mécaniste » de matérialisme historique) rabattues sur l’épouvantail théorique du diamat jdanovien (sic). » [p31]

https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2019/03/dialogue-entre-G.-Suing-et-G.-Gastaud-sur-l%C3%A9volution-biologique-et-lontologie-des-sciences.pdf   )

.

( 10  https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/ )

.

( 11  https://youtu.be/2xX2H4F4PjA )

.

( 12  Werner Heisenberg, Le Manuscrit de 1942, édition du Seuil

http://www.seuil.com/ouvrage/philosophie-le-manuscrit-de-1942-werner-heisenberg/9782020206464

éditions Allia

https://www.editions-allia.com/fr/livre/300/le-manuscrit-de-1942 )

 

 

( 13  Quelques articles utiles pour aborder le sujet de l’épigénétique :

>>> Moving through the Stressed Genome: Emerging Regulatory Roles for Transposons in Plant Stress Response

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpls.2016.01448/full

 

>>> Les mutations de la théorie de l’évolution

https://www.pourlascience.fr/sd/biologie/les-mutations-de-la-theorie-de-levolution-17063.php

 

>>> Éléments transposables et nouveautés génétiques chez les eucaryotes – Société Française de Génétique

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/1579/2000_11_I.pdf?sequence=4

 

>>> Potential impact of stress activated retrotransposons on genome evolution in a marine diatom

https://bmcgenomics.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2164-10-624

 

>>> Etude d’un clade de rétrotransposons Copia: les GalEa, au sein des génomes eucaryotes – Tifenn Donnart

http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.874.6815&rep=rep1&type=pdf

 

>>> L’Hérédité épigénétique en évolution

https://www.researchgate.net/publication/326146282_L’Heredite_epigenetique_en_evolution

 

>>> La régulation épigénétique des éléments transposables dans les populations naturelles de Drosophila simulans – Benjamin Hubert

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00815956/document

 

>>> Transposons : des gènes anarchistes ?

https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-cellulaire/transposons-des-genes-anarchistes-1485.php

http://www.edu.upmc.fr/sdv/masselot_05001/biodiversite/transposons.html

http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/cp_flamenco.pdf

 

>>> Comparaison de séquences d’éléments transposables et de gènes d’hôte chez cinq espèces : A. thaliana, C.elegans, D. melanogaster, H. sapiens et S. cerevisiae – Emmanuelle Lerat

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00815956/document

 

>>> Epigénétique : des modifications transitoires?

https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/epigenetique-des-modifications-transitoires_19401

 

>>> Comprendre l’épigénétique

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/epigenetique )

.

( 14  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/14/anti-suing-ou-mene-ce-debat-sur-le-lyssenkisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/10/anti-suing-mutations-mortelles-au-cafe-lyssenkiste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/13/anti-suing-et-neo-lyssenkisme-une-suite-au-debat/ )

.

( 15  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/01/19/cafe-marxiste-ou-tasse-de-the-revisionniste/ )

.

( 16 En 2016 déjà, entre autres exemples, M. Suing recevait, en réponse à cet article…

« Lyssenko, un imposteur ? »

https://www.legrandsoir.info/lyssenko-un-imposteur.html

cette réponse appropriée de D. Meeus :

« À propos de Lyssenko, pour une relation correcte entre science et philosophie »

http://www.meeus-d.be/philo/questions/Lyssenko-sci-philo.html )

 

( 17 ВАСХНИЛ 1948 https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%B2%D0%B3%D1%83%D1%81%D1%82%D0%BE%D0%B2%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F_%D1%81%D0%B5%D1%81%D1%81%D0%B8%D1%8F_%D0%92%D0%90%D0%A1%D0%A5%D0%9D%D0%98%D0%9B_(1948) )

 

ANNEXE:

 

Un autre extrait des polémiques de l'époque,

une correspondance SAPIR/LUNITERRE:

*******************************************************************

Chers Camarades,

Je souscris à votre analyse, tant sur l'objet (le lyssenkisme) que sur les erreurs de méthodes que vous analysez.

La position de Youri A. Zhdanov a été la plus correcte (ce qui n'implique pas qu'elle ait été parfaite) sur ce point.

Il faut savoir que son père Andrei Zhdanov, s'était battu dans les dernières années de sa vie (depuis 1944) pour le retour à une "légalité communiste", qui impliquait que seule une décision collective pouvait modifier la ligne politique du PCUS et que le Secrétaire Général était politiquement contraint par cette ligne. J'en ai parlé à Youri Andreevitch quand je l'ai connu, à Rostov - dont il était l'une des pièces maitresses de l'université - en 2002. Il m'a affirmé que son père aurait publiquement reproché à Staline de ne pas réunir le congrès du Parti, seul organisme qui soit abilité à traiter des problèmes graves de lignes politique. Mon opinion sur Andrei Zhdanov, depuis le début des années 1980, quand j'étais tombé sur les textes de ses diverses interventions post-1944 dans le cours de ma thèse, est assez différente de celle qui a cour en France dans les milieux dits "de la recherche".

La disparition d'Andrei Voznesensky, le "père" de l'économie de guerre de 1941 à 1944, exécuté sans procès et qui fut un proche d'Andrei Zhdanov jette une ombre sur les conflits virulents au sein de la direction du PCUS à partir de 1947.

Dernier point, je vous mets le récit de ma première rencontre avec Youri A. Zhdanov, à travers un extrait d'un petit texte écrit en l'honneur de l'académicien Viktor V. Ivanter, décédé en septembre dernier.

Salut et fraternité

Jacques Sapir

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« Une troisième anecdote, elle plus légère, date du séminaire sur les problèmes régionaux qui se tint à Rostov sur le Don au début du mois d’octobre 2002. Nous étions accueillis par l’Université de Rostov, la salle était remplie des professeurs et des responsables de la région, et l’introduction du séminaire fut confiée à Yuri Andreevitch Jdanov, académicien, directeur du centre scientifique du Caucase du Nord, représentant plénipotentiaire du Président de la Fédération de Russie pour le développement culturel et scientifique de la région sud. Entendant le nom, je sursautais. L’homme était-il le fils d’Andrei Jdanov, le responsable des questions idéologiques sous Staline et le père de la « doctrine Jdanov » des débuts de la guerre froide ? Viktor me le confirma d’un regard. Puis, profitant du brouhaha qui s’instaurait alors que tous prenaient place et que nous montions à la tribune, il me glissa, « oui, c’est le fils de Jdanov, mais tu vas voir, il est très bien ».

Yuri Andréevitch prit la parole et nous servit, pendant les dix minutes qui suivirent, un petit discours mi-diplomatique, mi-intellectuel, dans lequel il glissa plusieurs remarques de bon sens sur le développement des institutions de la recherche. Puis vint le couplet sur l’amitié franco-russe, où l’orateur montra une très bonne connaissance de la littérature française et de la musique de la fin du XIXème siècle. Entre Dumas, Maupassant, Ravel et Fauré, nous étions ici aux antipodes du réalisme soviétique prôné par son père. Mais, soudain, dans sa conclusion, il se déchaîna sur ce qu’il appela la sous-culture américaine de l’hyper-violence et de l’hyper-sexe. Viktor se tourna vers moi avec un grand sourire et dit à mi-voix « genetika govorit » (la génétique parle). Les minutes qui suivirent comptent parmi les plus difficiles de ma vie car j’eu la plus grande peine à réprimer un fou-rire et à garder l’apparence sérieuse qui convenait devant cette assemblée. »

Jacques SAPIR

https://www.les-crises.fr/tag/russeurope-en-exil/ 
Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales
Directeur du CEMI, 

Equipe de l'Institut Franco-Allemand d'Etudes Européennes

Membre étranger de l'Académie des Sciences de Russie

EHESS - 54 Bd Raspail, 75006 Paris, France

 

 

****************************************


RÉPONSE TML >>>

 

Bonjour, camarade

 

Je me permets de vous renvoyer ce titre, malgré d'éventuelles divergences de vues et d'analyses, en vous remerciant en premier lieu de l'attention que vous avez bien voulu porter à ce modeste travail d'autodidacte.

 

C'est déjà, en soi, un geste appréciable, car la « hauteur de vue » de la plupart des « marxistes universitaires » les empêche généralement d'y jeter un autre regard que méprisant, fustigeant l' « ignorant », ce qui leur permet également de s'épargner de répondre sur le fond, comme on vient encore de le voir, précisément, avec cet article.

 

TML est un blog qui se revendique donc du marxisme-léninisme, considéré comme outil d'analyse fondé sur le matérialisme dialectique, héritage du mouvement ouvrier, et non comme l'expression particulière de tel ou tel courant idéologique.

 

Néanmoins, l'une des bases en est précisément le « Rapport Jdanov » de 1947, dans sa version originale et intégrale, largement cité dans le premier article paru sur TML, en 2013.

 

C'est en étudiant, dans les sources russes, relativement accessibles sur le net, les conditions de la mort d'Andreï Jdanov que nous avons eu vent, pour la première fois, du rôle de son fils à cette même époque, 1948. Mais ce n'est que récemment que nous avons pu découvrir quelques uns de ces écrits, republiés notamment à l'occasion du centenaire de sa naissance.

 

En un certain sens, TML est donc maintenant « Jdanoviste » par le père et par le fils (...pour le Saint-Esprit, cela peut encore attendre...).

 

Ceci dit, être « Jdanoviste » n'est pas, à notre sens, un substitut pour le ML, comme le sont souvent les idéologies qui se présentent assez ridiculement comme des « étapes supérieures » de développement théorique, mais bien au contraire un état d'esprit dans lequel considérer toutes choses sans préjugés, c'est à dire tout à fait au contraire de la caricature que tentent d'en faire non seulement nos ennemis de classe mais aussi une bonne partie de la gauche militante.

 

Et donc, l'estime que vous semblez accorder à Andreï Jdanov est pour nous tout aussi appréciable que celle que vous manifestez pour son fils.

 

Concernant Vosnesensky, et partant de l'évidence que vous faites bien allusion, en fait, à l'économiste Nikolaï Alekseïevitch et non pas à Andreï, le poète, il nous semble qu'il faut nécessairement considérer son cas dans le cadre de l' « affaire de Leningrad », et non pas isolément. 

C'est assurément une affaire tragique, dont tout le monde, encore aujourd'hui, se rejette la responsabilité, même si à titre purement « historique » et donc avec moins de conséquences, heureusement !

 

Difficile, donc, de se prononcer, face à des sources aussi contradictoires, et ce serait d'autant moins, faute d'une étude approfondie, une attitude matérialiste dialectique...  

La seule chose qui semble archi-évidente, c'est la responsabilité personnelle et directe de Malenkov, quasi revendiquée... 

Mais il n'a pas agit tout seul, et dans ses soutiens les uns mettent Beria, d'autres Khrouchtchev, d'autres s'acharnent évidemment sur Staline, etc...

 

Tout à fait incidemment, je suis tombé, ces jours ci, sur un document intéressant, déjà, par les sources qu'il mentionne, et aussi par sa méthode d'approche, qui se base sur les fondamentaux économiques du marxisme, une démarche nécessairement appréciée sur TML ! 

Cette démarche tranche donc avec la plupart des autres, qui se concentrent sur les luttes de clans et de personnes, effectivement féroces pour cette période.

Mais derrière ces luttes, il y a aussi la lutte des idées, comme expression de la lutte des classes, qui se réduit parfois, il est vrai, à une lutte entre ceux qui en ont et ceux qui n'en n'ont pas... Et il en découle, de fait, qu'on ne saurait donc taxer ces derniers d' « idéalistes », ce qui reste leur dernière excuse, au regard de l'histoire...

Mais ce n'était pas le cas de N.A. Vosnesensky, et l'auteur, ici, lui fait donc une sorte de procès en révisionnisme, en se référant essentiellement à ses écrits, et non pas aux griefs concrets d'inculpations généralement évoqués dans cette affaire. Pour une idée plus précise il faudrait donc disposer des sources évoquées, voire de l'article dans sa langue originale.

__« Staline et la Question du «Socialisme de Marché» en Union Soviétique Après la Seconde Guerre Mondiale »

https://revolutionarydemocracy.org/French/stalinemarksoc.htm 

 

Quoi qu'il en soit, je vous remercie également pour l'anecdote, effectivement savoureuse, de votre première rencontre avec Yuri Jdanov. Comme vous le mentionnez en début de mail, personne ne saurait incarner la perfection, ni dans ses propos ni dans ses actes, ce qui serait, de plus, un concept typiquement idéaliste... Il ne s'agit donc pas non plus, dans une démarche ML, de substituer le culte d'une personnalité à la place d'une autre. Ce que l'histoire des Jdanov incarne, en un sens, c'est, par contre, la continuité d'un combat pour faire vivre les fondamentaux, de manière évolutive, en connexion avec l'évolution sociale, culturelle et scientifique. A ce propos, je me permets de vous communiquer une de mes trouvailles récentes parmi les textes de Yuri accessibles sur le net, illustrant assez bien cette démarche, sinon « parfaitement », concernant précisément les rapports entre matérialisme dialectique et épistémologie :

 

Ю.А. Жданов - Материалистическая диалектика и проблема химической эволюцииx_PDF

https://p0.storage.canalblog.com/00/19/1716556/128906554.pdfx

 

Mais peut-être le connaissez vous déjà ?

 

Il y a donc, néanmoins, des degrés d' « imperfection » qu'on aimerait atteindre... !

 

Bien à vous,

 

Amicalement,

 

Luniterre

 

L'article en doc PDF:

Le lyssenkisme a-t-il à nouveau droit de cité dans la science française? PDF

https://p7.storage.canalblog.com/70/33/1716556/128981393.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par EnAvantMarx à 15:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 mars 2021

Grundrisse: ce que Marx avait réellement "prévu", ...ou pas!

MARX CAPITAL

 

 

 

Marx a-t-il réellement prévu la fin du capitalisme et/ou l’émergence du banco-centralisme ???

Évidemment Marx militait pour le communisme, qu’il considérait simplement comme le mouvement du réel, et non comme une secte partisane d’aucune sorte, dotée de quelque dogme idéologique que ce soit.

Mais, d’une part, il n’a jamais considéré que le socialisme/communisme interviendrait automatiquement par la faillite du capitalisme, mais seulement par l’intervention politique consciente du prolétariat, et d’autre part il n’a jamais considéré que la faillite du capitalisme signifierait donc automatiquement la fin du pouvoir de classe de la bourgeoisie, qui préexistait, de fait, sur le terrain de la vie économique, à l’avènement du capitalisme industriel.

Mais qu’est-ce que Marx définissait comme étant le capitalisme de l’ère industrielle, sinon l’élargissement constant du capital par le cycle productif industriel, élargissement basé sur la production de plus-value dégagée par ce mode de production capitaliste industriel ?

Or comment Marx définissait la fin du capitalisme, en tant qu’évolution du mode de production, sinon précisément par la fin de la production d’une plus-value suffisante pour son élargissement ?

Cette fin est clairement identifiée, dans son œuvre, par le fait qu’avec le développement des forces productives modernes, de plus en plus automatisées, déjà en son temps, simplement celui de l’émergence d’une industrie mue par la vapeur, et donc aujourd’hui, à plus forte raison, à l’ère de l’informatisation et de la robotisation, le cycle de reproduction du capital fixe, nécessaire au développement de cette machinerie automatisée, l’emporte nécessairement, progressivement, mais inexorablement, sur le cycle du capital variable, celui du travail humain vivant productif et directement objectivé dans la production, sur la ligne de production elle-même.

Or, comme il nous l’explique si bien, ce n’est que de ce dernier cycle que provient la plus-value qui permet l’élargissement du capital.

Il y a donc nécessairement un moment de l’histoire du capitalisme où le financement du renouvellement de la masse du capital fixe nécessaire au développement économique l’emporte, en termes de masse financière, sur la masse financière mise en mouvement dans le capital variable.

Et il y a donc aussi, et tout aussi inexorablement, un moment où la masse de plus-value encore dégagée par le capital variable en mouvement ne suffit plus à refinancer l’élargissement continu de la masse du capital fixe dans le mouvement productif, concentrée sur les moyens de production de plus en plus modernes, automatisés et robotisés.

Il y a donc un moment historique où la dette globale du système, principalement basée sur l’importance des investissements nécessaires en capital fixe, ne peut plus être remboursée par le cycle normal de la plus-value encore créée par le travail productif humain, mais, proportionnellement, constamment en réduction. L’augmentation de la dette globale du système est donc inéluctable, à ce stade, qui est déjà le nôtre, en fait, depuis plusieurs décennies.

La tendance « compensatoire » inévitable étant alors simplement de déconnecter les marges bénéficiaires formellement nécessaires à ce remboursement d’avec les marges de valeur-travail réellement encore produites.

Cela entraîne donc nécessairement une déconnexion de la masse monétaire en circulation d’avec la valeur encore réellement créée par le travail.

Dans ses Grundrisse, dès 1857, et donc dix ans déjà avant la publication du Livre 1 du Capital, Marx nous explique la déconnexion progressive qui s’opère, avec les processus d’automatisation, entre valeur et temps de travail.

Pendant plus d’un siècle, à la suite, même sans avoir connaissance des Grundrisse, publiées seulement en 1939, les capitalistes ont entretenu aussi méthodiquement et férocement que possible le lien entre temps de travail et valeur produite, notamment à travers les méthodes du taylorisme, et on comprend donc bien pourquoi…

Ces méthodes sont toujours à l’œuvre, sous une forme ou sous une autre, dans les secteurs productifs qui le rendent encore possible, mais la déconnexion entre temps de travail et valeur commercialisable réellement produite n’en est pas moins inexorable, globalement, du fait que la valeur de la production est de plus en plus, et directement, la simple reproduction du capital fixe formellement investi, et déjà, le plus souvent, sous forme de dette.

L’équilibre formel global, c’est-à-dire formellement « comptable », exige donc une masse monétaire toujours croissante, et donc le gonflement quasi-permanent du bilan des Banques Centrales, émettrices de liquidités, en dernier ressort.

Elles sont donc, en dernière analyse, le poumon du système, en termes de « respiration monétaire », et son cœur, en termes de pouvoir politique réel.

A défaut de socialisme/communisme, c’est-à-dire, d’intervention politique consciente du prolétariat, c’est donc bien la mutation banco-centraliste du système de domination de classe qui représente, que cela nous plaise ou non, le mouvement du réel.

En ce sens, il est tout à fait évident que Marx avait donc « prévu » et la faillite du capitalisme et sa mutation banco-centraliste.

EnAvantMarx!

 

 

MARX CAPITAL VLR



 

 

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