Ciel de France - Vers une Nouvelle Résistance Populaire en France!
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Plutôt amusant ce petit article de Branko Milanovic signalé en lien sur VLR... Utile, tout de même, dans la mesure où il commence par un assez bon résumé de la problématique de la composition organique du capital. En nous rappelant notamment que la plus-value extractible de la production tend bien vers zéro avec la robotisation totale. Pour le reste il est d'ores et déjà tout simplement complètement dépassé par la réalité, et surtout, celle de la tertiarisation. La société de classes continue à tenir debout sur cette base, qui ne produit plus que très peu de plus-value réelle, mais cela n'empêche pas la classe dominante d'engranger des profits records, et cela malgré la "crise". Malgré ou à cause, c'est donc une autre histoire...
Il nous faut donc encore répéter ici que profit et plus-value ce n'est pas forcément la même chose. Le profit dépend d'abord de la masse monétaire en circulation et de la demande, et ne se limite pas à la réalisation de la plus-value extractible de la production.
Et la masse monétaire est presque indéfiniment extensible, via la dette publique transformée en actif financier de base circulant comme collatéral des autres opérations financières spéculatives.
La dette est elle-même devenue une pyramide de Ponzi dont la base est indéfiniment renouvelable et extensible, une nouvelle dette "remboursant" et remplaçant chaque ancienne arrivant à "maturité".
Et en cas de "problème" une nouvelle vague de "Quantitative Easing" est toujours possible.
Ce système banco-centraliste est donc relativement "stable" dans la mesure où il arrive à contrôler et à "gérer" lui-même ses propres "crises".
Il n'a donc pas de "fin" systémique "programmée", contrairement au capitalisme, borné par la limite "zéro" du taux de plus-value selon l'évolution du ratio c/v fort justement résumée par Milanovic.
Il n'a donc pas besoin non plus de grandes "purges" style "guerres mondiales" avec destruction totale du capital fixe et "reconstruction".
Une situation de guerres larvées et plus ou moins permanentes lui fournit un excellent motif pour "justifier" l'extension non moins permanente de la dette publique, d'une part, et pour faire circuler des liquidités liées au cycle de renouvellement du capital fixe, d'autre part.
La guerre permanente et la menace d'une conflagration "finale" étant en outre un double levier de terreur et de contrôle des populations. Le terrorisme "classique" restant en quelque sorte une "option complémentaire"...
Bref, le prolétariat industriel étant réduit à peau de chagrin sinon tout à fait à néant, il n'y a qu'un sursaut collectif de l'ensemble des classes populaires "tertiarisées" et "éclatées" par cette tertiarisation qui peut mettre fin à ce nouveau système d'oppression.
En fonction de l'évolution systémique des rapports de production la dette qu'elle engendre en partie inévitablement ne peut donc pas être totalement réduite, mais elle peut être collectivement maîtrisée et réduite à ce qui est réellement socialement nécessaire au bien commun.
D'où le principe du rétablissement du Conseil National du Crédit, sur une base constitutionnelle démocratique et donc avec les pouvoirs de contrôle y afférents, par nature supérieurs au pseudo-"droit constitutionnel européen" et d'une manière plus générale à tout droit d'origine supranationale, dont le prétendu droit US "extraterritorial".
Malgré ce qui semble être à priori un "bon début" le texte de Milanovic dévie donc totalement de la réalité du sujet et étant donné l'histoire et la situation du personnage on peut légitimement s'interroger sur la "sincérité" de sa démarche, entre fausse "naïveté" et opportunisme de "situation" sociale et "académique".
Mais comme souvent avec ce type de pseudo-"marxiste" plus ou moins dévoyé c'est au moins une occasion de réflexion supplémentaire et de mise à jour d'une approche critique en fonction de l'actualité malheureusement brûlante pour les victimes des guerres en cours.
Luniterre
PS >>> Merci au camarade Bouhamidi Mohamed pour nous avoir signalé ce petit article particulièrement "révélateur" de Branko Milanovic.
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Pour l’analyse marxiste et néoclassique, une économie composée uniquement d’un secteur hautement automatisé est incompatible avec le maintien du capitalisme
Quels seraient, du point de vue marxiste, les effets probables d’une introduction massive de l’intelligence artificielle dans l’économie ? À première vue, les implications pour la théorie de la valeur du travail de Karl Marx semblent négatives ou contradictoires avec les faits ou nos attentes.
L’intelligence artificielle implique l’introduction de techniques de production de capital extrêmement intensives ou, pour reprendre la terminologie marxiste, de processus à très forte composition organique du capital. En d’autres termes, l’IA implique un rapport c/v très élevé. C’est-à-dire le ratio entre le capital constant (c) et le capital employé par rapport à la main-d’œuvre employée (v). Si la présence de main-d’œuvre est rare et, peut-être dans le cas d’une production entièrement automatisée, proche de zéro, la plus-value produite par le travail doit également être rare ou proche de nulle. Quel que soit le niveau d’exploitation, un très petit v implique un très petit s (plus-value).
Nous établissons donc que le taux de profit [ s /( c + v )] doit également être très bas, conformément à l’une des « lois du développement capitaliste » les plus célèbres de Marx, à savoir la tendance du taux de profit à diminuer avec l’introduction de processus de production plus intensifs en capital. Dans le cas d’une production presque entièrement automatisée, le taux de profit doit devenir zéro ou proche de zéro. Comme le disent Marx, Joseph Schumpeter et le bon sens, un capitalisme sans profit est une absurdité. Les capitalistes n’investiront pas si leur rendement attendu est nul. Ainsi, la tendance du taux de profit à diminuer marque la fin du capitalisme.
Bien avant l’apparition de l’intelligence artificielle, c’était l’idée discutée par les économistes marxistes du début du XXe siècle, tels que Rosa Luxemburg et Henryk Grossman. Ils prédisaient que les capitalistes, par la concurrence, conduiraient à des processus de production de plus en plus intensifs en capital. La logique de base était que tout remplacement de la main-d’œuvre par des machines réduisait les coûts pour les entreprises individuelles, mais qu’avec l’adoption universelle de ces techniques, il y aurait une diminution de la plus-value et, par conséquent, du taux global de profit.
Alors, l’intelligence artificielle mènera-t-elle à la fin du capitalisme ? Cette hypothèse ne semble pas conciliée avec les faits ni avec les attentes de bénéfices non moindres, mais plus élevés découlant de l’introduction de l’IA. Marx avait-il complètement tort ? Peut-être pas.
Pour comprendre cela, considérons l’économie composée de deux secteurs. Premièrement, le secteur avec une composition organique de capital très élevée, exactement comme nous l’avons décrit. Supposons maintenant que l’automatisation totale de la production dans ce secteur crée une demande pour la production de biens et services que seul le travail humain de chair et de sang peut accomplir, ou où le travail humain de chair et d’os est supérieur à l’intelligence artificielle : pensez aux activités de soins, au sport, aux soins infirmiers, aux compétences culinaires de haut niveau, à la formation des coachs, au travail de barman, à l’écriture créative et à une multitude d’autres activités qui – précisément parce que certaines peuvent être réalisées de manière approximative par l’intelligence artificielle – prendront de plus en plus de valeur si elles sont réalisées par un travail humain en chair et en os et qualifié. Des milliers d’enseignants pourraient être remplacés par l’IA, mais la demande pour de très bons enseignants, capables de dépasser l’IA, augmentera.
Par la suite, un second secteur se développera, exactement à l’opposé du secteur entièrement automatisé. Elle se caractérisera par une faible composition organique du capital : le capital constant (c) sera faible comparé au capital variable (c’est-à-dire par rapport au montant du capital employé et versé sous forme de salaires). Contrairement au secteur automatisé, il générera une énorme valeur ajoutée.
Comme nous le savons, dans le capitalisme, les biens et services ne sont pas vendus à la valeur du travail, mais aux prix de production qui équilibrent les taux de profit dans les secteurs à forte et faible intensité du travail (c’est-à-dire dans des secteurs à composition organique différente du capital). Cela signifie qu’en équilibre, la quantité de profit dans le secteur automatisé sera proportionnelle à l’énorme capital employé dans ce secteur. Par conséquent, le profit de notre secteur automatisé ne sera pas aussi négligeable qu’il en avait l’air au départ, en le considérant isolément et en supposant que toute l’économie soit composée uniquement de lui. Inversement, le taux de profit peut augmenter, car le remplacement de la main-d’œuvre dans un secteur s’accompagne de la création de processus de production à forte intensité de main-d’œuvre dans d’autres secteurs.
En termes simples : alors qu’une partie de l’économie fonctionnera exclusivement avec des machines (où j’inclus l’intelligence artificielle dans le terme « machine »), une autre partie de l’économie sera beaucoup plus intensive en main-d’œuvre, probablement même plus qu’aujourd’hui. Cela signifie à son tour que les profits dans le secteur de l’IA pourraient être élevés, mais seulement si la croissance de ce secteur s’accompagne d’une demande croissante de biens et services produits par le travail humain, et donc l’émergence de ce second secteur. Si le secteur de l’IA absorbe toute l’économie, alors, selon les analyses marxistes, le taux de profit tendra à tomber à zéro.
Même dans le contexte de l’analyse néoclassique, ce serait le résultat, car une production entièrement automatisée qui n’emploie pas du tout de main-d’œuvre implique des salaires totaux égaux ou proches de zéro, et il devient incertain à qui l’abondance résultant de la nouvelle production pourrait être vendue. Ainsi, l’abondance générée par l’IA conduit, même dans un monde néoclassique (en l’absence d’une énorme redistribution en faveur des non-fonctionnels), à une demande agrégée insuffisante et, par conséquent, à un taux de profit proche ou égal à zéro. Dans le monde néoclassique, comme dans le monde marxiste, la montée de l’IA doit s’accompagner d’une augmentation équivalente des activités à forte intensité de travail afin de maintenir l’équilibre de l’économie et d’empêcher la demande globale et le taux de profit de diminuer à zéro.
En résumé : dans les mondes marxiste et néoclassique, une économie composée uniquement d’un secteur hautement automatisé est incompatible avec le maintien du capitalisme. Dans le premier cas, parce que la plus-value produite et donc le profit sont égals à zéro ; dans le second cas, parce que la demande agrégée insuffisante conduit à zéro bénéfice. La situation ne peut être « sauvée » que par une augmentation équivalente d’un secteur à forte intensité de main-d’œuvre ou par une redistribution massive en faveur de ceux qui ne travaillent pas.
Ainsi, nous envisageons un avenir pour le travail moins sombre que certains ne le prétendent. Les activités où le travail ne peut être remplacé par l’intelligence artificielle prospéreront. L’intelligence artificielle va-t-elle entraîner une déqualification générale du travail ou non ? À première vue, il semblerait que l’IA entraînera une déqualification du travail simplement parce que de nombreuses compétences (comme l’informatique, le développement logiciel, la rédaction et même les mathématiques) deviendront superflues, pouvant être réalisées par des machines. Cependant, ce processus pourrait être, et sera probablement, contrebalancé par la création de professions où les compétences professionnelles dépasseront le niveau actuel, simplement parce qu’elles devront être supérieures aux niveaux de compétence produits par l’IA pour que les gens veuillent acheter de tels produits et services.
Ainsi, alors qu’une partie de la main-d’œuvre peut souffrir d’une perte de compétences ou, pour être franc, d’appauvrissement culturel, une autre partie deviendra plus sophistiquée et beaucoup plus qualifiée. Pour rester compétitifs, ils devront rivaliser davantage avec les machines qu’avec d’autres humains. Mais tant que nous croyons en l’adaptation humaine, nous pouvons penser qu’il y aura toujours un segment du travail humain capable de faire des choses que les machines ne peuvent pas, ou, même lorsque le même résultat est produit par les deux, qui serait plus apprécié (et donc plus valorisé) s’il était réalisé par un être humain plutôt que par une intelligence artificielle. Un patineur sur glace tout aussi compétent, généré par l’IA, est peu susceptible d’être aussi apprécié qu’un patineur humain. Du moins, pas par les humains.
Branko Milanovic
*Branko Milanovic, l’un des experts internationaux les plus connus sur le sujet des inégalités, est professeur à la City University of New York. Cet article a été publié sur JacobinMag. La traduction est assurée par l’équipe éditoria
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Récent sur le thème :
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Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d'économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
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Richard Werner, "père spirituel"
et "apprenti sorcier" du banco-centralisme
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De l'or à l'électron, une brève histoire d'argent...
Le temps, c'est de l'argent, selon le dicton populaire bien connu... Il ne saurait pour autant être question, sauf sur le mode de la plaisanterie, évidemment, de justifier autrement l'allusion du titre de ce très bref article à l'œuvre de Stephen Hawking. Il s'agit par contre effectivement de répondre au plus court, dans un post de blog, au questionnement d'un lecteur sur VLR qui a du mal à s'y retrouver dans les notions économiques les plus élémentaires, suite à une polémique qui s'est renouvelée, sur ce média, à propos de la désormais quasi « légendaire » Loi Pompidou-Rothschild, supposée avoir mis fin au financement de l'Etat par la Banque de France et avoir ainsi démarré la période d'endettement de plus en plus incontrôlable dans laquelle notre pays est en train de sombrer. Alors qu'un peu de recherche montre que s'il y a bien une « concordance des temps » entre les deux phénomènes, il n'y a pas forcément un lien de cause à effet, le financement de l'Etat par la BdF ayant déjà été réduit à peau de chagrin depuis longtemps à cette époque, sans pour autant avoir cessé totalement à la suite de cette loi, et ayant même continué jusqu'au traité de Maastricht en 1993, dans des proportions sensiblement constantes, c'est à dire faibles, mais pas négligeables, ce qui aurait pu, par exemple, éviter de recourir au tristement (pour les finances publiques) fameux « emprunt Giscard », qui aurait pu rentrer dans l'enveloppe encore existante du « financement BdF », si la volonté politique eut été là.
Luniterre
Le post de Dominique :
« Si j’ai compris, une banque centrale sert à créer la monnaie qui circule dans un état et ses clients sont les états.
Cela implique que dans un état donné, l’argent en circulation vient de sa banque centrale ou d’une banque centrale de banque centrale comme le FMI et sa Banque Mondiale.
Cela implique que le simple fait pour un état de disposer d’argent dépend d’une banque, ceci indépendamment du fait que cet argent soit à lui sous forme d’actifs dans ses comptes, ou emprunté. Si cette banque est publique, il pourra éventuellement en disposer sans payer d’intérêt sur le seul fait que cet argent existe, tandis que si cette banque est privée, il devra payer des intérêts pour qu’il existe, ce qui implique que si cet argent est emprunté, il devra payer deux fois, la première pour le faire exister, la seconde pour l’emprunter et pouvoir en disposer.
L’économie, c’est comme la politique, ça sert à nous diviser pour que les gros puissent se goinfrer en nous dansant sur le ventre.
"ILS" disent tout sur la DETTE sauf la vérité ! Vidéo 25’57 19 juillet 19:07, par Dominique
A l’origine, la monnaie était essentiellement métallique, or, argent, cuivre, et peu commode pour les transactions commerciales importantes. Les premières banques sont apparues pour réaliser des transactions basées sur la confiance, et sans avoir à transporter couramment de grandes quantités de monnaie. Agissant comme des « réservoirs », en quelque sorte.
Par la suite sont apparus les « billets de banque » qui, en fait, évitaient précisément de passer constamment à la banque pour effectuer des transactions.
Mais cela restait toujours mal commode pour les transactions importantes et petit à petit le système en est venu à « dématérialiser » les transactions, y compris pour de toutes petites sommes.
Pour l’essentiel l’argent n’est plus qu’un ensemble de lignes de comptes informatisées qui varient entre elles au gré des échanges eux-mêmes informatisés.
De sorte que même si la Banque Centrale continue d’être responsable de la gestion des « espèces » proprement dites, cela ne représente qu’une fraction infime de l’argent total en circulation. Son rôle de Banque Centrale est donc néanmoins et plus que jamais celui d’une sorte de « réservoir » au croisement de la circulation de toutes les transactions des autres banques, en principe désormais « privées » et responsable de l’activité économique en termes de réalisation de la plupart des transactions.
Les transactions interbancaires sont finalisées par leur passage par la Banque Centrale, même si en partie « déléguées » à des organisme type « chambres de compensation ».
La création monétaire se fait principalement par le moyen du crédit bancaire, et en principe seulement secondairement par les opérations type « quantitative easing » directement pilotées par les Banques Centrales, mais comme elles ont la main sur les taux du crédit, ce sont donc elles qui « pilotent » en permanence la circulation monétaire.
Mais surtout, elles agissent comme prêteur en dernier ressort pour les autres banques, et en fin de compte également envers les Etats, même si « indirectement », à travers, précisément, des opérations type « quantitative easing ».
En pratique, elles contrôlent donc déjà, pour l’essentiel, la circulation monétaire, et ce contrôle deviendra absolu et total, et potentiellement jusqu’au dernier centime, avec la mise en place des « Monnaies Numériques de Banques Centrales », et évidemment, surtout si elles se généralisent, et ce qui pose donc la question de leur hégémonie potentielle sur l’ensemble de la vie économique et sociale, même si cette hégémonie est déjà en partie réalisée, par les biais indirects précités.
De plus, même en dehors du « quantitative easing » la dette des Etats est un type d’actif en circulation parmi d’autres et notamment dans les circuits interbancaires et à tous les niveau importants de transactions financières, et donc de toute façon elle n’échappe jamais complètement au contrôle de la Banque Centrale.
Les Etats qui se posent en force d’autorité chacun sur leur pays restent néanmoins les esclaves de leurs dettes publiques et donc in fine de la Banque Centrale qui peut en « réguler » le taux, éventuellement jusqu’à « strangulation », comme ce fut le cas de la Grèce il y a quelques années.
Paradoxalement la dette est donc désormais la base et la source de la « richesse » de la ploutocratie qui gouverne réellement le monde, sans tambours ni trompettes, mais malheureusement au son des canons, missiles, drones, etc…, néanmoins.
La dette s’est formée du fait de l’évolution des rapports de production, et principalement de la robotisation et de la tertiarisation. Une fois générée de manière quasi irréversible comme conséquence du « progrès » technologique, elle entraîne dans son sillage tout un monde de parasites « financiers » qui n’ont aucun intérêt à la voir se « réduire », même si cela reste possible en fonction d’une gestion éventuellement rationnelle et au service du bien commun.
Pour comprendre la genèse du banco-centralisme à partir du capitalisme « classique » il y a cette étude :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
Et si tu veux te concentrer uniquement sur la partie « technique » de l’article, tu peux commencer directement à
Capital, capitalisme, de quoi Marx parlait-il ?
…et qu’en est-il aujourd’hui ?
Où l’article reprend la base de la formation du capital industriel et son évolution jusqu’à nos jours.
Ce qui reste tout de même impossible à résumer dans un post, et j’ai déjà assez « brutalement » résumé le rôle des Banques Centrales jusqu’ici…
En tout cas, un truc que tu as très bien compris :
« L’économie, c’est comme la politique, ça sert à nous diviser pour que les gros puissent se goinfrer en nous dansant sur le ventre. »
Luniterre
Récent sur le thème :
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Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d'économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
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"Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il veut faire la guéguerre bien sanglante contre la méchante Russie"… C’est un peu long comme titre, et si cela n’aurait peut-être pas arrêté en si "mauvais" chemin le regretté Jean Yanne, c’est pourtant, comme on va le voir, un autre de ses titres qui caractérise le mieux, en profondeur, l’essence tragicomique de notre époque.
Avec toutes les prétendues "démocraties européennes" réunies à Paris au chevet du "pianiste" Zelensky, on en oublierait presque les relents de nazisme qui ont en quelque sorte "préludé" l’actuelle guerre en Ukraine, surpassant en durée et la première guerre mondiale et la seconde en ce qui concerne l'affrontement germano-soviétique. Et alors que la classe politique française quasi unanime entonne en chœur avec Macron des airs de clairon, quelques voix "de gauche" s’inquiètent que cela "masque le retour du fascisme", « Ne nous laissons pas surprendre », clament ces quelques voix inquiètes…
Inquiétude salutaire ??? Mais ça va faire bientôt 20 ans que la « gauche », « extrême » ou non, s’est laissée « surprendre » par la crise dite des « subprimes » sans être ni capable de l’analyser, ni, évidemment, d’y apporter une réponse de lutte sociale…
Le système de domination de classe, lui, par contre, a su s’adapter en apportant au « problème » la solution « Quantitative Easing », et toutes les nouvelles pratiques banco-centralistes à la suite.
Evidemment, d’un point de vue « anticapitaliste » basé sur une lecture sommaire des « classiques », mais le plus souvent, sur aucune, en réalité, il est difficile de concevoir que le système puisse perdre globalement une masse colossale d’argent-dette tout en entretenant une minorité de parasites plus fortunés que jamais ne l’ont été les capitalistes des époques passées…
Mais c’est vrai qu’il faut déjà commencer par comprendre comment s’est formé et développé le capitalisme, et pourquoi la pente inexorable de son évolution l’a mené globalement à sa fin, pour l’essentiel, avec cette crise et les suivantes.
La pente inexorable de la fin du capitalisme est très bien décrite dans les "Grundrisse", mais cela n’implique pas la fin du système de domination de classe, même si c’était logiquement ce que Marx pouvait en espérer, dans le contexte de son époque. Et bien qu’il n’ait jamais établi, en réalité, une sorte de « lien mécanique » entre les deux.
L’heure du prolétariat industriel est en train de finir, et avec elle, l’heure du capitalisme. Avec le cycle de la dette le système de domination de classe a trouvé comment continuer à faire tenir debout une société déjà « tertiarisée » à plus de 80%.
Ce nouveau système, banco-centraliste, est déjà totalitaire par nature : il n’a donc pas besoin de « passer au fascisme ». Il lui suffit de « moduler » le spectacle de sa pseudo-« démocratie » en fonction des nécessités du moment. Le guignol Macron a plus souvent qu’à son tour joué le rôle du Pandore et en cognant déjà assez fort…
Le duo « Marine et Jordan » n’est jamais qu’une autre paire de marionnettes qui saura jouer tour à tour « Guignol et Pandore », en fonction des besoins.
Idem pour Mélenchon, etc…
Et pour accompagner le "pianiste de Kiev" la nouvelle modulation "symphonique européenne" qui alimente le gouffre de la dette prétend donc trouver le "ton juste" avec la production en masse de matériel militaire destiné en réalité à alimenter cette nouvelle guerre "européenne non déclarée" contre la Russie.
Tant que le prolétariat industriel était le cœur sociologique de la gauche, elle ne pouvait pas être "anti productiviste", dans la mesure où il s’agissait de réorienter la production faite par le prolétariat vers les objectifs sociaux d’amélioration nécessaire de ses conditions de vie.
Jusqu’au tournant des années 60-70 la condition du "smicard" et de sa famille restait une condition de limite de survie sociale, en rapport aux conditions générales de son temps.
Un fois dépassée l’apogée de l’extension du prolétariat industriel, et qui correspond aussi assez bien avec les années 60-70, s’ouvre à la fois la période de son déclin et celle du déclin, en conséquence, du capital productif par rapport au capital financier, en voie de transition vers le banco-centralisme.
Cela concerne en gros l’ensemble de l’Occident industrialisé, et avec quelques années de "retard" le Japon, et désormais la Chine aussi, avec encore un peu plus de retard. Par contre ces deux pays, en manière de "rattrapage", sont « pionniers » concernant la fondation et le développement du banco-centralisme.
Mais dans ce processus la question de la prise du pouvoir par la classe ouvrière a finalement été complètement évacuée, y compris par la classe ouvrière elle-même, c’est juste un fait, fort bien caricaturé par Jean Yanne dans son film, "Moi y’en a vouloir des sous", emblématique de l’apogée du rapport de forces de l’époque.
Aujourd’hui j’ai tendance à penser que la prise de pouvoir par une nouvelle classe sociale ne peut réellement survenir que pendant sa période de développement et d’ascension économique et rarement, sinon jamais, après. Autrement dit, Mai 68 n’était pas la "répétition générale", et encore moins, le "prélude", mais bien plutôt la "dernière chance", en termes d’opportunité historique, ou à peu près. Idem, avec quelques mois ou années de décalage pour les grandes luttes sociales en Italie.
Des luttes d’"arrière-garde" suffisamment puissantes, en alliance avec d’autres classes sociales populaires, auraient éventuellement pu être possibles s’il y avait eu encore une "avant-garde prolétarienne" politiquement consciente et déjà constituée, mais ce n’était pas le cas. Même en Italie, comme la suite l’a montré, malgré des tentatives plutôt confusionnistes.
Dans une période de déclin du prolétariat industriel, devoir à la fois reconstruire une "avant-garde prolétarienne" et une alliance des classes populaires autour d’une telle tentative, c’était quasiment la quadrature du cercle et en ce sens l’échec des diverses tentatives est logique et quasiment naturel.
Anticiper l’évolution banco-centraliste du système de domination de classe était évidemment difficile, mais pas forcément tout à fait impossible. A présent cette question est dépassée vu que nous sommes déjà en plein dedans. Néanmoins la prise de conscience de toute cette évolution n’a pas encore eu lieu et peut encore tarder, voire même ne pas survenir du tout, du point de vue des classes populaires, dans la mesure où précisément elles sont socialement fragmentées par le nouveau système, ce qui est sa plus grande force, sinon même la seule, vu qu’il ne repose autrement que sur la gigantesque arnaque de la dette, une "pyramide de Ponzi" à échelle planétaire.
La nouvelle "société du spectacle" c’est d’arriver à nous faire voir l’envers de la dette accumulée par le système monétaire et financier international sous la forme d'un pseudo-"capital" générant des "fortunes personnelles" effectivement plus "spectaculaires" que jamais, même si entièrement parasites de la dette, quant à leur base réelle.
Et cela fonctionne très bien puisque ça aveugle encore jusqu’aux prétendus "révolutionnaires anticapitalistes" de tous poils, plus ou moins rouges ou plus ou moins verts selon les espèces et leurs diverses variétés hybrides.
Ces "anticapitalistes" sont tout à fait les "Don Quichotte" de notre époque, menant pathétiquement avec un siècle de "décalage" à tous points de vues, mais comme une simagrée, le combat manqué des générations précédentes… !
Mais contrairement au scénario de Cervantès leur entourage bourgeois déjà banco-centralisé n’a donc aucun intérêt à les "ramener à la raison" et à les débarrasser de leurs illusions, bien au contraire…
Combattre un adversaire qui se gourre en permanence de cible est évidemment bien plus facile et contribuer à l’entretenir dans son illusion est donc finalement une stratégie plutôt avisée.
Dans la gauche, un certain nombre de leaders, et y compris et même surtout Mélenchon, ne sont pas réellement dupes et jouent consciemment le rôle de pseudo-"opposition radicale", modulable au gré des circonstances.
Ainsi s’écrit l’histoire d’un nouveau siècle qui se cherche en plus une "justification", au bord du gouffre de sa propre dette, dans des guerres sans rime ni raison, sinon de rappeler aux populations la servilité de leur condition face aux grands illusionnistes de la dette publique. Ce qui constitue toute la signification du « dernier quatorze juillet macroniste européannisé ».
De sa formation moyenâgeuse embryonnaire à son apogée « industrielle », la bourgeoisie devenue capitaliste « productiviste » a connu une ascension quasi millénaire, alors que le prolétariat industriel, de sa formation à son apogée, n’a connu qu’un siècle et demi de réel développement, avant le début de son déclin. Et de plus, en tant que classe devenue dominante, la bourgeoisie a eu tous les moyens de sa propre adaptation à l’évolution des rapports de production, et y compris jusqu’à la période actuelle de robotisation et de banco-centralisation.
La signification symbolique de ce quatorze juillet est bien que le pouvoir actuel de la bourgeoisie repose sur deux « jambes », mais dont l’une est une béquille, la pyramide de Ponzi de la dette publique, et l’autre son industrie militaire, mais financée par la précédente : un stade bancal de la domination de classe, et qui ne tient vraiment que par la fragmentation des classes populaires tertiarisées en une multitude de secteurs d’activités, néanmoins interconnectés et interdépendants. Face à une bourgeoisie avide d’emmener cette population éclatée à l’abattoir de ses guerres seulement utiles au renouvellement de son industrie robotisée, la question n’est plus même de savoir si ces classes ont « socialement intérêt » à s’unir pour une prise du pouvoir, mais de savoir si elles ont réellement envie de simplement survivre.
Luniterre
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Survivance du mythe "fasciste" : ce vieux chiffon rouge qui ne réveille plus le peuple
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Les conséquences concrètes à tirer de l'analyse de cette situation :
Les Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France
Dans le monde chaotique qui a succédé à la crise de 2007-2008, c’est l’exportation de la dette qui a pris le pas sur l’exportation des capitaux comme facteur de survie des empires et des nations. La France héritière du Général De Gaulle peut-elle encore y trouver sa place comme nation libre ?
Dans une Europe prise en tenaille, dans un Occident en voie d’effondrement économique et civilisationnel, la France a encore moins d’« alliés » qu’elle ne pouvait en espérer en 1940 : pour être à nouveau respectée et nouer des accords utiles elle ne peut compter que sur ses propres forces et la détermination de son peuple, exprimant à nouveau par la voie des référendums sa volonté d’indépendance dans tous les domaines :
-* _ Indépendance militaire et géostratégique
-* _ Indépendance diplomatique et économique
-* _ Indépendance financière et monétaire
-* _ Indépendance culturelle et idéologique
Soit quatre points cardinaux à soumettre au débat public en vue d’une reconquête constitutionnelle et référendaire de l’indépendance de la France

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"Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il veut faire la guéguerre bien sanglante contre la méchante Russie"… C’est un peu long comme titre, et si cela n’aurait peut-être pas arrêté en si "mauvais" chemin le regretté Jean Yanne, c’est pourtant, comme on va le voir, un autre de ses titres qui caractérise le mieux, en profondeur, l’essence tragicomique de notre époque.
Avec toutes les prétendues "démocraties européennes" réunies à Paris au chevet du "pianiste" Zelensky, on en oublierait presque les relents de nazisme qui ont en quelque sorte "préludé" l’actuelle guerre en Ukraine, surpassant en durée les deux guerres mondiales. Et alors que la classe politique française quasi unanime entonne en chœur avec Macron des airs de clairon, quelques voix "de gauche" s’inquiètent que cela "masque le retour du fascisme", « Ne nous laissons pas surprendre », clament ces quelques voix inquiètes…
Inquiétude salutaire ??? Mais ça va faire bientôt 20 ans que la « gauche », « extrême » ou non, s’est laissée « surprendre » par la crise dite des « subprimes » sans être ni capable de l’analyser, ni, évidemment, d’y apporter une réponse de lutte sociale…
Le système de domination de classe, lui, par contre, a su s’adapter en apportant au « problème » la solution « Quantitative Easing », et toutes les nouvelles pratiques banco-centralistes à la suite.
Evidemment, d’un point de vue « anticapitaliste » basé sur une lecture sommaire des « classiques », mais le plus souvent, sur aucune, en réalité, il est difficile de concevoir que le système puisse perdre globalement une masse colossale d’argent-dette tout en entretenant une minorité de parasites plus fortunés que jamais ne l’ont été les capitalistes des époques passées…
Mais c’est vrai qu’il faut déjà commencer par comprendre comment s’est formé et développé le capitalisme, et pourquoi la pente inexorable de son évolution l’a mené globalement à sa fin, pour l’essentiel, avec cette crise et les suivantes.
La pente inexorable de la fin du capitalisme est très bien décrite dans les Grundrisse, mais cela n’implique pas la fin du système de domination de classe, même si c’était logiquement ce que Marx pouvait en espérer, dans le contexte de son époque. Et bien qu’il n’ait jamais établi, en réalité, une sorte de « lien mécanique » entre les deux.
L’heure du prolétariat industriel est en train de finir, et avec elle, l’heure du capitalisme. Avec le cycle de la dette le système de domination de classe a trouvé comment continuer à faire tenir debout une société déjà « tertiarisée » à plus de 80%.
Ce nouveau système, banco-centraliste, est déjà totalitaire par nature : il n’a donc pas besoin de « passer au fascisme ». Il lui suffit de « moduler » le spectacle de la pseudo- « démocratie » en fonction des nécessités du moment. Le guignol Macron a plus souvent qu’à son tour joué le rôle du Pandore et en cognant déjà assez fort…
Le duo « Marine et Jordan » n’est jamais qu’une autre paire de marionnettes qui saura jouer tour à tour « Guignol et Pandore », en fonction des besoins.
Idem pour Mélenchon, etc…
Et pour accompagner le "pianiste de Kiev" la nouvelle modulation "symphonique européenne" pour alimenter le gouffre de la dette prétend donc trouver le "ton juste" avec la production en masse de matériel militaire destiné en réalité à alimenter cette guerre.
Tant que le prolétariat industriel était le cœur sociologique de la gauche, elle ne pouvait pas être "anti productiviste", dans la mesure où il s’agissait de réorienter la production faite par le prolétariat vers les objectifs sociaux d’amélioration nécessaire de ses conditions de vie.
Jusqu’au tournant des années 60-70 la condition du "smicard" et de sa famille restait une condition de limite de survie sociale, en rapport aux conditions générales de son temps.
Un fois dépassée l’apogée de l’extension du prolétariat industriel, et qui correspond aussi assez bien avec les années 60-70, s’ouvre à la fois la période de son déclin et celle du déclin, en conséquence, du capital productif par rapport au capital financier, en voie de transition vers le banco-centralisme.
Cela concerne en gros l’ensemble de l’Occident industrialisé, et avec quelques années de "retard" le Japon, et désormais la Chine aussi, avec encore un peu plus de retard. Par contre ces deux pays, en façon de "rattrapage", sont plutôt « pionniers » en matière de banco-centralisme.
Mais dans ce processus la question de la prise du pouvoir par la classe ouvrière a finalement été complètement évacuée, y compris par la classe ouvrière elle-même, c’est juste un fait, fort bien caricaturé par Jean Yanne dans son film, "Moi y’en a vouloir des sous", emblématique de l’apogée du rapport de forces de l’époque.
Aujourd’hui j’ai tendance à penser que la prise de pouvoir par une nouvelle classe sociale ne peut réellement survenir que pendant sa période de développement et d’ascension économique et rarement, sinon jamais, après. Autrement dit, Mai 68 n’était pas la "répétition générale", et encore moins, le "prélude", mais bien plutôt la "dernière chance", en termes d’opportunité historique, ou à peu près. Idem, avec quelques mois ou années de décalage pour les grandes luttes sociales en Italie.
Des luttes d’"arrière-garde" suffisamment puissantes, en alliance avec d’autres classes sociales populaires, auraient éventuellement pu être possibles s’il y avait eu encore une "avant-garde prolétarienne" politiquement consciente et déjà constituée, mais ce n’était pas le cas. Même en Italie, comme la suite l’a montré, malgré des tentatives plutôt confusionnistes.
Dans une période de déclin du prolétariat industriel, devoir à la fois reconstruire une "avant-garde prolétarienne" et une alliance des classes populaires autour d’une telle tentative, c’était quasiment la quadrature du cercle et en ce sens l’échec des diverses tentatives est logique et quasiment naturel.
Anticiper l’évolution banco-centraliste du système de domination de classe était évidemment difficile, mais pas forcément tout à fait impossible. A présent cette question est dépassée vu que nous sommes déjà en plein dedans. Néanmoins la prise de conscience de toute cette évolution n’a pas encore eu lieu et peut encore tarder, voire même ne pas survenir du tout, du point de vue des classes populaires, dans la mesure où précisément elles sont socialement fragmentées par le nouveau système, ce qui est sa plus grande force, sinon même la seule, vu qu’il ne repose autrement que sur la gigantesque arnaque de la dette, une "pyramide de Ponzi" à échelle planétaire.
La nouvelle "société du spectacle" c’est d’arriver à nous faire voir l’envers de la dette accumulée par le système monétaire et financier international sous forme de pseudo-"capital" générant des "fortunes personnelles" effectivement plus "spectaculaires" que jamais, même si entièrement parasites de la dette, quant à leur base réelle.
Et cela fonctionne très bien puisque ça aveugle encore jusqu’aux prétendus "révolutionnaires anticapitalistes" de tous poils, plus ou moins rouges ou plus ou moins verts selon les espèces et leurs diverses variétés hybrides.
Ces "anticapitalistes" sont tout à fait les "Don Quichotte" de notre époque, menant pathétiquement avec un siècle de "décalage" à tous points de vues, mais comme une simagrée, le combat manqué des générations précédentes…!
Mais contrairement au scénario de Cervantès leur entourage bourgeois déjà banco-centralisé n’a donc aucun intérêt à les "ramener à la raison" et à les débarrasser de leurs illusions, bien au contraire…
Combattre un adversaire qui se gourre en permanence de cible est évidemment bien plus facile et contribuer à l’entretenir dans son illusion est donc finalement une stratégie plutôt avisée.
Dans la gauche, un certain nombre de leaders, et y compris et même surtout Mélenchon, ne sont pas réellement dupes et jouent consciemment le rôle de pseudo-"opposition radicale", modulable au gré des circonstances.
Ainsi s’écrit l’histoire d’un nouveau siècle qui se cherche en plus une "justification", au bord du gouffre de sa dette, dans des guerres sans rime ni raison sinon de rappeler aux populations la servilité de leur condition face aux grands illusionnistes de la dette publique. Ce qui constitue toute la signification du « dernier quatorze juillet macroniste européannisé ».
De sa formation moyenâgeuse embryonnaire à son apogée « industrielle », la bourgeoisie devenue capitaliste « productiviste » a connu une ascension quasi millénaire, alors que le prolétariat industriel, de sa formation à son apogée, n’a connu qu’un siècle et demi de réel développement avant le début de son déclin. Et de plus, en tant que classe devenue dominante, la bourgeoisie a eu tous les moyens de sa propre adaptation à l’évolution des rapports de production, et y compris jusqu’à la période actuelle de robotisation et de banco-centralisation.
La signification symbolique de ce quatorze juillet est bien que le pouvoir actuel de la bourgeoisie repose sur deux « jambes » mais dont l’une est une béquille, la pyramide de Ponzi de la dette publique, et l’autre son industrie militaire, mais financée par la précédente : un stade bancal de la domination de classe qui ne tient vraiment que par la fragmentation des classes populaires tertiarisées en une multitude de secteurs d’activités néanmoins interconnectés et interdépendants. Face à une bourgeoisie avide d’emmener cette population éclatée à l’abattoir de ses guerres seulement utiles au renouvellement de son industrie robotisée, la question n’est plus même de savoir si ces classes ont « socialement intérêt » à s’unir pour une prise du pouvoir mais de savoir si elles ont réellement envie de simplement survivre.
Luniterre
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Pour ceux qui ont l'âge de s'en souvenir, la Résistance Populaire aux tentatives putschistes des "généraux d'Algérie", au début des années 60, s'est faite encore assez massivement aux cris de "le fascisme ne passera pas!". Si l'on se place dans la perspective d'un renversement possible des institutions républicaines par un éventuel pouvoir militaire direct, ce n'était pas forcément un cri tout à fait dépourvu d'à propos, même si le mouvement en faveur du colonialisme ne manifestait qu'une partie "restreinte" de ce qu'avait été la panoplie réellement fasciste de la Kollaboration, et même des ligues réellement fascistes d'avant guerre.
Depuis lors ce genre de cri, mais le plus souvent reformulé en son ersatz "risque de fascisation", n'a cessé de ressurgir à de multiples occasions, à chaque soubresaut de l'agitation politique, mais sauf à l'occasion des relativement modestes 16,9 % de voix qui ont permis en 2002 l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, la menace d'un "retour au fascisme", en France, n'a jamais été réellement prise au sérieux par la population, et même à cette occasion, le risque d'avoir au pouvoir un Jean-Marie Le Pen qui n'en voulait pas réellement était plus que largement surestimé, comme la suite et l'évidence ne pouvaient que le montrer. Comme on peut le voir encore sur les vidéos d'époque, le thème de mobilisation était plutôt une prolongation de l'esprit "black-blanc-beur" de la coupe du monde 98 de foot qu'une réelle crainte de "fascisation" du régime politique français.
Une autre époque, déjà révolue, et encore relativement "bon enfant", au sens où la violence urbaine quotidienne, et précisément désormais massive à chaque événement "de masse" n'avait pas encore imprégné la société française.
Mais considérer l'héritage éventuel du fascisme simplement sous l'angle de la violence ne fait pas non plus sens, ni politiquement, ni en termes de déterminisme social et économique. Dictature et violence politique, raciste ou non, ont été l'apanage de bien des régimes politiques, historiquement, et bien avant l'apparition du concept même de fascisme. C'est ce que l'on a déjà vu à de multiples reprises, dans nos colonnes, mais qu'il apparaît toujours nécessaire de répéter pour savoir de quoi l'on parle et éviter de sombrer dans le confusionnisme et l'approximation.
Le fascisme "historique" est mort avec sa matrice, le capitalisme productiviste, le totalitarisme "moderne" est déjà là sous le masque du banco-centralisme.
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A mesure que s'approche l'échéance normalement prévue des présidentielles 2027 et avec la publication des divers "sondages", avec la force quasiment "doublée" par rapport à 2002, du "clan Le Pen", et qu'il soit "incarné" par l'un ou l'une de ses "leaders", c'est donc le mythe de la "fascisation" qui resurgit avec des trémolos dans les discours supposément "de gauche", mais sans susciter pour autant une "mobilisation" qui rappellerait, même de loin, celle de 2002.
Comme on l'a déjà vu, mais comme il est également nécessaire de le répéter, le fascisme "historique" était essentiellement le produit de fractions de la bourgeoisie monopoliste dépourvues d'un accès suffisant, à leur gré et vis à vis à vis de leurs "concurrentes", aux ressources coloniales. Le fascisme historique apparaît donc dans un contexte de crise internationale, mais qui reste, tout comme la "grande crise" de 1929, une "crise de croissance" du capitalisme productif, même si violente et relativement durable.
Mais c'est donc à nouveau malheureusement ce qui ne ressort pas du dernier échange d'Aude Lancelin, sur son média QG, avec l'"historien amateur", comme il se définit lui-même modestement, Xavier de Jarcy, à propos de son livre "le fascisme en col blanc". En historien amateur et "modestement", mais c'est donc effectivement, semble-t-il, une modestie assez à propos, comme on va le voir:
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Le point de départ de ce livre prétend être, selon son auteur, la "filiation" entre le mouvement "Redressement Français" fondé en 1925 et dirigé essentiellement par Ernest Mercier et le mouvement dit "la cagoule", fondé essentiellement, quant à lui, par Eugène Deloncle, à partir de l'été 1936:
"Le 13 février 1936, lors des funérailles de l'intellectuel d'extrême droite Jacques Bainville, la voiture de Léon Blum est interceptée fortuitement et celui-ci est violemment agressé. Le 18 juin 1936, le Front populaire de Blum dissout les ligues. Le même jour, le PNR se dissout et laisse la place à l'Osarn (« Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale ») ou « Comité secret d'action révolutionnaire » (CSAR). Sa tête pensante est Eugène Deloncle, son bras-droit Jean Filiol."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cagoule_(Osarn)
Le "PNR" était un nouveau parti dissident, à partir de décembre 1935, des "Camelots du Roi", branche "activiste" de l'Action Française, jugée devenue trop "molle" pour cette nouvelle "tendance" qui se transforme donc, après sa dissolution, en "OSARN", communément dénommée "La Cagoule", par la suite...
A cette occasion il est important de souligner que si la vie politique de l'époque est aussi "fractionnée", et tant à gauche qu'à droite, le fait est que chaque fraction, même relativement "minoritaire", arrive à drainer un nombre de militants et de sympathisants proportionnellement beaucoup plus important que la plupart des "fractions" et des partis de la vie politique française actuelle.
Le niveau d'activisme et de violence politique "extrémiste", d'un bord comme de l'autre, surpasse également nettement les épisodes même les plus violents de notre siècle en France, tels que la mort de Quentin Deranque.
Quant à la violence sociale quotidienne, elle reste difficilement comparable, mais il semble bien, malheureusement, que notre époque puisse néanmoins assez largement "challenger", sur ce plan, cette période d'entre-deux guerres.
Les rapports de domination de classe, quoiqu'il en soit, ne résident de toute façon pas essentiellement dans la violence sociale ni politique, mais en principe et par définition dans les rapports de production, du moins tant qu'il y en a, et c'est précisément là la différence essentielle entre l'époque d'entre-deux guerres qui a produit les régimes réellement "fascistes" au sens de la définition historique, économique et sociologique du terme, et la nôtre, où ce vocable est galvaudé par les résidus d'une "gauche" devenue incapable d'analyser l'évolution des rapports de production depuis plusieurs décennies déjà.
Comme on l'a déjà vu, il y a une incapacité, déjà, à appréhender ne serait-ce que le degré réel de tertiarisation de la société, c'est à dire en clair la dissociation massive du monde du travail d'avec les processus productifs.
Alors qu'à l'époque du Front Populaire, la question des rapports de production était massivement et directement au cœur des préoccupations politiques et sociales des groupes et des classes en conflits.
Dans un article "fondateur" en date du 1er Juillet 1927 Ernest Mercier lui-même nous en propose une définition simple et radicale:
« La solution du « redressement français». Elle dérive d'une vérité fondamentale, négligée par le collectivisme.
La richesse essentielle d'une nation réside dans sa capacité totale de travail, sans aucune distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel, inséparables. Le principal élément de la valeur des objets est le travail humain qui y a été incorporé au moment de leur fabrication; le travail humain est l'origine de toutes les richesses; pour obtenir plus de ressources, il faut améliorer les conditions du travail; en diminuer les déchets, les pertes passives, les gaspillages; en alléger la peine; en accroître l'efficacité. Les possibilités que nous offre cette voie sont illimitées. Ainsi, accroître, en France, de 25% le rendement de la main-d'œuvre, c'est libérer, au profit de la production nouvelle, le salaire de 1,500,000 ouvriers,ce qui représente 17 milliards par an; améliorer notre travail agricole pour obtenir de nos terres le rendement que tire l'Allemagne d'un sol moins fécond sous un ciel moins clément, c'est accroître nos revenus annuels de 12 milliards. » In "Le Temps", page 5, "Manifeste du "Redressement Français",
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k246679p/f3.item
Il est particulièrement remarquable, dans ce "Manifeste", que si cette "vérité" concernant la "valeur des objets" fabriqués est selon lui "négligée par le collectivisme", c'est pourtant exactement et quasiment au mot près la définition que Marx lui-même donne de la valeur!
La question de savoir d'où Ernest Mercier tenait cette définition restera sans doute pour toujours un "mystère de l'histoire" mais le fait que l'enjeu de la lutte sociale soit la valeur créée par le travail productif et directement intégrée à la marchandise au cours du processus productif lui-même est parfaitement caractéristique de la différence fondamentale qui sépare cette époque de capitalisme encore en phase ascendante de la nôtre, presque entièrement basée sur une économie d'échanges de services entre catégories sociales les plus diverses, mais toutes consommatrices de marchandises dont la production leur est tout à fait étrangère en termes de rapports sociaux.
Le "manifeste" de 1927 a trouvé sa nécessité et sa raison d'être en "remplacement" de celui initialement écrit par le Comte de Fels, et qui tendait précisément à instiller des concepts politiques "antiparlementaires" dans la démarche du mouvement, entraînant donc l'exclusion du dit Comte et de sa coterie. Malgré son opposition de principe aux conceptions de la gauche française de son temps, Ernest Mercier entendait donc conserver son mouvement sur des positions essentiellement "libérales" au sens économique originel du terme, assorties de considérations sociales réformistes qui lui ont donc attiré la vindicte d'une partie importante de ses pairs, et de quelques activistes restés dans l'organisation, le poussant finalement à l'autodissolution de son mouvement en 1935. Néanmoins, ayant épousé en seconde noces, en 1927, Marguerite Dreyfus, la nièce d'Alfred, il se retrouve donc persécuté par les antisémites durant la guerre, dont quelques éléments "radicaux" issus de son mouvement, qui étaient passés au pétainisme.
Contrairement à ce qu'avance Xavier de Jarcy il ne semble donc pas possible d'établir une liaison organisationnelle réelle entre le "Redressement Français" et la "Cagoule", ne serait-ce qu'en raison du gap temporel entre la dissolution de l'un et la fondation de l'autre, outre l'incompatibilité évidente entre l'histoire personnelle de Mercier et l'activisme antisémite.
Bien évidemment, en fonction du nombre important d'adhérents au mouvement, plus de 10 000 à l'origine, il était donc inévitable que quelques "transfuges" passent de l'un à l'autre mouvement, mais sans que cela ressorte d'une orientation ou d'une décision politique de la part du "Redressement Français" avant sa dissolution.
Même si la tentation est grande, pour "l'historien de gauche" de vouloir en quelque sorte "coaguler" ces éléments de la droite patronale "libérale" avec le fascisme vichyssois.
Ce que n'hésite pas non plus à faire Annie Lacroix-Riz, en mal de matière pour une extension "maximum" de son concept "synarchique", qui a possiblement une base historique mais ni forcément ni surtout logiquement inclusive concernant Mercier et son "Redressement Français", dont l'histoire semble nettement se terminer avec le surgissement du Front Populaire, comme on vient de le voir, et ce qui interroge donc sur ce type d'"amalgame":
"Duchemin fut maintenu au sommet réel de la CGPF [Le MEDEF de l'époque - NDLR "Ciel de France"], mais, son nom étant officiellement lié à la signature des accords Matignon (8 juin 1936) qu’il fallait rejeter au plus tôt, il fut publiquement remplacé par un « animateur » de moindre rang, l’idéologue Claude-Joseph Gignoux.
Gignoux était (comme André François-Poncet dans la décennie antérieure) un salarié du Comité des Forges, qui l’avait depuis 1925 affecté à la direction de son quotidien La Journée Industrielle et l’avait en outre, en septembre 1931, chargé de mission dans les structures de collaboration économique avec le Reich mises en place avec la bénédiction l’État, sous une présidence du Conseil de Laval [13]. Ce cagoulard avéré avait été appelé à ce poste pour inciter « les patrons à être des patrons » [14], c’est à dire déclarer la guerre de classe et, entre autres, casser le syndicalisme renforcé par le mouvement de 1936. Sa promotion, je l’ai dit, maintenait intacte la réalité du pouvoir dans la CGPF.
L’autorité suprême y demeurait détenue par le trio Banque de France, Comité des Forges et Comité des houillères, noyau initial de la synarchie auquel s’était agrégé tout ce qui comptait dans l’économie française : d’Ernest Mercier, magnat de l’électricité et chef d’une des ligues fascistes des années 1920, le Redressement français, à Jacques Lemaigre-Dubreuil, chef d’une des ligues fascistes des années 1930, celle dite des Contribuables, nommé le 15 octobre 1936 délégué des actionnaires de la Banque de France, pour succéder aux « régents » en apparence évincés par la réforme purement cosmétique du 24 juillet. Ces synarques étaient les plus gros bailleurs de fonds, et souvent les adhérents, des ligues fascistes groupées (sans disparaître individuellement) depuis1935-1936 en Cagoule."
https://www.historiographie.info/synarchie.pdf
Dès qu'il s'agit de cette période effectivement très "trouble" d'entre deux guerres, Annie Lacroix-Riz a tendance à y voir un conglomérat plus ou moins indistinct de "synarques" et de "cagoulards", mais ici, dans le cas du mari de la nièce d'Alfred Dreyfus, et même s'il s'agit à la fois d'un capitaliste typique de ce temps et d'un idéologue patronal de la lutte des classes, ce type d'amalgame ne semble pas véritablement approprié.
Si Xavier de Jarcy, quant à lui, a du mal à embrayer sur le concept de "synarchie", il n'hésite pas, par contre, à vouloir absolument établir une continuité entre le "Redressement Français" et "La Cagoule", continuité qui ne semble exister, tout au plus, que pour quelques éléments marginaux et non pas, manifestement, de manière globale ou organique.
Mais surtout, dans un cas comme dans l'autre, et comme on l'a déjà vu à propos de l'excellent film de FranceTV sur le Front Populaire, ce qui manque terriblement, dans l'analyse et la prospective historique de notre époque, c'est l'étude en profondeur de l'évolution des rapports de production.
Luniterre
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Récent sur le thème >>>
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Récent sur Ciel de France >>>
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Egalement sur YouTube >>>https://youtu.be/i8Qx8NRAPAk
« Le fascisme n’arrivera pas avec des chemises brunes et des défilés militaires. Il avance déjà — en costumes-cravates, dans les médias rachetés par les milliardaires, dans le vocabulaire politique, dans les lois sécuritaires d’exception.
Et il est financé. Massivement. »
Mais si c’est réellement le cas, …par la planche à billets banco-centralisée, omet de préciser cette vidéo, qui tend finalement à « préserver » le concept de « capitalisme » comme mode de production encore opérationnel et générateur de son propre « financement », de façon endogène, donc, sur la base d’une extraction de « plus-value » encore suffisante, même si éventuellement « en crise »…
Alors que le « fascisme historique », selon le processus fort bien analysé et décrit par Annie Lacroix-Riz, a remballé dès le procès de Nuremberg le châpiteau de son spectacle sanguinaire pour le transporter plutôt discrètement aux USA, dans les valises du vainqueur de la 2e guerre mondiale.
Par la suite, mais très vite, comme nous l’explique par ailleurs Guy Debord, il a donc été remonté sous la forme consumériste de la société du spectacle.
Il n’avait donc effectivement plus besoin de « chemises brunes » ni de « défilés militaires »…
A peine moins sanguinaire que l’original, si l’on fait le bilan réel de tous les épisodes « d’après-guerre » jusqu’à nos jours, le spectacle consumériste n’avait néanmoins de « sens » et d’utilité systémique que tant qu’il restait de la plus-value à extraire de la force de travail productive encore nécessaire.
Avec l’autonomie robotique de plus en plus grande du cycle de renouvellement du capital fixe et de sa pseudo-« productivité » le spectacle totalitaire « consumériste » est progressivement remplacé par le spectacle écolo-« recycleur », climato-« réchauffiste »(*), etc… Plus les « pauvres » sont réellement pauvres et plus ils sont de « bons citoyens » contribuant au « sauvetage de la planète », avant de la « sauver » complètement par leur disparition par les « nouvelles maladies », par leurs « vaccins », par l’euthanasie, par le « suicide assisté », par la guerre, etc…
Laissant donc toute la place et le reste des ressources de la planète aux seuls détenteurs banco-centralistes du capital fixe « autonomisé » par l’IA, jusqu’à ce que l’IA soit elle-même suffisamment « autonomisée » pour régler ses propres comptes avec ses « pères fondateurs », soit l’« étape historique » suivante déjà en gestation avancée, avec la complicité active ou « passive » de ses fidèles adeptes et déjà « accros », dont les états-majors militaires de tous les pays sont les meilleurs « kollabos »…
C’est en ce sens que : « Le fascisme n’arrivera pas avec des chemises brunes et des défilés militaires. Il avance déjà… »
C’est même en ce sens qu’il est déjà là, sous la forme moderne banco-centraliste du totalitarisme, et même déjà en train de creuser sa propre tombe en même temps que celle du reste de l’humanité « civilisée » encore éventuellement capable d’un comportement responsable et « humaniste » au sens premier du terme.
Mais c’est aussi en ce sens que le radotage pseudo- « marxiste » sur la prétendue « fascisation du capitalisme » dans le contexte actuel est aussi une forme de kollaboration avec la mutation banco-centraliste du système de domination de classe.
Luniterre
( * Il ne s’agit pas ici de nier le réchauffement mais l’utilisation idéologico-politique qui en est faite pour asservir encore davantage les populations.)
Récent sur le thème :
Avec une nouvelle SF "audio" de 1953 où Philip K. Dick abordait déjà ce thème par "anticipation", c’est le cas de le dire…! >>>
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Sur le début de cette guerre, avec un développement sur la société du spectacle :
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Le concept de fascisme est né peu avant celui de nazisme, et le concept de totalitarisme a fini par faire le recoupement des deux, avec parfois des « extensions » plus ou moins hasardeuses à tel ou tel type de dictature historique.
Mais nous voilà plus d’un siècle plus tard et l’excellent film de France TV sur le Front Populaire nous permet de mesurer l’écart gigantesque qui sépare les deux époques à tous points de vue.
Et ce n’est pas parce que la terminologie idéologique et politique est restée en grande partie la même qu’elle est forcément adaptée et appropriée au monde actuel.
Un point historique juste, en termes de définition, évoqué dans le débat de cette vidéo est le fait que le fascisme de l’époque naît en grande partie d’une « frustration colonialiste » des puissances montantes qui n’ont pas suffisamment accès, à leur goût, aux ressources naturelles et à la main d’œuvre des zones de « partage » colonial.
Mais il s’agit précisément là d’une problématique du capitalisme encore en phase de développement, même si avec des phases de crises. L’Angleterre, historiquement la première grande puissance coloniale, est entrée en phase de déclin sans passer par une phase totalitaire.
En France De Gaulle a réussi à amorcer la phase de décolonisation sans passer par la case « fascisme », quoi que certains en pensent, etc…
Bref, le fascisme reste une « maladie juvénile du capitalisme », relativement au fait qu’il apparaît dans ce qui est encore sa phase de croissance, et ne ressurgit pas dans la phase de déclin, qui, faute d’alternative prolétarienne, mène au banco-centralisme. Contrairement au capitalisme, qui s’épanouit au mieux avec la « démocratie libérale », même avec les limites du genre, le banco-centralisme est par nature une forme de totalitarisme, mais très différente du fascisme en ce qu’elle n’a pas besoin d’idéologie « nationaliste », voire même, pas besoin d’idéologie du tout, mais plutôt, au contraire, d’un confusionnisme absolu de tous les concepts, de façon à pouvoir s’imposer comme le seul ordre possible et « raisonnable » face au chaos dont il organise lui-même le spectacle, avec, au besoin, quelques épisodes réellement sanglants, comme on en voit ces derniers temps…
Contrairement au capitalisme, il n’y a donc pas de phase réellement « démocratique », même et surtout pas « libérale », du banco-centralisme, même avec toutes les limites que ce terme implique, comme la macronie nous en fait la démonstration depuis son arrivée au pouvoir.
L’agitation des partis et groupuscules d’« extrême droite » n’est qu’un épisode parmi d’autres du spectacle, sans durabilité utile pour le système, auquel une situation de chaos plus ou mois permanent mais en réalité « contrôlé » est ce qui lui convient le mieux.
Dans le cours de cette pratique « chaotique » un épisode Bardella ou Mélenchon au pouvoir n’est pas à exclure, bien évidemment, mais soit ils seront « melonisés », soit ils seront éliminés, politiquement ou autrement.
Le débat dans cette vidéo "On bascule?" présente sensiblement le même intérêt que les débats byzantins sur le sexe des anges. Eventuellement, et probablement involontairement, du moins peut-on encore l’espérer, il a son intérêt systémique pour détourner une partie du public des questions de fond réellement importantes.
Luniterre
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